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En dépit de leur interdiction par le gouverneur du Nord-Kivu, ces mouvements de protestation, enclenchés depuis le 5 avril, ne faiblissent pas, particulièrement à Beni. Hier encore, les manifestants s’étaient réunis dans les rues de cette ville. Les manifestants dénoncent ce qu’ils appellent laxisme de la part de la force onusienne face aux tueries à répétition.

Quartier Mabakanga, centre-ville de Beni. Les manifestants occupent le boulevard Nyamwisi. Ils chantent et appellent au départ des casques bleus.

« Cela fait des années que la Monusco est ici dans le territoire de Beni. Mais elle n’arrive pas à mettre fin aux violences, elle n’arrive pas à arrêter les combattants ADF, pourtant nous voyons circuler les véhicules de la Monusco ici. »

Mettre fin à la Monusco, mais quelle alternative ? Jean-Paul Muhindo Lusenge est membre de la Lucha, l’un des mouvements citoyens qui soutiennent ces manifestations. « L’État congolais doit prendre ses prérogatives en main. En conservant la Monusco, l’État congolais se comporte un comme bébé. Nous ne resterons pas éternellement des bébés. Et la Monusco a prouvé son inefficacité, en mettant les FARDC devant le fait accompli son action sera plus visible sur le terrain », dit-il.

Comme les fois précédentes la manifestation de mardi a été de courte durée. La police intervient. Des gaz lacrymogènes sont tirés et les manifestants se dispersent. Ils se disent déterminés et promettent de revenir le lendemain.

De leur côté, les autorités estiment que ces jeunes sont instrumentalisés. Certains redoutent même que les manifestants soient infiltrés par des hommes armés. En attendant l’accalmie, les écoles restent fermées et la plupart de commerces aussi.

RFI

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