La célèbre cité de « Pakadjuma », en croissance libre entre la rivière Kalamu, les rails de la SCTP (Société Commerciale des Transports et des ports) et le fin fond des 1ère et 2me Rue industrielles, dans la commune de Limete, est sous le choc depuis la nuit du mardi 28 septembre 2021. Un incendie, dont l’origine reste à déterminer mais qui pourrait être lié à un court circuit électrique, a réduit en cendres plus de 70 masures construites en matériaux de fortune : tôles, bois, cartons, nattes, pailles, etc. Le spectacle d’hommes, de femmes et d’enfants, ayant tout perdu, courant dans tous les sens, à la recherche d’introuvables logis où se réfugier, était poignant.

De nombreuses familles se sont du coup brutalement retrouvées à la belle étoile. Et elles sont encore sans abri, attendant désespérément des secours de la part aussi bien des autorités urbaines et municipales que des âmes sensibles. Certains observateurs soutiennent que les principales victimes de l’incendie de mardi soir se recrutent parmi les professionnelles du sexe. Ce drame aura-t-il un impact sur la clientèle ? La question reste posée.

On laisse entendre qu’un sénateur a fait un geste, en leur offrant quelques tôles. Le plus dur est que ces sinistrés ont perdu le peu de biens qui se trouvaient dans leurs maisonnettes.

Cet incendie vient de rappeler à la mémoire collective que « Pakadjuma », rendu célèbre par une certaine catégorie de ses résidentes, à savoir les femmes et filles vivant du plus vieux métier du monde, est un quartier aux constructions totalement anarchiques, où il n’existe ni réseaux électriques légaux, ni raccordements en eau potable, ni rues et avenues, ni toilettes, etc. Traversés par des fils électriques en désordre tirés des poteaux électriques, ceux-ci constituent un danger permanent d’électrocution et d’incendies pour leurs utilisateurs.

Dans leur promiscuité, les résidents recourent aussi bien aux réchauds électriques qu’aux braseros communément appelés « Bambula ». Utilisateurs d’appareils électroménagers comme de braseros se côtoient dans de petits espaces, avec des risques permanents d’incendies, surtout que des vendeurs clandestins de carburants, vulgairement baptisés « Khadafi », campent en permanence devant des taudis de toutes les espèces.

La vérité est qu’à Pakadjuma, toutes les conditions sont réunies pour des ravages du feu. Les autorités urbaines et municipales, qui continuent de fermer les yeux sur cette cité créée de toutes pièces par ses résidents, sont interpellées. Elles le sont également pour la cité voisine de « Kawele », à quelques encablures de là, où poussent, comme des champignons, des masures dignes de bidonvilles.

Le Phare

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