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Le suspense reste entier après les consultations présidentielles bouclées depuis le 25 novembre 2020. Pendant qu’une large opinion nationale ainsi que la majorité d’acteurs sociaux et politiques consultés attendent les décisions issues des compilations des memoranda recueillis par le chef de l’État et appellent à la rupture, des députés nationaux du FCC, eux, ont fait leur show médiatique. La centaine présente sur le perron du Palais du peuple affirme qu’ils sont 305 et ils demeurent tous loyaux et fidèles à leur autorité morale, Joseph Kabila, et à la présidente de l’Assemblée nationale, Jeanine Mabunda. Une sortie médiatique qui frise une énième agitation qui traduit un réflexe : celui du chantage. Mieux, la peur de l’heure de la vérité qui va bientôt sonner. Du côté de la présidence de la République, l’on rassure : le discours tant attendu du chef de l’Etat va intervenir sauf changement de dernière minute d’ici au 3 décembre. Et Félix Tshisekedi n’agira pas en dehors de la Constitution, assure Jean-Pierre Wafuana, directeur de la communication du président de la République. Comme pour dire, Félix Tshisekedi est seul face à son destin, un destin qui le lie à tout le pays pour réussir la refondation, sans casse, de l’action gouvernementale.

La Commission chargée de compiler les memoranda ainsi que d’autres suggestions déposées sur la table du chef de l’Etat continue son travail. Ces travaux devraient être bouclés avant le 3 décembre prochain. Ces précisions ont été données, lundi 30 novembre, par le directeur de la communication du président de la République. Intervenant sur Top Congo, M. Jean-Pierre Wafuana souligne que ce délai implique également l’adresse tant attendue du chef de l’Etat qui interviendra sauf imprévu avant la date indiquée.

S’agissant des marges des manœuvres « réduites » dont dispose le chef de l’Etat face à la Constitution, Jean-Pierre Wafuana a été explicite : « Le chef de l’Etat n’a jamais dit qu’il agirait en dehors de la Constitution… Il est question que le président de la République puisse baser ses décisions sur les différents avis… »

On se souviendra que dans son discours d’annonce des consultations, le 23 octobre 2020, le chef de l’État avait fait une promesse ferme de revenir vers le peuple pour lui faire part de ses décisions.

« Ces consultations visent la refondation de l’action gouvernementale autour des principes de participation à la gestion du pays. À l’issue de celles-ci, je reviendrai vers vous, dans une nouvelle adresse, pour vous faire part de mes décisions qui n’excluront aucun cas de figure », avait-t-il déclaré. Mais que va dire Tshisekedi ?

… Et le FCC en embuscade

À lire tous les signaux que lui envoient ses partenaires de la coalition au pouvoir, c’est comme si le président avait entre ses mains une patate chaude. Même s’il s’est avéré que durant les consultations présidentielles, les premières fissures sont apparues dans les murs de la majorité parlementaire de l’ancien président de la République, Joseph Kabila, mais le FCC, sa famille politique dont il est l’autorité morale, ne veut pas perdre sa suprématie absolue au Parlement. Lundi 30 novembre devant la presse, une centaine de députés nationaux du Front Commun pour le Congo ont juré fidélité à leur autorité morale, Joseph Kabila. Dans leur déclaration, ils indiquent qu’ils sont 305. Au cours d’une réunion extraordinaire organisée au Palais du Peuple, siège du Parlement, où ils ont examiné la situation politique en République démocratique du Congo, ils se sont attaqués de manière voilée à ceux qui prônent la rupture. Ces députés FCC condamnent les manœuvres qu’ils qualifient de « bas étage » vouées à l’échec de certains acteurs politiques bien identifiés pour tenter, selon eux, « de changer la majorité parlementaire usant de corruption et de procédés fallacieux condamnables par nos lois, récemment évoqués en plénière de notre institution », peut-on lire dans la déclaration lue par le député national Didi Manara.

Et de poursuivre : « Affirmons qu’au vu du fonctionnement de notre système politique, la majorité parlementaire identifiée pour le Front commun pour le Congo assumera ses responsabilités et rien ne se fera légalement contre elle et sans elle ».

Visiblement, le message est passé comme une énième déclaration de guerre aux consultations que venait d’initier le chef de l’État. Cependant, outre cette guéguerre interne entre les acteurs politiques membres de la coalition au pouvoir, il faudra prendre très au sérieux le chasée diplomatique de ces derniers jours entre le président Tshisekedi et son prédécesseur Joseph Kabila. Puisqu’au-delà de leurs divergences, les partenaires traditionnels du Congo n’ont pas intérêts à laisser pourrir la situation en ce temps post-alternance très fragile.

Quoiqu’il en soit, le président de la République a un serment à préserver. Il l’avait rappelé lors de son discours du 23 octobre. « Je réitère l’engagement de mon serment de ne jamais faillir à cette mission sacrée et de ne jamais trahir le Congo. Je ne laisserai aucun engagement politique de quelle que nature que ce soit primer sur mes prérogatives constitutionnelles et sur l’intérêt supérieur du peuple congolais. Je ne transigerais avec les intérêts supérieurs de la Nation. Je ne céderai jamais la moindre portion de notre souveraineté nationale. Je ne ménagerai aucun effort pour préserver la paix et l’unité nationale. Eu égard à ce qui précède, et considérant que le salut du peuple est la loi suprême ». C’est certainement sur ce chapelet d’engagements que le peuple l’attend au tournant pour voir sa sincérité et son courage politique à prendre de la hauteur.

En attendant, le peuple garde encore son souffle, car ne sachant ni le contenu ni la quintessence du message que va lui adresser le chef de l’État cette semaine en rapport avec les consultations. Le suspense et le mystère demeurent donc entiers.

Le Potentiel

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