Pierre Lumbi Okongo, originaire du Maniema, aura été de tous les combats pour faire triompher la démocratie et l’alternance politique en RDC.

Né à Bukavu, Pierre Lumbi fut la figure marquante de la société civile zaïroise dans les années 80. Il s’est révélé dans son Sud-Kivu natal où il avait fondé l’une des premières associations paysannes du Kivu, “Solidarité paysanne”, après son passage en France pour ses études.

Au front contre la dictature du Maréchal Mobutu dans les années 90, Pierre Lumbi fut l’un des initiateurs de la marche du 16 février 1992 des chrétiens exigeant la réouverture des travaux de la Conférence nationale souveraine (CNS). Une marche qui connu le soutien des Laïcs catholiques à cause notamment de la réticence du cardinal Etsau d’engager l’église catholique dans ce combat noble. Pierre Lumbi comptât sur le soutien de Monseigneur Monsengwo Pasinya, évêque de Kisangani à l’époque.

Plus tard, il sera nommé ministre des Affaires étrangères dans le gouvernement du charismatique Étienne Tshisekedi, issu de ces assises.

Au début des années 2000, il avait rejoint Joseph Kabila, qui portait les espoirs de la modernité et du changement. Il créa son propre parti politique Mouvement Social pour le Renouveau (MSR) qui deviendra Mouvement Social (MS). Et celui-ci ne tarda pas à s’imposer sur la scène politique comme l’une de principales forces politiques en RDC.

Lors de l’installation du 1er gouvernement issu des élections générales de juillet 2006, les premiers scrutins depuis l’indépendance de la RDC, Pierre Lumbi avait été nommé ministre d’Etat des Infrastructures, des Travaux publics et de la Reconstruction, en février 2007.

C’est d’ailleurs lui qui était à l’oeuvre dans les négociations à Pékin, ayant abouti à la signature de l’Accord économique de la RD Congo avec la Chine appelé “contrat chinois.”

Grâce à sa finesse et son ingéniosité, il bénéficiera une nouvelle fois de la confiance de Joseph Kabila après les joutes électorales de 2011. Il fut nommé Conseiller spécial du chef de l’État en matière de sécurité.

En 2015, estimant que la RDC prend une direction autocratique, Pierre Lumbi prend ses distances avec le pouvoir de Kabila et est révoqué de ses fonctions. Il est l’un des sept frondeurs du Groupe de sept partis (G7) qui avaient accusé Joseph Kabila de peaufiner des stratégies pour rempiler après son second et dernier mandat constitutionnel qui expirait en 2016.

Dans l’opposition aux côtés notamment du sphinx de Limete Étienne Tshisekedi, Pierre Lumbi a été au four et au moulin dans la création du Rassemblement des forces politiques acquises au changement, à Genval en Belgique en juin 2016.

En février 2017, E. Tshisekedi tire sa révérence au grand dam de l’opposition malmenée par le pouvoir en place. Un mois après son décès, Pierre Lumbi fut nommé président du comité des sages du Rassemblement, il aura pour tâche de relancer les discussions sur l’application de l’accord de cogestion signé avec le pouvoir dont les pourparlers ont été menés par la CENCO. Il va travailler en duo avec Félix Tshisekedi, fils du leader de l’UDPS, qui a été désigné à la tête de cette plate-forme de l’opposition congolaise.
Pierre Lumbi, c’est aussi lui l’un des artisans du CLC (comite des laïcs catholiques) qui ont manifesté pour réclamer l’alternance politique en RDC.

À l’approche de l’élection présidentielle de 2018, le président du MS va se rapprocher de Moïse Katumbi, ancien gouverneur de l’ex province du Katanga et devient, en mars de la même année, le n°2 de Ensemble pour le changement, plate-forme politique née pour soutenir la candidature de l’ancien gouverneur du Katanga.

Empêché de rentrer au pays par le pouvoir de Kabila, Moïse Katumbi, l’un des créateurs de la coalition LAMUKA, portera la candidature de leur candidat commun Martin Fayulu, dont Pierre Lumbi était son directeur de campagne lors de l’élection présidentielle de décembre 2018.

Toujours fidèle au président de TP Mazembe, P. Lumbi était devenu le secrétaire général du parti politique de Moïse Katumbi “Ensemble pour la République, en décembre 2019.

Malgré son parcours long riche dans la sphère politique congolaise, P. Lumbi n’a pas pu résister à la Covid-19.

Dimanche 14 juin 2020, le sénateur et président du MS a tiré sa révérence au Centre Médical de Kinshasa (CMK).

Merveil Molo

2 COMMENTAIRES

  1. Le corovid-19, une maladie atmosphérique
    L’apparition inattendue de ce fléau constitue la source des tourments qui ravagent notre monde moderne. La pandémie frappe qui que ce soit, où que ce soit et quand que ce soit, à sa guise. Elle transcende de loin les potentiels de l’homme qui ne s’en remet qu’à sa merci. Le Congolais, à l’instar de tout Africain, a toujours privilégié les causes lointaines de la mort en négligeant celles qui sont physiques. Une telle logique ne devrait pas s’appliquer au regard du coronavirus. La létalité de cet agent pathogène est une évidence prouvable au de-là de tout doute raisonnable. Que faire devant cette impasse ? Au lieu de nous entraccuser et de nous pointer du doigt les uns les autres, il est sage que nous cultivions une interaction cohésive afin de lutter efficacement contre cette peste. Si nous ne sommes pas unis, nous continuerons, à tour de rôle, à perdre négligemment les composantes vitales qui font la force de notre beau et grand pays, la RDC.

  2. Hommage à Pierre Lumbi !
    Chers compatriotes ! Où que vous soyez et dans quoi que vous fassiez, sachez que notre chère patrie, la République Démocratique du Congo a perdu l’un de ses enfants d’envergure nationale dont les talents sont irremplaçables. Il s’agit d’un militant combattant de la démocratie du nom de Pierre Lumbi. Il constitue au vrai sens du terme une pierre angulaire sur laquelle s’est érigée bien des pourparlers positifs qui ont généré à l’actuelle démocratie en RDC, si embryonnaire soit-elle. Des accords de la Sainte-Sylvestre jusqu’à la proclamation des résultats des élections en 2019, Pierre s’est illustré comme une figure emblématique dans l’histoire politique de la RDC. Par sa sagesse et son intégrité, il a toujours prôné le primat des intérêts nationaux au détriment de toute avidité matérielle qui n’est que d’une courte durée. S’il s’est éteint physiquement, spirituellement il demeure vivant dans nos consciences et rejoint dans l’au-delà bien d’autres aïeux révolutionnaires qui n’ont hésité un instant pour se sacrifier pour la construction d’un Congo digne et prospère où le Congolais vivrait en toute quiétude. Il s’agit de Patrice Emery Lumumba, Laurent-Désiré Kabila, Etienne Tshisekedi et Floribert Chebeya pour ne citer quelques-uns parmi tant d’autres. Pierre Lumbi était une fois comme nous. Un jour, nous lui ressemblerons. Que son âme repose en paix !

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