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La députée nationale Jaynet Kabila est sortie de sa réserve après la déchéance, jeudi dernier, du gouverneur Zoé Kabila. L’élue de Kalemie dénonce la procédure et appelle le président de la République, Félix Tshisekedi, à « faire ce qui est juste ».

Le gouverneur de la province du Tanganyika, Zoé Kabila ainsi que son gouvernement ont été destitués par l’Assemblée provinciale, jeudi 6 mai dernier, après une motion dont il n’a pas eu le temps de donner ses moyens de défense, puisque « interdit » de rentrer en province depuis plus d’un mois.

Dans un audio en swahili, vendredi, la députée nationale Jaynet Kabila Kyungu, sœur ainée du gouverneur déchu, mais en même temps, sœur jumelle de l’ex-président de la République, Joseph Kabila Kabange, est sortie de son légendaire silence. Elle dénonce la procédure ayant conduit à la déchéance du gouverneur Zoé Kabila. Une destitution qui, selon elle, n’a pas respectée loi. « Je ne crois pas que ce sont des choses qui peuvent vraiment égayer qui que ce soit, aussi longtemps que la loi n’est pas observée et suivie. », a décrié l’élue de Kalemie, dans la province du Tanganyika.

Jaynet Kabila estime que la loi sert toujours de boussole avant de destituer un gouverneur. « Vous savez, il y a la loi qui montre quelles voies suivre pour destituer un gouverneur. C’est inscrit dans le règlement intérieur de l’Assemblée provinciale et dans notre constitution », a-t-elle fait savoir. Avant d’enchainer : « Je pense que vous savez que cette loi n’est pas respectée. »

Pour cristalliser cette violation de la loi, cette législatrice, au parlement depuis les législatives de 2011, en veut pour preuve le non-respect des procédures dans cette destitution de cette autorité provinciale. « D’abord, le gouverneur lui-même n’est pas là, il est à Kinshasa où il a été retenu depuis un long moment, je pense un mois et demi. Il est parti et c’est vrai qu’il s’est entretenu avec le Vice-Premier Ministre de l’Intérieur de l’ancien gouvernement et quand il voulait rentrer [au Tanganyika, ndlr], on lui a dit d’attendre et que le président de la République voulait discuter avec lui au sujet de la province du Tanganyika. Et depuis ce jour, je crois ça fait un mois et demi qu’il est là-bas [à Kinshasa, ndlr]. Donc, toutes ces choses se sont déroulées et il n’avait même pas l’occasion de venir, conformément aux lois de la République, s’expliquer ou présenter ses moyens de défense au sujet des griefs dont on lui reprochait. Ces choses ne peuvent guère réjouir toute personne qui aime la justice, le droit et la démocratie », a-t-elle asséné.

Face à cette situation, la députée Jaynet Kabila appelle à l’intervention du président de la République, Félix Tshisekedi, garant du bon fonctionnement des institutions. « Ce n’est pas seulement des institutions au niveau national mais aussi au niveau provincial », a-t-elle insisté.

Elle invite aussi le chef de l’Etat à prendre ses responsabilités en main et à faire ce qui est juste. « Je crois le président de la République, qui est le garant du bon fonctionnement des institutions, il a la responsabilité et je crois qu’il connait très bien ces choses, car ce sont des choses qui se font au vu et au su de tous. (…) Je pense qu’il doit prendre ses responsabilités en main, qu’il fasse ce qui est juste, ce qui montrera que la loi est respectée parce que nous avons notre constitution. Nous savons ce qu’elle dit. Il y a les lois du pays et nous savons ce qu’elles disent aussi. Et notre justice qui semble fonctionner à double vitesse, ça aussi, il doit suivre », a-t-elle recommandé.

Pour rappel, 13 députés provinciaux sur les 25 que compte cet organe délibérant du Tanganyika ont voté pour la déchéance du gouverneur Zoé Kabila et de son gouvernement. Un vote qui a eu lieu dans un contexte assez controversé. Puisque des députés provinciaux proches du gouverneur n’ont pas eu accès dans la salle de plénière. Au total 12 députés sur les 25 contestent cette déchéance qu’ils qualifient de « cavalière ». Ces élus autant que le gouverneur Zoé Kabila, lui-même, appellent à l’intervention du président de la République ainsi qu’à la justice.

« Notre non participation aux plénières est due à la violation des lois de la République, de notre règlement intérieur avalisé par la Cour Constitutionnelle. En ce sens que le bureau actuel de l’Assemblée provinciale a été installé dans l’irrégularité », a par ailleurs fustigé le député Joseph Lulu Kitenge, président déchu de l’Assemblée provinciale. Des propos contenus dans une déclaration faite, jeudi 6 mai, par les 12 députés du Front commun pour le Congo (FCC), après la plénière dont ils ont été privés d’accès. Une plénière qui s’est soldée par le vote pour la déchéance du gouverneur Zoé et de son gouvernement provincial.

Dido Nsapu
Digital Congo

DiaspoRDC TV

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