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Le président de l’Union Démocratique Africaine Originelle (UDA-O), Claudel André Lubaya, a expliqué, ce mardi 11 décembre 2018, en exclusivité, son soutien à la candidature de Félix Tshisekedi plutôt qu’à celle de Martin Fayulu pourtant soutenue par la plateforme Ensemble de Moïse Katumbi dont il est l’un des membres actifs.

Pourquoi Félix Tshisekedi ?

Dès le premier jour, j’ai milité et continué à militer pour que l’opposition se dote d’un seul candidat à la présidentielle du 23 décembre prochain. J’ai été rejoint et soutenu dans cette démarche par plusieurs de mes concitoyens. Cette initiative fortement appréciée et soutenue par la population n’a malheureusement pas abouti, comme je le souhaitais.

Oui, mais pourquoi seulement lui ?

Je me devais, après échec de cette démarche, de prendre position sur cette question qui divise sérieusement l’opposition. J’ai estimé, à la lumière des éléments d’appréciation en ma disposition, d’apporter mon soutien à la candidature de Félix Tshisekedi. Cela peut paraître comme une surprise pour bon nombre, c’est vrai. Mais bien que divergente, la question a fait l’objet de discussions et de délibérations au niveau le plus élevé de Ensemble pour le Changement et ce, avant même la signature de l’accord de Genève. C’est ce qui explique que je n’ai pas souhaité faire partie de l’équipe de campagne de LAMUKA dont le candidat n’est pas le moindre et a toute ma considération. Membre de Ensemble pour le Changement, mon candidat, c’était Moïse Katumbi que le pouvoir a empêché de retourner au pays avec les conséquences que tout le monde connaît.”

Que reprochez-vous à la candidature de Martin Fayulu ?

Il a ma considération.

Donc, pas de reproche ?

Je me refuse à porter le jugement sur les hommes.

Mais, dans le fond, qu’est-ce qui a beaucoup plus favorisé Félix Tshisekedi plutôt que Martin Fayulu dans votre choix ?

C’est d’abord une position politique qui prend la mesure de la gravité de la situation du pays et saisit l’opportunité qui s’offre à notre peuple d’imposer l’alternance en participant massivement aux élections du 23 décembre 2018. C’est, à mon humble avis, un choix de la raison qui répond de manière claire à la question de la participation ou non aux élections compte tenu du fait accompli imposé à travers la machine à voter, le fichier corrompu et que sais-je encore ! Ne voulant pas entretenir la confusion au sein de notre électorat à ce sujet, l’option a été levée d’aller à ces élections coûte que coûte tout en appelant à une surveillance citoyenne active le jour du vote pour protéger les résultats. C’est ensuite une position de principe, dictée par la nécessité de maintenir la cohérence idéologique, fondement du projet de société de l’Union Démocratique Africaine Originelle, parti qui partage avec l’UDPS les valeurs fondamentales de la Social-démocratie, à savoir la liberté, la justice et la solidarité qui font de ces deux organisations politiques, des partis frères et amis. Ces valeurs les unissent également au sein de l’International Socialiste et de l’Alliance Progressiste, deux Organisations internationales qui regroupent à travers le monde les partis sociaux-démocrates et auxquelles l’UDA Originelle est en procédure d’adhésion. C’est enfin une position personnelle d’un ÉLU dans sa circonscription, rendant compte à ses électeurs dans le cadre de son devoir de redevabilité. A ce titre, j’ai donc fait usage de la clause de conscience.”

D’aucuns estiment que c’est un choix tribal, que répondez-vous ?

Dire que ce choix est motivé par les affinités tribales serait un procès en sorcellerie. Que je sache et pour tous ceux qui me connaissent, et que je salue en passant, je reste un Républicain de conviction, un progressiste engagé et un idéaliste confirmé. Mon éthique politique ne laisse aucune place aux considérations d’ordre tribal, régional ou clanique encore moins celles liées à la religion, au sexe ou autre. J’en veux pour preuve, en mars dernier et comme je l’ai dit ci-haut, en Afrique du Sud, j’avais choisi de soutenir la candidature de Moïse Katumbi, non Kasaïen de surcroît, alors que Félix Tshisekedi était déjà investi candidat président de la République par son parti. A chacun d’en prendre la mesure et d’en tirer sa conclusion. Quant à moi, je reste convaincu qu’il est venu le temps de restituer la République aux citoyens en les faisant participer massivement aux élections et en les sensibilisant à la vigilance tous azimuts pour surveiller les résultats et faire respecter la vérité des urnes qui, j’en suis persuadé, penchera en faveur de l’alternance.

Quel est votre avenir au sein d’Ensemble pour le Changement ?

Ma position n’a rien à avoir avec mon engagement au sein de ENSEMBLE dont je suis un des membres les plus actifs. Ensemble porte le projet de Moïse Katumbi, projet auquel mon adhésion demeure. Exclu injustement du processus électoral, il y reviendra certainement à la prochaine occasion.

La conséquence logique de votre acte, serait de démissionner non ?

J’y ai répondu dans mon introduction en rappelant que cette question avait fait l’objet de débats et délibérations en haut lieu d’ENSEMBLE, haut lieu auquel je fais partie.

Interview réalisée par Stanis Bujakera Tshiamala

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