Résolution 2409 et conférence de Genève: She Okitundu clarifie la position de la RDC dans cette page spéciale de Fabien Lumbala.
Assemblée Nationale: Motion de défiance déposée contre le ministre de la Défense
Le député national Paul Muhindo a déposé ce jeudi 5 avril 2018, une motion de défiance au bureau de l’assemblée nationale contre le ministre de la Défense nationale, Crispin Atama suite à la persistance de l’insécurité dans la province du Nord-Kivu et l’Ituri.
Selon le député Paul Muhindo, au total 54 députés ont signé la motion contre le ministre de la Défense accusé “d’incapacité et d’incompétence” pour stopper les massacres depuis octobre 2014 à Beni. A cela s’ajoute aussi l’activisme d’assaillants notamment à Lubero et Ituri, souligne l’initiateur de la motion.
“Nous avons plus de trois ans et sept mois qu’il y a persistance des massacres en territoire comme en ville de Beni suivis des kidnappings de la population. L’insécurité persiste dans le territoire de Lubero et la ville de Butembo et nous avons aussi l’insécurité au niveau de l’Ituri. Cette situation est une preuve tangible que nous n’avons pas l’homme qu’il faut à la place qu’il faut. Conformément à l’article 146 de la constitution, nous avons une responsabilité d’interpeller ce ministre et d’exercer notre responsabilité pour qu’on puisse trouver l’homme qu’il faut à cette place”.
Les motions de défiance initiées à l’assemblée nationale n’ont jamais abouti depuis la législature de 2006 car elles sont contrariées par des motions dites incidentielles des élus de la Majorité présidentielle. D’ores et déjà, Paul Muhindo met en garde la MP contre toute initiative visant à rejeter la motion de défiance contre le ministre de la défense.
“Si la MP pratique les mêmes aventures et crée de subterfuge pour qu’il y ait une motion incidentielle qui arrêterait cette motion de défiance, nous nous serons convaincus et la communauté internationale ainsi que la population comprendront que c’est la Majorité qui est responsable de ce qui se passe dans ces zones, puisque ne voulant jamais qu’il y ait un débat sur la situation des massacres”, a-t-il ajouté.
Depuis 2014, au moins 1000 personnes ont massacrées à Beni, selon l’ONU. La société civile elle, avance le bilan d’au moins 1500 civils tués. Situation attribuée aux islamistes ougandais des Forces démocratiques alliées (ADF) présents dans la région depuis 1999.
Stanys Bujakera Tshiamala
L’artiste comédien Kokodioko en très bonne santé, parle enfin
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les religieux ne croient plus en Joseph Kabila en RDC
Alors que l’Eglise catholique s’est affirmée comme la première force d’opposition, musulmans et protestants prennent à leur tour leurs distances avec le régime.
A Kinshasa plus qu’ailleurs, les cultes proposés par les innombrables églises rythment la vie quotidienne, et les prophètes ont des visages. Entre ces souriants pasteurs évangéliques sud-coréens, ces drôles de messieurs en costume venus du fin fond des Etats-Unis pour prêcher la « prospérité » et ces flamboyants entrepreneurs évangéliques congolais en voiture de luxe, le catalogue mystique kinois est vaste.
Mais si le spirituel peut être un business rentable en République démocratique du Congo (RDC), il est aussi un enjeu de pouvoir. Et en ces temps de crise politique, les leaders religieux, pressés par leurs fidèles et soucieux de préserver ou d’accroître leurs intérêts, font évoluer leurs positions face au régime de Joseph Kabila.
Après avoir facilité le dialogue politique de décembre 2016, la puissante Eglise catholique congolaise coordonne désormais la contestation. Le cardinal Laurent Monsengwo mène le mouvement, durcissant la position de l’Eglise avec le soutien du pape François et de son ami argentin, le nonce apostolique Luis Mariano Montemayor. Avant d’être la cible du régime au point de se voir rappelé par le Vatican, Mgr Montemayor fustigeait « un Etat prédateur » et des opposants obnubilés par l’argent.
Haro sur les « médiocres »
Habile diplomate, Mgr Monsegwo est coutumier de ce pouvoir qu’il côtoie, défie ou influence en plaçant des proches. « Compte tenu de la crise politique et de la situation économique, il a senti qu’il fallait prendre les devants car les politiciens de l’opposition peinent à s’unir et n’ont pas vraiment de crédibilité au sein de la population », dit Mokonda Bonza, ancien directeur de cabinet de Mobutu Sese Seko, aujourd’hui sénateur. Le cardinal Monsengwo, 78 ans, a osé demander que « les médiocres dégagent », une expression qui fait depuis florès dans les rues de Kinshasa.
Mgr Monsegwo a vécu la lutte contre Mobutu, qui se méfiait de lui, persuadé que les Etats-Unis voulaient en faire son successeur. Lorsque le Zaïre devient la RDC et s’enfonce dans la guerre, il est à Kisangani, où il fait fonction d’archevêque de 1988 à 2007. Les Rwandais et les Ougandais s’affrontent dans cette ville de l’Est, et Mgr Monsengwo constate « l’influence étrangère » exercée sur le pouvoir de Kinshasa, dit l’un de ses proches. Depuis, il n’a jamais cessé d’œuvrer en faveur de la démocratie.
Plus récemment, le 31 décembre 2017 puis le 21 janvier et le 25 février 2018, il a observé la violence des soldats qui ont réprimé les manifestations jusque dans les paroisses. Ces marches contre le pouvoir étaient convoquées par le Comité laïc de coordination (CLC), formé en 1992 et réactivé par Mgr Monsengwo pour accentuer la pression sur le régime de Kabila. « Le CLC n’a d’autre but que de créer une situation insurrectionnelle à Kinshasa pour pousser les forces de sécurité à déraper et ainsi renforcer la pression internationale, tranche un conseiller du chef de l’Etat. Monsengwo outrepasse son rôle et est devenu un acteur politique qui utilise la puissance de l’Eglise. »
Depuis la mort, en février 2017, de la figure historique de l’opposition, Etienne Tshisekedi, il n’y a plus que l’Eglise qui soit capable de faire descendre le peuple dans la rue. Rares sont les Kinois prêts à mourir en manifestant pour l’ancien gouverneur du Katanga, Moïse Katumbi, ex-allié de Kabila désormais opposant en exil. Désigné par le parti de son père comme candidat à la présidentielle, Félix Tshisekedi, lui, doit se faire un prénom en dehors de Kinshasa. Leurs derniers appels à manifester ou à observer des journées « ville morte » n’ont guère été suivis. Ils n’ont d’autre choix que de compter sur les hommes de Dieu.
Le CLC a annoncé, le 12 mars, la suspension des marches. Auparavant, le cardinal Monsengwo s’est entretenu avec le président Kabila en toute discrétion, selon plusieurs sources. Pas de quoi néanmoins atténuer son discours. Dimanche 25 mars, lors de la messe des Rameaux au stade Tata-Raphaël de Kinshasa, le religieux a interpellé la jeunesse : « Vous avez raison de reprocher aux politiciens et à la classe dirigeante de notre pays d’avoir échoué. Etes-vous prêts à prendre en main les destinées de la nation et à assumer vos responsabilités ? »
Musulmans en « quarantaine »
La radicalisation de l’Eglise catholique semble avoir fait tâche d’huile. « Pourquoi soutenir un pouvoir qui nous marginalise ? On était mieux traités sous Mobutu Sese Seko », affirme le cheikh Ali Mwinyi M’Kuu. A 44 ans, le représentant légal de la Communauté islamique au Congo (Comico), une minorité (près de 12 % de la population) reconnue en 1972, sait qu’il entame un virage délicat qui peut lui valoir des menaces.
Il ne peut pourtant plus se ranger aveuglément derrière Joseph Kabila, qu’il a rencontré pour la dernière fois il y a deux ans. Dans les plus de 120 mosquées de Kinshasa, la grogne monte face à ce président qui s’accroche au pouvoir, réprime sans retenue et mine l’économie au point de ruiner certains grands commerçants musulmans de l’est du pays.
« Le Congo est malade et je dois me comporter en médecin. Il faut des élections et ce sera un vote sanction contre le pouvoir », assure l’imam, d’une voix calme, au siège de la Comico, à Lingwala, une commune populaire de la capitale. C’est une bâtisse dépourvue d’électricité, à la façade récemment ravalée grâce à un don de chiites iraniens. Les murs se fissurent, tout comme ceux de la grande mosquée de sa ville d’origine, Kisangani, criblée d’impacts de balles.
« On est comme en quarantaine, mais nous, musulmans, n’avons jamais fait une seule rébellion », glisse un homme d’affaires d’Ituri qui médite le Coran dans la pénombre. De l’autre côté de la frontière orientale, au Rwanda, les musulmans bénéficient de considérations, dit-il, et en Ouganda, il y a la grande mosquée de Kampala offerte par Mouammar Kadhafi, de même que l’immense université islamique.
« On ne reçoit aucune aide des pays du Golfe et encore moins de Kinshasa, lâche Ali Mwinyi M’Kuu. Il n’y a aucun musulman dans le gouvernement et on n’a même pas d’aumôniers dans les armées. Au Nord-Kivu, des imams sont arbitrairement arrêtés au nom de la lutte contre le terrorisme. Nos fêtes religieuses ne sont pas reconnues. On a pourtant eu de bonnes relations avec le pouvoir, et on l’a soutenu. »
En début d’année est apparue l’Alliance des kabilistes musulmans, créée de toutes pièces par le parti présidentiel et non reconnue par la Comico. Cet obscur groupuscule s’est piqué de vouloirmanifester contre les cortèges anti-Kabila. Une réponse au cheikh Ali Mwinyi M’Kuu, qui avait publiquement appelé les autorités à « éviter de réprimer la marche des laïcs catholiques ». Un message de paix interprété comme une déclaration belliqueuse par Kinshasa.
Mystique et politique
« Les musulmans sont en réalité collés au pouvoir. Ali se plaint qu’il ne reçoit pas d’argent, il est déçu, mais il ne soutient pas les marches », glisse le révérend Milenge Mwenelwata, vice-président de l’Eglise du Christ au Congo (ECC), l’influente fédération protestante et évangélique. Pour lui, pas question d’appeler ses fidèles à marcher contre le régime. « Le dimanche n’est pas fait pour manifester, c’est un jour sacré », tranche-t-il dans son bureau modeste de la Gombe, commune huppée de Kinshasa. A sa manière, Milenge Mwenelwata perpétue une tradition de soutien aux régimes successifs, de Mobutu le catholique à Kabila le protestant.
L’ECC, présidée de 1998 à 2017 par Mgr Pierre Marini Bodho, également sénateur de la majorité présidentielle, n’a pas ménagé ses efforts pour soutenir le pouvoir. « Seule la Bible ne peut subirde modification », avait-il lancé, en 2014, face aux catholiques opposés à la tentative de changement de la Constitution permettant au président de rester au pouvoir. Sous « Marini », l’ECC a su tisser sa toile au sein des régimes Kabila, père et fils. Parmi ses fidèles, on retrouve l’ancien premier ministre Matata Ponyo Mapon (2012-2016) et le chef rebelle devenu vice-président Azarias Ruberwa (2003-2006).
Ce dernier, très introduit auprès des églises américaines et du chef de l’Etat, convie une fois par an le gotha de Kinshasa à un « petit-déjeuner de prière » au Grand Hôtel Pullman. Il y est question de mystique et de politique. « Si on lui demande un service, il le fera. Mais on n’a pas besoin d’intermédiaire », dit le révérend Milenge Mwenelwata, candidat malheureux à la présidence de l’ECC en 2017 : « Joseph Kabila parle de l’ECC en disant “mon église”. Tous ses frères et sœurs sont protestants. »
Mais la tradition de soumission au pouvoir a été rompue le 16 janvier, jour de la commémoration de la mort de Laurent-Désiré Kabila, assassiné dix-sept ans plus tôt. La sœur jumelle du président, Jaynet Kabila, orchestre la cérémonie protestante célébrée par le pasteur François-David Ekofo, l’aumônier de la famille connu pour son franc-parler et membre de l’ECC.
Ce jour-là, les ministres, les diplomates, les cadres de la majorité présidentielle et de l’armée sont stupéfaits lorsque résonnent les mots du religieux dans la cathédrale du Centenaire protestant. « Nous devons léguer à nos enfants un pays où l’Etat existe réellement. Je dis bien “réellement”, parce que j’ai l’impression que l’Etat n’existe pas vraiment. » Certains visages se décomposent lorsque le pasteur ajoute : « Le Congo ne sera pas toujours faible comme il l’est maintenant. Il va se réveiller un jour. »
Un pasteur en cavale
Cinq jours plus tard, plusieurs morts seront décomptés lors d’une marche, interdite par la police, organisée par les catholiques et à laquelle participe un collectif de laïcs protestants. Le pasteur Ekofo, lui, part en cavale dans Kinshasa, mégapole aux plus de 12 millions d’habitants. Craignant pour sa vie, il change de lieu de résidence chaque jour et se tourne vers la mission des Nations unies en RDC. Le religieux est exfiltré le 3 février vers Entebbe, en Ouganda, à bord d’un avion de l’ONU, avant de rejoindre les Etats-Unis.
Deux semaines plus tard, André Bokundoa, le nouveau président de l’ECC, déclare, lors du comité exécutif national : « Nous sommes appelés “protestants” parce que nous protestons toujours contre ce qui n’est pas juste. » Et de citer la Bible : « Quand les justes se multiplient, le peuple est dans la joie ; quand le méchant domine, le peuple gémit. »
La grogne au sein de l’ECC, longtemps étouffée par Mgr Marini, s’exprime peu à peu dans un contexte de crise politique où les manifestants sont réprimés, les mouvements citoyens divisés et l’opposition peine à se faire entendre.
Après moult atermoiements et calculs politiques, les musulmans et les protestants lâchent peu à peu ce régime et se positionnent pour l’après-Kabila. Plus surprenant, l’église kimbanguiste, un mouvement autochtone chrétien traditionnellement fidèle au pouvoir mais divisé par des querelles internes, a vu l’une de ses branches soutenir la marche contre Joseph Kabila le 21 janvier. Sur le terrain de bataille politico-religieux de Kinshasa, le pouvoir est contraint de se rabattre sur un catalogue mystique de plus en plus réduit. Restent quelques rock stars d’églises du réveil dont une partie demeure sensible aux tentations du dollar, l’autre dieu de Kinshasa.
Joan Tilouine
Le Monde / MCN
JB Mpiana a t-il chassé Roger Ngandu du groupe BCBG? Mosaka crache des vérités
JB Mpiana a t-il chassé Roger Ngandu du groupe BCBG? Son porte-parole Blanchard Mosaka crache des vérités.
Pour Tshisekedi, Tshibala doit assumer les conséquences de « son vagabondage politique »
Félix Tshisekedi réagit sur la position politique de Bruno Tshibala, l’actuel premier ministre congolais.
Il estime que ce dernier a abandonné le combat en partageant le pouvoir avec le président Joseph Kabila. Sur les antennes de la Radio France internationale RFI ce jeudi, il l’accuse de vagabondage politique.
« Jamais Étienne Tshisekedi n’aurait été dans un gouvernement sous le patronage de Joseph Kabila. Ce qui est le cas de Tshibala. Très clairement, il a quitté notre ligne de conduite et n’a qu’a assumer son nouvel engagement. Il abandonné le combat » a t il déclaré.
L’actuel président de l’UDPS et du Rassemblement de l’opposition soutien que Bruno Tshibala est actuellement isolé suite à son choix politique.
« Il est isolé. Il a été dans le vagabondage politique, il doit en assumer les conséquences« , ajoute il.
Pour ce qui est des liens entre feu Étienne Tshisekedi et Bruno Tshibala, il dit que ce dernier « n’avait jamais été un compagnon mais plutôt un accompagnateur ».
Il rassure que les discussions avancent avec l’UNC et le MLC pour donner forme à une grande dynamique
politico
Celezino à Eliezer: Mukolo Lopango ne peut pas aller en Prison et lui traite de « COLLABO »
Le combattant Celezino sort de son silence sur les rumeurs annonçant sa mort par accident de voiture en France et parle de Ndeko Eliezer qui vient d’être arrêté à Kinshasa par une plainte de Ngoy Kasanji.
Dédoublement de l’UDPS : Loseke débouté au tripaix Matete
La série noire continue pour l’UDPS aile Tshibala. Après le Conseil national du suivi de l’accord (CNSA) qui a tranché en faveur de l’UDPS Limete, présentement dirigé par Félix Tshisekedi, le tribunal de paix de Matete vient de déclarer la requête introduite par le président de l’UDPS/Tshibala, Tharcisse Loseke, irrecevable.
Ce président délégué de l’UDPS/Tshibala, Tharcisse Loseke, voulait obtenir l’annulation du congrès de l’UDPS convoqué par Jean-Marc Kabund, mais a été aussi débouté par le tribunal de paix de Matete pour défaut de qualité et détention de la nationalité belge.
Du côté de l’UDPS aile Limete, on se réjouit de cet arrêt rendu par le tripaix Matete.
Et dans le camp adverse, Loseke envisage déjà de faire appel.
MCNTeam
Affaire Ndeko Eliezer et Ngoy Kasanji; Papy Tamba à Eliezer: les preuves sont là…
VIDEO. Affaire Ndeko Eliezer et Ngoy Kasanji; Papy Tamba à Eliezer: les preuves sont là…
Félix Tshisekedi : « Je n’ai ni l’intention ni l’ambition de me mesurer à ce qu’a été mon père »
« Je suis prêt à affronter Moïse Katumbi en match amical », déclare l’opposant congolais Félix Tshisekedi sur RFI. Cinq jours après le congrès qui l’a désigné président de l’UDPS et candidat de ce grand parti à la présidentielle de la fin de cette année, le fils d’Etienne Tshisekedi, qui est en ligne de Kinshasa, se confie au micro de Christophe Boisbouvier.
RFI : Pas facile de succéder à une figure comme votre père. Êtes-vous prêt à en assumer toutes les responsabilités ?
Félix Tshisekedi : Absolument. Je suis né dans le moule. Donc j’étais préparé à tout cela et je m’y attendais. Et c’est un défi que j’aimerai bien relever.
Mais c’est quand même un sacré défi. C’était une grande figure votre père ?
Oui, c’est énorme. Lui c’est une figure iconique. Donc je n’ai absolument pas l’intention ni l’ambition de me mesurer à ce qu’il a été, mais mon rêve c’est de continuer son œuvre, et pas seul. Je veux continuer avec tous ceux et toutes celles qui veulent se lancer dans cette aventure. Nous avons forgé cette lutte depuis maintenant une trentaine d’années, il y a à peu près deux générations aujourd’hui dans l’UDPS. Et je représente cette deuxième génération qui arrive et je crois que nous sommes suffisamment prêts à la fois pour relever le grand défi de remettre le Congo debout, mais aussi notre parti.
Vendredi dernier 30 mars, vous avez été élu par les délégués de l’UDPS avec un très beau score. Mais l’an dernier, quand vous avez appelé à manifester, sans prendre part vous-même à une manifestation, certains ont douté de votre engagement personnel ?
Non, il ne faut vraiment pas confondre un rendez-vous manqué avec un désengagement. Je crois que du côté engagement, je n’ai plus rien à prouver. Je me suis engagé sur beaucoup de fronts ici au Congo en prenant d’énormes risques. Je crois que je suis un des seuls hommes politiques à avoir pris ce genre de risques. Je n’ai vraiment pas à prouver quoi que ce soit. Lorsque je marche au côté de mon peuple, ce n’est pas pour prouver une quelconque bravoure ou montrer une témérité quelconque. C’est simplement pour montrer à mon peuple que je suis à ses côtés, que je crois en ce que nous avons lancé. Puis je pense aussi qu’il n’y a pas de personnes indispensables dans une lutte. Vous voyez aujourd’hui Etienne Tshisekedi n’est plus là. Mais il nous a formés et nous sommes des millions d’Etienne Tshisekedi à suivre ce combat de la même manière qu’il le faisait. Donc je ne pense pas qu’il y ait de personnes indispensables, de personnes providentielles. Je crois que dans un combat, c’est tout un peuple qui s’engage, la jeunesse reste debout et déterminée à atteindre l’objectif.
Bruno Tshibala a été très longtemps un compagnon de votre père. Aujourd’hui, il est Premier ministre et revendique l’étiquette UDPS. Ne craigniez-vous pas que, vu sa position à la tête du gouvernement, il obtienne satisfaction devant les autorités administratives et judiciaires ?
J’aimerai rectifier quelque chose. Cela n’a pas été un compagnon, il a été un accompagnateur. Les compagnons d’Etienne Tshisekedi sont connus. Il y en a qui sont vivants. Posez-leur la question, ils vous diront que Bruno Tshibala n’a jamais été leur compagnon. Il a toujours été dans les tribunes comme moi, à l’époque il y a 30 ans d’ici. Ce n’est qu’après petit à petit, avec le départ de certains cadres, etc. qu’il a pu se forger une place, ça c’est une chose. La seconde, je n’ai peur de rien parce que je sais que nous, nous sommes dans la vérité. Nous avons gardé la ligne historique. Et cette vérité d’ailleurs est en train de se voir. Jamais Etienne Tshisekedi n’aurait été dans un gouvernement sous le patronage de Joseph Kabila, ce qui est le cas de monsieur Tshibala. Cela veut dire très clairement, il a quitté notre ligne de conduite, il n’a qu’à assumer ce nouvel engagement que je respecte, c’est son problème. Maintenant, qu’il nous laisse continuer notre route, il a abandonné le combat, c’est tout.
Mais vous ne craigniez pas d’être isolé, face à Bruno Tshibala ?
Isolé par quoi ? C’est plutôt lui qui est isolé. Nous avons maintenant au-delà du Rassemblement, des discussions très avancées avec l’UNC [Union pour la nation congolaise] de Vital Kamerhe et le MLC de Jean-Pierre Bemba [Mouvement de libération du Congo] représenté par madame Eve Bazaiba. Donc il n’y a vraiment rien à craindre. L’isolement, c’est plutôt lui qui a été dans le vagabondage politique. Il doit en tirer des conséquences. Ce n’est pas nous. C’est de la dynamique qui est en train de prendre forme et demain, nous allons additionner nos sièges après avoir additionné nos forces. Nous, ce qui nous importe aujourd’hui, c’est d’aller à des élections qui vont nous amener une alternance. Notre objectif principal de notre combat, c’est l’émergence d’une nouvelle direction dans le pays, une direction qui va émaner de la volonté de notre peuple et qui va enfin pouvoir s’occuper de ce peuple, d’instaurer un Etat de droit, de mettre fin à cette instabilité, à cette insécurité à l’Est, au Centre aujourd’hui et dans d’autres régions, et de penser enfin au bien-être de ce peuple parce que nous sommes dans un pays aux énormes potentialités. Nous pouvons faire des merveilles et c’est ce que nous demandons à travers ces élections qui vont arriver.
Donc le fait que le Comité national de suivi de l’Accord de la Saint-Sylvestre (CNSA) et que son président, Joseph Olenghankoy, soutienne votre tendance contre celle de Bruno Tshibala, cela vous est complètement indifférent
Oui, cela m’est égal. Mais enfin quelque part quand vous dites qu’ils soutiennent, non. Je crois qu’ils reviennent à la vérité parce qu’il fait aussi partie de ceux qui nous ont torpillés, de ceux qui ont aidé ce pouvoir en se laissant débaucher. C’est dommage ce qu’ils ont fait parce qu’ils nous ont fait perdre une année entière. Et tout cela pour ça, j’allais dire, pour revenir aujourd’hui à la vérité. Moi, cela m’est égal. Tant pis, tant mieux, c’est au peuple maintenant de juger. C‘est lui le juge.
A la fin de votre congrès de l’UDPS, le 30 et 31 mars, vous avez eu ce mot « Je vous conduirai à la victoire cette année s’il y a des élections ». Cela veut dire que vous n’êtes pas sûr qu’il y ait élections ?
En effet, je ne suis pas sûr parce que le processus électoral reste opaque. Il y a cette histoire de machine à voter que nous ne voulons absolument pas, que nous allons rejeter d’ailleurs avec la dernière énergie. Il y a cette histoire de fichier dans lequel on retrouve des enfants, même des bébés, figurez-vous. Il y a encore beaucoup de couacs sur le parcours électoral, des couacs parsemés évidemment par le pouvoir pour qu’on n’ait pas cette élection. Il est fort possible qu’on n’ait pas d’élections ou à défaut même d’élections crédibles. Sur tout cela, nous insistons parce que nous voulons absolument éviter la mésaventure de 2011 où nous avions largement gagné. Nous ne voulons absolument pas revivre cela, ce cauchemar des élections.
Le 26 janvier 2018, lors de sa dernière conférence de presse, le président Joseph Kabila a refusé de déclarer publiquement qu’il ne serait pas candidat à sa propre succession. Qu’est-ce que cela vous inspire ?
Cela ne m’étonne pas parce que je suis de ceux qui ont toujours pensé que monsieur Joseph Kabila ne veut réellement pas quitter le pouvoir. En fait, c’est ça. Tout ce que vous voyez depuis 2016 où il devait partir, où on aurait dû avoir des élections, c’est uniquement dû au fait que monsieur Kabila n’est pas prêt, ne veut pas quitter le pouvoir. Pourtant nous avons tout fait, nous avons donné des garanties. Et je continue et je le répète encore : nous, notre pouvoir ne sera pas un pouvoir qui privilégiera la chasse aux sorcières, c’est un pouvoir qui va amener la paix, la justice. Et donc il n’y aura pas du tout de chasse aux sorcières. On a tout donné comme garanties en disant qu’il n’a pas à craindre que l’Etat que nous représenterons demain, quant à son intégrité, mais apparemment il est motivé par d’autres ambitions malheureusement.
Donc si demain, il quitte le pouvoir. Il ne sera pas poursuivi par la justice congolaise ?
Au nom de la stabilité de l’Etat, je crois qu’il faut fermer les yeux sur certaines choses parce que les Congolais d’abord, le peuple d’abord.
Depuis deux ans, Moïse Katumbi et vous-même, vous vous affichez ensemble. Mais aujourd’hui, vous êtes tous deux candidats à la même élection. C’est la rupture ?
Non, absolument pas. C’était prévisible. Nous sommes deux leaders. C’est tout à fait normal, le moment venu nous allons voir ensemble ce qui peut permettre d’avoir une candidature unique. Je pense même que si ce n’est pas le cas, peu importe. A mon avis, il n’y a aucune chance qu’un candidat qui représente Joseph Kabila puisse faire un score qui pourrait gêner cet éparpillement de voix au sein de l’opposition.
Alors la présidentielle au Congo, ce n’est qu’un seul tour. Est-ce que vous n’allez pas disperser vos voix face aux candidats de la majorité ?
Je vous ai dit qu’il n’a aucune chance. La bataille se passera plutôt entre les leaders de l’opposition.
Ce sera un match Tshisekedi-Katumbi ?
Match amical alors dans ce cas-là, on va dire.
L’an dernier, vous vous disiez prêt à soutenir une candidature Katumbi. Pourquoi avez-vous changé d’avis ?
Je l’ai dit dans le sens où si c’était la volonté populaire. Je ne l’ai jamais dit dans le sens où j’allais moi me désister, refuser par exemple l’investiture de mon parti, ce qui est le cas aujourd’hui pour se faire. Si nous réussissons à nous entendre sur une candidature unique, pourquoi pas. Si nous ne nous entendons pas, pour moi il n’y a pas le feu. Il y a moyen d’y aller en ordre dispersé pourvu que le processus électoral soit crédible. Là, je sais que dans une situation pareille, le candidat dauphin de Kabila n’aura aucune chance.
Moïse Katumbi est condamné dans une affaire immobilière et poursuivi dans une affaire de nationalité. Que répondez-vous à ceux qui disent que vous êtes contrarié par la popularité de votre camarade de l’opposition, et que finalement vous seriez plutôt satisfait s’il était obligé de rester en exil pour échapper à l’arrestation ?
Je suis né dans le bain démocratique. J’ai été éduqué à cela. La démocratie, c’est mon mode de vie, la tolérance, l’acceptation de l’autre. Jamais je ne peux considérer Moïse Katumbi comme me faisant de l’ombrage. D’ailleurs, je me suis battu à la tête du Rassemblement lors du dialogue de la Cenco [Conférence épiscopale nationale du Congo] pour obtenir des mesures de décrispation, qui allaient aussi lui permettre de revenir et d’aller en compétition comme nous tous. Donc en démocratie, on ne peut pas faire de l’ombre à un adversaire. Il faut le laisser compétir comme tout le monde. Je crois qu’il est victime d’une injustice et j’ai toujours dénoncé ce qui arrive que ce soit ce procès bidon qui a été fomenté contre lui ou cette affaire de nationalité. Je trouve que c’est lamentable, que c’est honteux parce que tout le monde sait qu’au sein de cette classe politique, les gens qui possèdent la double nationalité, il y en a une pléthore. Donc je trouve que lui faire ce procès-là est tout à fait injuste, mais reste dans l’ordre des choses de la « Kabilie », c’est-à-dire essayer d’éteindre tous ceux qui peuvent leur faire de l’ombre. Aujourd’hui, c’est le tour de Moïse, demain qui c’est, ce sera peut-être pas le tour de Félix Tshisekedi.
Christophe Boisbouvier
RFI
VIDEO. Affaire Ndeko Eliezer : Mobilisation des Journalistes et Avocats pour sa libération
Affaire arrestation de Ndeko Eliezer : Mobilisation des Journalistes et Avocats pour sa libération.
Dossier-mercenaires : Les avocats de Katumbi exigent un procès équitable
Le collectif des avocats de Moïse Katumbi a tenu une conférence de presse mercredi 4 mars 2018, pour exiger de la justice congolaise un procès équitable dans l’affaire dite de mercenariat qui oppose l’ancien gouverneur du Katanga au ministère public.
Cette conférence fait office de la réaction des défenseurs de Katumbi à la requête du procureur général de la république ayant transmis le dossier judiciaire de l’ancien gouverneur du Katanga à la Cour suprême de justice.
Les avocats de Katumbi dénoncent le fait que leur client soit poursuivi par la dernière instance judiciaire, alors qu’il devait l’être, d’après eux, au tribunal de paix pour avoir la possibilité de faire un recours à l’issue du procès.
«Nous alertons l’opinion nationale et internationale sur le risque organisé que court notre client Moïse Katumbi Chapwe de se voir privé de son droit à un procès équitable dans l’affaire dite des mercenaires», s’inquiètent les avocats de l’opposant congolais en exil.
C’est depuis mai 2016 que Moïse Katumbi est poursuivi par la justice congolaise qui l’accuse d’avoir recruté des mercenaires et leur a fourni des armes sans autorisation du gouvernement. Près d’un mois après son inculpation pour atteinte à la sûreté de l’État, l’opposant a été condamné par contumace à 3 ans de prison ferme alors qu’il se trouvait déjà en exil. Son camp continue à dénoncer un «procès farfelu» visant à l’écarter de la course pour la présidentielle prévue en décembre prochain.
«Où sont les 600 mercenaires américains annoncés par le ministre de la Justice ?», s’interroge le collectif des avocats de Moise Katumbi. Ce dernier pourrait faire également l’objet d’un autre dossier judiciaire à cause de la détention présumée de la nationalité italienne pendant sept ans.
Will Cleas Nlemvo
Félix Tshisekedi prêt à affronter Katumbi en match amical
Après son investiture comme candidat du parti UDPS à la présidentielle de décembre prochain en RDC, Félix Tshisekedi dément toute rupture avec son camarade d’opposition Moïse Katumbi.
Conférence humanitaire de Genève: l’ONU s’excuse auprès de la RDC
Les Nations Unies reviennent finalement sur la classification de la crise humanitaire en République démocratique du Congo, s’excusant auprès du vice-ministre et ministre des Affaires étrangères Léonard She Okitundu, dans une lettre.
L’ONU fait marche en arrière dans sa guéguerre avec Kinshasa autour de la crise humanitaire en RDC. Après la colère de la RDC, manifestée notamment via une conférence de presse dirigée mardi dans la capitale congolaise par Léonard She Okitundu, Mark Lowcock, Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires a adressé une lettre à ce dernier pour présenter les excuses de l’ONU.
Le britannique annonce par que l’ONU va finalement lever la classification L3 concernant la crise congolaise et dénoncée par Kinshasa. « Je vous écris en particulier pour vous faire savoir que nous avons écouté attentivement vos préoccupations au sujet de la désignation de la crise humanitaire en RDC. Les Nations Unies désactiveront la désignation L3 plus tard ce mois-ci. Je ferai une annonce publique demain, mercredi 4 avril 2018, confirmant cela », dit-il dans cette lettre datant du 3 avril.
Il appelle, dans la foulée, le gouvernement à participer à cette conférence de Genève, qui doit se tenir le 13 avril prochain. « Je comprends que votre gouvernement a exprimé des réserves quant à sa participation à Genève et j’espère que, sur la base de mes explications ci-dessus et du travail accompli entre votre gouvernement et les Nations Unies ces derniers mois, vous vous sentirez en mesure de participer. nous avons un intérêt commun à travailler ensemble pour répondre aux besoins humanitaires essentiels du peuple congolais, en nous appuyant sur les progrès importants réalisés dans de nombreux domaines que vous avez supervisés au cours des dernières années, » dit-il.
La semaine dernière, les Nations Unies ont averti que la planète était confrontée à la « pire crise humanitaire depuis la fin de la Seconde guerre mondiale », avec un risque de malnutrition et de famine pour 20 millions d’habitants de trois pays d’Afrique et au Yémen. A la grande surprise, la République démocratique du Congo s’est retrouvée parmi dans la classification des crises humanitaires à travers le monde. L’ONU affirme ainsi que la crise en RDC est du niveau L3, la même que celle de ces pays en guerre, y compris la Syrie
Une classification que dénonce Kinshasa, qui accueille même des réfugiés des pays comme le Sud Soudan ou encore le Burundi enproie à des conflits sur son sol. Mardi 3 avril à Kinshasa, le ministre Okitundu monte au créneau. Lors d’une conférence de presse au ministère des Affaires étrangères, il divulgue une lettre adressée par le gouvernement congolais au Secrétaire général de l’ONU, António Guterres à ce sujet. «Dans ce document, nous avons fait part au secrétaire général des Nations unies notre étonnement de voir la RDC classer en L3, c’est-à-dire le niveau de gravité le plus élevé. Catégorisation qui projette une image de catastrophe extrême et généralisée», a décrié Léonard She Okitundu.
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Fally Ipupa présente Dj Boogie Black feat. Anita Mwarabu – Tika Zoubida (Clip Officiel)
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Félix Tshisekedi garantit Joseph Kabila que si l’opposition gagne les élections, son intégrité sera protégée
Le nouveau président de l’UDPS, Félix Tshisekedi, s’est prononcé sur un certain nombre de sujets d’actualité congolaise, au cours d’une interview exclusive accordée à RFI depuis son élection. Et la question de l’après Joseph Kabila au pouvoir en RDC, n’est pas passée sous silence.
A 8 mois des élections, Félix Tshisekedi continue à douter de la bonne volonté du président Joseph Kabila de quitter le pouvoir au terme des élections démocratiques, libres et transparentes le 23 décembre 2018. En témoigne selon lui, l’introduction inopinée de la machine à voter dans le processus électoral, l’enrôlement « des mineurs et même des bébés », qui constituent « des couacs sur le parcours électoral, des couacs parsemés par le pouvoir pour qu’on ait pas des élections ».
Le peuple d’abord
Pourtant, Joseph Kabila n’a rien à craindre. Si l’opposition gagne des élections, » notre pouvoir ne sera pas un pouvoir qui privilégiera la chasse aux sorcières. C’est un pouvoir qui va amener la paix, la justice, et donc il n’y aura pas de chasse aux sorcières », a garanti Félix Tshisekedi.
L’opposition, depuis les négociations de la Saint-Sylvestre, a donné des garanties d’après le président de l’Union pour la démocratie et le progrès social, que Joseph Kabila n’a pas à craindre du pouvoir que représentera l’opposition demain quant à son intégrité. mais « apparemment il reste animé par d’autres ambitions ».
« Au nom de la stabilité de l’État, je crois qu’il faut fermer les yeux sur certaines choses parce que (la priorité c’est) les congolais d’abord, le peuple d’abord », a promis Félix Tshisekedi.
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