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Fin de suspense. Jean-Michel Sama Lukonde Kyenge est nommé 36ème Premier ministre de la RDC. Il devra ainsi former son gouvernement et affuter son programme pour tout présenter devant la représentation nationale afin d’obtenir l’investiture de son équipe. Déjà que la prochaine session parlementaire, celle de mars 2021, s’annonce dans 30 jours, c’est donc le chrono qui est en marche pour le nouveau locataire du n°5 de l’avenue Roi Baudouin dans la commune de la Gombe.

À 43 ans, Samba Lukonde est l’un des plus jeunes Premiers ministres qu’ai connu le pays depuis Patrice Emery Lumumba, assassiné le 17 janvier 1961, près d’Élisabethville au Katanga, à l’âge de 35 ans. Comme qui dirait : « aux âmes bien nées la valeur n’attend point le nombre d’années ». Issu du parti de Dany Banza, Avenir du Congo (ACO, membre du CACH), le tout nouveau Premier ministre devra donc mettre à profit la vigueur de sa jeunesse afin de concrétiser la vision du chef de l’État, entre autres, celle de garantir la paix et la sécurité et de promouvoir l’action transformatrice de l’économie nationale.

Le nouveau Premier ministre de Félix Tshisekedi s’appelle Jean-Michel Sama Lukonde Kyenge. Le président de la République l’a nommé, lundi le 15 février 2021, dans une ordonnance lue par son porte-parole. Sama Lukonde Kyenge, 43 ans, succède ainsi au septuagénaire Sylvestre Ilunga Ilunkamba à la Primature. Il occupait, jusque-là, le poste du Directeur général de la Gécamines.

Après le long suspense entretenu depuis la fin de la mission de l’informateur à l’Assemblée nationale, c’est l’oiseau rare désigné par Félix-Antoine Tshisekedi pour former le premier gouvernement d’Union sacrée de la Nation, après l’effritement de l’ancienne majorité Parlementaire FCC-CACH.

Ce jeune Katangais de 43 ans devra former son gouvernement puis, par la suite, présenter son programme devant la plénière de l’Assemblée nationale avant l’investiture de l’équipe gouvernementale.

Une immense mission pour un gouvernement d’union

Peu après sa nomination, le tout nouveau Premier ministre a été reçu au Palais de la Nation par le chef de l’État, avant de se livrer à son premier face-à-face avec la presse, où il a donné les grandes lignes des défis qui l’attendent. Il s’agit, entre autres, de la sécurité et particulièrement à l’Est du pays, les questions sociales et de développement, la justice, l’accès à l’éducation et à la santé.

Des questions qui nécessitent que l’Etat se dote des moyens de sa politique. Ce qui implique des recettes. C’est pourquoi, le nouveau Premier ministre place son mandat sous le signe de la bonne gouvernance et de rigueur pour lutter contre les antivaleurs et la fraude…

Par ailleurs, l’équipe Lukonde sera appelée à initier des réformes importantes notamment dans le secteur fiscal, dans le cadre des élections et la digitalisation du pays… « Le gouvernement de l’Union sacrée de la nation est un gouvernement au service du peuple. Pour cela, nous allons demander à tout le peuple congolais de l’accompagner pour sa réussite », appelle-t-il.

Mais quels sont les atouts et les limites de ce jeune Premier ministre ?

Pour ses proches, « il incarne la nouvelle génération. Il a des bases solides; il incarne cette nouvelle génération brillante qui fera du Congo un grand pays ». Et, par-delà tout, sa nomination tient un certain équilibre géopolitique : un Katangais succède à un Katangais.

Mais pour ses détracteurs, le message est quelque peu différent. « C’est un figurant. Figurant aux Sports, figurant à la Gécamines, il sera figurant à la Primature. C’est d’ailleurs ce qu’attend le président et son âme damné Kabund du futur Premier ministre ».

Seule certitude, le président, qui se veut désormais comme le patron d’une immense majorité hétéroclite qu’est l’Union sacrée, sera allé puiser dans son cercle restreint pour dénicher le chef de l’exécutif. L’ouverture politique n’est pas là. Le choix de Sama Lukonde Kyenge est le choix du plus petit dénominateur commun.

Après la désignation de Christophe Mboso à la présidence de l’Assemblée nationale congolaise, celle de Sama Lukonde Kyenge à la Primature démontre surtout que l’envie du premier cercle du pouvoir ne pas de s’entourer de personnalités fortes. Ce désir de conserver les rênes du pouvoir à la présidence et entre quelques caciques du parti est l’élément qui est mis en avant par certains détracteurs.

Les félicitations de Moïse Katumbi

Juste après l’annonce officielle, lundi, à Kinshasa, l’ancien gouverneur de l’ex-Katanga, Moïse Katumbi Chapwe, a salué la nomination de Sama Lukonde au poste de Premier ministre.

« Toutes mes félicitations au Premier ministre Sama Lukonde ! Je lui souhaite plein succès dans ses lourdes charges parmi lesquelles paix & sécurité pour tous les Congolais demeurent le défi majeur de l’action gouvernementale. Que Dieu le guide dans ses responsabilités d’État ! », a écrit Moïse Katumbi dans un tweet.

Selon des informations concordantes, Moïse Katumbi, allié du président Félix Tshisekedi au sein de la coalition de l’Union Sacrée, aurait refusé de prendre la tête du gouvernement, sur proposition du chef de l’État. A-t-il contribué à la nomination de ce jeune Katangais à la tête de l’exécutif national ?

Rien n’est moins sûr. Car le leader de la formation « Ensemble pour la République » connaît bien le nouveau Premier ministre. En effet, membre du parti politique Avenir du Congo, dont le président Dany Banza est aujourd’hui l’un des ambassadeurs itinérants de Félix Tshisekedi, Sama Lukonde Kyenge avait démissionné en septembre 2015 de ses fonctions de ministre des Sports pour obéir à la consigne de son parti, exclu de la majorité présidentielle pour avoir protesté contre un éventuel troisième mandat de Joseph Kabila. Il a alors milité au sein de l’opposition sous le leadership de Moïse Katumbi dans la coalition G7, qui regroupe les sept partis frondeurs de l’ancienne majorité présidentielle, avant de devenir un proche du président Tshisekedi.

L’homme et son parcours

Ancien ministre des Sports sous Joseph Kabila avant de démissionner du poste en 2015, Sama Lukonde est né le 4 Août 1977 à Paris, en France. Il baigne dans la politique depuis son plus jeune âge. Fils de Faustine Mwansa et de Stéphane Lukonde Kyenge, une figure emblématique de la politique katangaise, assassiné en 2001. Le jeune Sama s’est engagé formellement dans la politique en 2003 et a entamé son parcours en tant que député national trois ans plus tard. Un poste qu’il a conservé jusqu’en 2011. En 2019, il avait succédé à Jacques Kamenga Tshimuanga à la tête du géant minier congolais, la Gécamines.

Sur le plan professionnel, cet ingénieur de formation – qui a notamment effectué des stages à la Gécamines – débutait sa carrière en Afrique du Sud, au sein de la société Multi Choice Africa, avant de rentrer en RDC en 2001 où il a œuvré dans le secteur minier jusqu’en 2004. Il a été par la suite, entre autres, gestionnaire de l’usine de cuivre Small Minerals Services puis consultant dans plusieurs sociétés minières privées dont Métal Mines, Huashin et Rubamin.

Membre du parti politique Avenir du Congo, dont le président Dany Banza est aujourd’hui l’un des ambassadeurs itinérants de Félix Tshisekedi, Sama Lukonde Kyenge avait démissionné en septembre 2015 de ses fonctions de ministre des Sports pour obéir à la consigne de son parti, exclu de la majorité présidentielle pour avoir protesté contre un éventuel troisième mandat de Joseph Kabila.

Il a alors milité au sein de l’opposition sous le leadership de Moïse Katumbi dans la coalition G7, qui regroupe les sept partis frondeurs de l’ancienne majorité présidentielle.

Le potentiel

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