Deux semaines après l’annonce d’une non candidature de Joseph Kabila à la présidentielle, le comité Laïc de coordination écrit au secrétaire général des Nations Unies mais aussi aux responsables de plusieurs intances interationales pour mettre en garde contre un processus électoral bradé source de tous les chaos en RDC et dans toute la région.

Jusqu’au 8 août en milieu de journée, le doute était permis. Le silence du président Joseph Kabila sur ses intentions étaient de mise. La majorité présidentielle, en présentant le candidat Emmanuel Shadary Ramazani, a coupé le cou à tous ces scénarios.

Le Comité laïc de coordination (CLC), qui a notamment été la cheville ouvrière des marches pacifiques réprimées dans le sang fin 2017 et début 2018, avait annoncé des journées de mobiisation en cas de candidature de Kabila. La non présence du président hors mandat sur la ligne de départ enterrait cette mobilisation.

La majorité a réussi à faire retomber la pression qui était maximale dans tout le pays par cette annonce. Mais l’effet d’annonce a rapidement fait place à un autre constat relevé, dès la semaine suivante à Windhoek par les pays de la SADC et encore ce mardi 21 août par le conseil oecuménique des Eglises, ce retrait de Joseph Kabila n’est pas une fin en soi, ce n’est qu’une étape – vitale et minimale – sur le chemin qui doit mener la République démocratique du Congo à des élections vraiment démocratiques et libres.

Le Comité laïc de Coordination ne dit rien d’autre dans son courrier daté du 22 août. Comme tous les acteurs ou les spectateurs de la crise politique congolaise, le CLC se félicite du retrait de Kabila, avant de se lancer dans une longue énumération des autres passages obligés pour atteindre l’objectif final.

Le CLC rappelle et regrette que pour à la non candidature de Kabila, il a fallu le « sacrifice des centaines de morts et de blessés ainsi que des arrestations et détentions arbitraires massives qui auraient pu être évitées ». Dans la foulée, il félicite et remercie la communauté internationale pour son engagement dans ce processus mais il doit constater, comme la SADC et le Comité oecuménique avant lui, « que ce geste (la non participation de Kabila) n’apporte qu’une assurance limitée (…) Si on n’y prend garde, il pourrait occulter la nécessité et l’urgence de s’attaquer à d’autres problèmes préoccupants dont la persistance continue à éloigner le processus électoral de son objectif ».

Et de rappeler les élements essentiels de l’Accord de la Saint-Sylvestre qui n’ont toujours pas été rencontrés et qui, pourtant, sont vitaux comme l’inclusivité (exclusion de Katumbi et menace contre d’invalidation contre Bemba voire contre Tshisekedi). ET le CLC de mettre en garde : « L’exclusion de Moïse Katumbi, celle programmée de Jean-Pierre Bemba, de Félix Tshisekedi (…) est de nature à embraser le pays et l’ensemble de la sous-région.

Le CLC souligne encore l’application biaisée de l’Accord de la Saint-Sylvestre. La majorité y ayant puisé la source de sa prolongation de deux ans au pouvoir mais oubliant clairement la plupart des autres points qui lui sont moijns utilies.

Dans la foulée, le CLC parle ouvertement de la soumission de la Ceni au pouvoir, l’instrumantalisation d’une Cour constitutionnelle façonnée par la Kabilie, le refs de revoir le fichier électoral malgré les conclusions alarmantes des experts de l’Organisation internationale de la Francophonie.

Face à ce constat évident de dérapage annoncé du processus électoral, le CLC met en garde : « Si toutes ces équations ne sont pas résolues dans les jours qui viennent, elles constitueraient en elles-mêmes, les germes de conflits qui, inluctablement, conduiraient vers une crise généralisée, pouvant plonger le pays ainsi que la sous-région dans le chaos. Car il ne ser apas possible de contenir plus longtemps la colère de la population déçue et excédée par le comportement anti-démocratique de ses dirigeants. Faudra-t-il que le sang des Congolais coule à nouveau ? »

Le CLC conclut en mettant en garde et en annonçant que si les voyants ne passent pas au vert, il poursuivra son combat non-violent avant de demander que Kabila et la CENI, présentés comme « des obstacles majeurs à la tenue d’élections crédibles en RDC « , soient « déchargés de leurs prérogatives dans la gestion du processus électoral », et de « solliciter l’Onu et l’UA d’assurer le parachèvement de ce processus électoral de tous les dangers, en collaboration avec une expertise congolaise exempte de toute ambition électorale et ayant un sens d’abnégation confirmé »…

Lettre CLC au secrétaire général de l’onu

La Libre Afrique

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