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Pour le présidium de cette plateforme de l’opposition incarnée par le tandem Muzito-Fayulu, les réformes de la loi organique et de la Centrale électorale passent impérativement avant le choix de ses animateurs.

Leaders de Lamuka, Adolphe Muzito et Martin Fayulu rejettent l’option des confessions religieuses de désigner le président de la CENI avant les réformes des lois électorales. Le présidium de cette plateforme l’a fait savoir hier lundi 22 mars via un communiqué dont une copie est parvenue à Forum des As.

Dans ce document, Lamuka estime que lancer l’appel au dépôt de candidatures avant les réformes électorales et de la CENI, est une posture qui donne à croire que les chefs des confessions religieuses n’ont pas tiré les leçons des controverses nées lors de la désignation en mai dernier, de Ronsard Malonda à la tête de cette institution.

«Le Présidium de LAMUKA a suivi avec grand étonnement le message des confessions religieuses en rapport avec la désignation des membres du bureau de la CENI. Le Présidium de LAMUKA a la nette impression que les confessions religieuses n’ont pas tiré des leçons du couac regrettable du mois de mai 2020 qui a porté un discrédit malheureux au niveau de leur plateforme», fait savoir le duo Muzito-Fayulu.

Le présidium de LAMUKA juge cette initiative de «cavalière» et «n’est pas de nature à construire le pays sur la base de l’amour, de la vérité et de la crainte de Dieu comme les églises enseignent tous les jours».

«Le Présidium de LAMUKA est convaincu, comme beaucoup de Congolais, qu’il est impérieux d’adopter de manière consensuelle, par toutes les parties prenantes, la réforme de la CENI avant toute désignation de ses membres. Le Présidium de LAMUKA s’opposera par tous les moyens contre le statu quo inutile que les confessions religieuses veulent imposer à notre peuple», écrivent Muzito et Fayulu, dénonçant dans la foulée le fait que les confessions religieuses veulent par leur démarche plaire à certains commanditaires en mal d’ingérence dans les affaires intérieures de la RDC.

Il y a près de deux semaines, soit le 12 mars, lors d’une conférence au CEPAS, la plateforme a mis sur table sa proposition de réforme de la loi organique de la CENI, « qui de l’avis de beaucoup d’observateurs, permettra d’avoir une centrale électorale effectivement dépolitisée, indépendante et responsable. »

Le 19 mars, les confessions religieuses ont lancé un appel à candidatures au poste de président de la Céni , lesquelles devront être déposées au plus tard le vendredi 9 avril 2021. Un appel qui fait suite à la demande pressante du président de l’Assemblée nationale, Mboso Nkodia Mpuanga qui, le 15 mars à l’ouverture de la session parlementaire, avait exhorté les délégués des confessions religieuses et des partis politiques à accélérer la désignation de leurs représentants pour faciliter les réformes au niveau de la Commission nationale électorale indépendante.

«Si la fois passée le consensus n’a pas pu se dégager autour d’un candidat (président de la CENI), nous osons espérer que, cette fois-ci, les chefs de confessions religieuses dépasseront désormais leur ego et parviendront à designer, dans les meilleurs délais, leur délégué à la Commission nationale électorale indépendante», avait déclaré Mboso Nkodia.

Mi-2020, le choix d’un successeur à Corneille Nangaa Yobeluo, le président sortant de la CENI, avait provoqué des remous sociaux. La CENCO et l’ECC avaient opposé leur veto après la désignation par les représentants des autres confessions religieuses de Ronsard Malonda Ngimbi, un cadre de la CENI sortante. Celle-ci est accusée d’avoir «fabriqué» les résultats des élections présidentielle et législatives de 2018.

Certaines organisations de de la société civile s’étaient également opposées à ce choix, du reste validé par l’Assemblée nationale, alors dirigée par la PPRD Jeanine Mabunda. Le Président de la République, Félix Tshisekedi avait refusé de signer officiellement sa nomination, laissant ainsi Corneille Nangaa continuer depuis d’expédier les affaires courantes, alors que le mandat des membres de l’actuelle Centrale électorale a expiré en juillet 2019.

Didier KEBONGO
Forum des as

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