En République démocratique du Congo, les partis politiques se mettent en ordre de marche, en vue des élections présidentielles, législatives et provinciales, prévues le 23 décembre prochain. Les partis ont jusqu’à la fin du mois de mars pour proposer d’éventuelles coalitions, avec à leur tête un candidat. Comment l’opposition s’organise-t-elle face à une majorité toute puissante ?

A ce stade, quatre noms émergent dans l’opposition. Quatre candidats déclarés ou sur le point de l’être.

Moïse Katumbi a choisi Johannesburg, en Afrique du sud, pour organiser son conclave et lancer son parti politique “Ensemble pour le changement”. Depuis hier, avec quelque 200 militants issus du G7 et de l’Alternance pour la République, il planche sur un projet de société. Moïse Katumbi est populaire, il a les moyens de financer une campagne forte. Le problème, c’est qu’il est en exil. Il ne peut pas rentrer en RDC, car il est poursuivi par la justice congolaise.

Félix Tshisekedi est candidat à la succession de son père Etienne Tshisekedi, au poste de secrétaire général de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS). Il est donc candidat à l’élection présidentielle. Jusqu’à présent, il soutenait Moïse Katumbi.

Vital Kamerhe était arrivé troisième lors de la présidentielle de 2011. Il a annoncé une alliance entre son parti, l’Union des nationalistes congolais (UNC) et le Mouvement de libération du Congo (MLC), parti dirigé par Eve Bazaiba et créé par Jean-Pierre Bemba (condamné à 18 ans de détention par la CPI pour sa responsabilité dans les massacres en République centrafricaine).

Martin Fayulu. Lui, n’a jamais travaillé avec Joseph Kabila et pour cette raison, il a plutôt les faveurs de la jeunesse de Kinshasa.

“Aujourd’hui, l’opposition congolaise est très morcelée, constate Dieudonné Wamu Oyatambwe, politologue, et cela pose un problème de mobilisation politique, car la population ne se retrouve plus dans ces figures d’opposition. C’est pour cela que l’Eglise prend une place aussi importante. L’opposition politique doit prendre conscience de ses responsabilités. Au lieu de former des coalitions et d’annoncer les candidatures, elle devrait s’inquiéter d’abord du processus électoral. Tel qu’il est annoncé, il ne garantit ni la stabilité, ni la transparence.”

Un processus électoral incertain

Le pays entier sera-t-il prêt matériellement pour organiser ces trois scrutins le 23 décembre ? De nombreux observateurs en doutent.

La CENI, la Commission électorale nationale indépendante qui organise les scrutins, a la réputation d’être du côté de la majorité.

Ensuite, l’enrôlement des électeurs a été fait en RDC, mais il n’a pas commencé à l’étranger, au sein de la diaspora.

Les conditions sécuritaires, surtout dans l’Est du pays et dans le Kasaï ne sont pas réunies.

Et puis, le financement de ces élections peine à se mettre en place. Le budget est estimé à 365 millions d’euros. La communauté internationale a fait des promesses de dons, mais elle reste prudente, tant que le contexte politique n’est pas favorable. Ces derniers mois, trois manifestations ont été violemment réprimées. Les autorités ont tiré à balles réelles, faisant une quinzaine de morts. Sans compter les arrestations arbitraires et les coupures des médias.

Les Congolais veulent s’assurer que Joseph Kabila ne se représentera pas à l’élection présidentielle. La Constitution le lui interdit, son deuxième et dernier mandat ayant pris fin en décembre 2016, mais elle l’autorise à rester au pouvoir tant que son successeur n’est pas élu.

Il y a donc deux scénarios possibles, analyse Dieudonné Wamu Oyatambwe, “soit Joseph Kabila propose un dauphin à sa succession, soit il laisse traîner et il restera au pouvoir”.

RTBF

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