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Les journalistes et défenseurs des droits de l’homme congolais sont aussi victimes de la polarisation entre les camps CACH et FCC..

La bataille pour le contrôle du Parlement se poursuit entre les désormais ex-alliés, le FCC (Front commun pour le Congo) de Joseph Kabila et CACH (Cap pour le changement) de Félix Tshisekedi.

Les députés examinent en ce moment même une demande de destitution de la présidente de la chambre basse du Parlement, Jeannine Mabunda, proche de Joseph Kabila.

Depuis l’annonce de la fin de la coalition qui dirige la République démocratique du Congo depuis le 24 janvier 2019, les partisans de Félix Tshisekedi et Joseph Kabila ont transformé les réseaux sociaux en un champ de bataille virtuel.

Pour avoir interviewé un constitutionnaliste qui n’épouse pas les positions de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), le parti au pouvoir, Christian Lusakueno, promoteur de la radio Top Congo, partenaire de la DW, a été critiqué par des militants surexcités.

Le même sort a été réservé au responsable du site internet Actualité.cd, Patient Ligodi, et à Stanis Bujakera Tshiamala, le correspondant de l’hebdomadaire Jeune Afrique en RDC.

Bienvenu Matumo, militant du mouvement prodémocratie Lucha, fait lui aussi l’objet d’attaque de la part des partisans du chef de l’Etat congolais qui l’assimilent à un pro-Kabila en raison de ses prises de position.

“C’est un contraste terrible de considérer que l’UDPS qui a lutté pour les droits de l’homme et pour la démocratie 37 ans durant peut, du jour au lendemain, se constituer en un parti à visée unique qui est en construction vers une dictature. Ça, nous n’allons pas le permettre. On a refusé à Kabila d’appliquer la dictature, nous n’accepterons jamais que Tshisekedi soit un homme fort, qui brise les règles et qui arrête les personnes qui ne partagent pas son point de vue ou bien sa démarche”, témoigne-t-il.

Appel au calme

Dans ce contexte de défiance et d’incertitude, Léonie Kandolo qui faisait partie du Comité laïc de coordination jusqu’à l’arrivée au pouvoir de Félix Tshisekedi, appelle au calme.

“Quand vous avez déjà allumé un feu, l’éteindre c’est difficile. En tout cas, le président Félix Tshisekedi, dans son discours, veut mettre en place une union sacrée qui sera une nouvelle forme de gouvernance. Mais si on allume le feu de partout, comment les choses vont-elles se mettre en place ?”, s’interroge Léonie Kandolo au micro de la DW.

Respect des libertés

Pour aider les protagonistes à trouver un compromis politique, la liberté d’expression doit être garantie selon Bienvenu Matumo de la Lucha (Lutte pour le changement).

Selon lui, “la sortie de crise passe notamment par le respect des procédures qui sont liées aussi aux libertés publiques pour les La tension politique s’accentue en RDCjournalistes, pour les militants des droits de l’homme et pour l’ensemble des populations qui veulent s’exprimer sur les sujets en cours.”

Aucun responsable politique ne s’est exprimé publiquement sur ces attaques contre certains journalistes et militants de droits de l’homme. Tito Ndombi, le président du Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication a décliné notre demande d’interview.

DW

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