Joseph Kabila va « annoncer très bientôt, une série de décisions importantes (…) il ne voulait pas donner l’impression qu’il les prenait sous la pression internationale ». Toute la RDC espère que cette annonce d’Antonio Guteres, le SG de l’ONU, se traduira dans le Discours de la Nation de Joseph par une levée des ambiguïtés sur son avenir politique, les élections générales du 23 décembre 2018, et plus généralement du futur de la RDC. Bref un acte historique comme l’introduction du multipartisme par le Marechal Mobutu en avril 1990.

Ironie de l’histoire, en cinquante minutes, le Président Kabila a plutôt dressé un bilan élogieux de ses…. 17 ans à la tête du pays. « Un pays exsangue que beaucoup donnaient pour mort au tournant du millénaire », dire-t-il en substance.

Et dès son apparition sur la tribune, le chef de l’Etat a donné le ton de son discours : « Je sais pourquoi il y a une tension dans la salle. C’est précisément parce que dans cette salle, il y a certains qui pensent que quelque part dans mon discours, je vais dire: « Mesdames et Messieurs, comprenez mon émotion », explique-t-il, rappelant la sortie de Mobutu annonçant la naissance du multipartisme. Et kabila de poursuivre : « Je ne le dirai pas. Je dirai plutôt, comprendez ma passion pour le Congo ».Mais je dirais plutôt comprenez ma passion pour le Congo », a lancé Joseph Kabila, pour expliquer son sourire affiché après avoir rejoint le pupitre duquel il a entamé un discours-bilan élogieux de son action..

Bilan d’un Congo qui fait face aux « ingérences étrangères »

D’emblée dans son discours, le président congolais a voulu faire le bilan de ses 17 ans de règne sur le Congo en brossant le portrait d’un pays qui fait face malgré tout aux « ingérences étrangères ». Tel un professeur qui donne cours dans un amphithéâtre de supporters, le président congolais a donné une « leçon inaugurale » sur la réunification du RDC pour laquelle il remercie « la ténacité avec laquelle vous avez choisi de m’accompagner »

« Qui aurait cru que la RDC qui était devenue la risée du monde (…) pouvait grâce aux efforts conjugués ensemble revenir sur la scène internationale et revenir au centre des convoitises (…) et des complots sordides », relève le président congolais. Il ajoute : « Hier dans le gouffre après sa disparition programmée, la RDC est aujourd’hui un État digne de l’être », fait-il savoir, visant volontairement la communauté internationale et continentale, avec qui il a souvent été à couteaux tirés.

Kabila martelera son engagement à respecter la Constitution sans jamais se prononcer sur son avenir personnel.

Il affirmera encore « La RDC n’a jamais donné de leçon à personne et n’a pas à en recevoir, surtout pas de la part de “ceux qui ont assassiné la démocratie” ici et ailleurs » . Il évoquera les « Sanctions arbitraires et injustes »…

Avant de revenir sur le refus du financement extérieur des élections. Un choix qui, selon lui, donnera sa « pleine légitimité à ceux et celles qui sortiront vainqueurs de cette consultation ».

Un bilan économique arrangé

Croissance, réforme de l’Etat, Codes régissant les différents secteurs économiques… La deuxième partie de son discours, Joseph Kabila l’a voulu économique en mettant en avant ses réformes économiques. Selon le président congolais, le « taux de croissance de la RDC, après avoir frôlé les deux chiffres, est supérieur à la moyenne en Afrique subsaharienne ».

Autre chiffre présidentiel: « De 3 milliards en 1960 notre PIB est évalué à 50 milliards actuellement… Quoi qu’encore insuffisant ». Pourtant cette croissance ne se traduit pas dans la vie pratique des Congolais puisque de l’aveu même du président »le seuil élevé de pauvreté dans le pays ».

Pas d’annonce sur son avenir politique mais sur la date des élections

Une fois de plus, ceux qui espéraient que Kabila annonce de quoi sera fait son avenir devront encore patienter jusqu’au 8 août. Le président congolais a noyé cette annonce attendue sous une autre concernant le calendrier des élections générales du 23 décembre 2018.

« Le cap des consultations électorales de 2018 reste maintenu. Notre engagement à respecter la Constitution reste encore non équivoque », assène le président congolais.

Mais le ton et les mots choisis par le président pour ce discours nationaliste laissent penser que les tenants de la ligne jusqu’au boutiste ont toujours les clés de la présidence en RDC.

La La Tribune / La libre / MCN

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