Le président de la République tient à faire la part des choses entre la critique politique et les écarts de langage. Subir tous les jugements et les plus sévères mais, épargner spécifiquement la vie privée des officiels. Cas du président et de la Première dame notamment. Une position qui fâche l’opposition.

Pour l’opposition congolaise, la communication présidentielle est un accélérateur vers des tentations dictatoriales. “Nous ne comprenons pas pourquoi le chef a fait une communication orientée uniquement vers l’opposition au moment où le pays fait face à d’autres priorités telles que la guerre, les garanties de consensus autour des élections de 2023 etc”, s’est exclamé un radical opposant.

Pour Prince Epenge, membre de la coalition Lamuka et bras droit de Martin Fayulu, Tshisekedi égale Kabila bis. “Ces propos sont irrespectueux et irresponsables. M. Félix appelle les juges indirectement à arrêter les opposants et à remplir les prisons. Traiter maman Marie de pauvre femme manipulée, sous-entend que la femme congolaise est une incapable, et ne peut agir seule sans être téléguidée. Les Congolais ont vu maintenant la vraie face de Félix. Nous savons qu’il est Kabila bis. Congolais, serez vos ceintures”.

De son côté, un activiste pro-démocratie s’est demandé pourquoi le chef de l’État n’a décidé d’ouvrir les prisons qu’aux seules personnes qui le taquinent, aux seuls opposants?. Ce point de vue est partagé par certains ténors du Front commun pour le Congo qui affirment “craindre que, petit à petit, Tshisekedi ne plonge la nation dans une dérive autocratique dangereuse où seul le parti au pouvoir aura droit aux commentaires politiques de son choix”.

Bâtir la sacralité de l’État et de ses institutions

Du côté de la majorité présidentielle, les propos de Félix Tshisekedi sont plutôt bien accueillis. “Le président ne fait que remettre la pendule à l’heure”, souffle un proche de Bahati Lukwebo pour qui, “la fonction présidentielle est sacrée, il n’est pas question de la traîner dans la boue”. Un cadre de l’Udps s’est félicité que “le président ait tiré les oreilles des prétendus opposants qui ne voient jamais autre chose que la personne sacrée du chef de l’État, dans leurs multiples analyses“. Sur un ton assez ferme, il s’étonne même que ” les anti-Tshisekedi soient tentés d’interdire au président de la République de participer aux cérémonies dédiées à sa propre famille. C’est inacceptable“, estime-t-il.

Concernant l’activation de la justice contre les immoralités verbales outrageantes vis-à-vis de la première institution de la République, les commentaires vont dans tous les sens. Pour les opposants, la prison ne résout pas les problèmes de gouvernance de la République, tandis que pour d’autres, la justice est l’unique instance compétente pour départager les autorités avec leurs adversaires politiques les plus zélés.

Athanase Mwenge
Ouragan

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