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La banque « à scandale » (BGFIBANK RDC) rassure, dans un communiqué publié le 20 novembre 2021, l’ensemble de ses clients et partenaires quant à sa situation financière.

Éclaboussée dans une enquête des 19 médias, la banque du « président » parle, toute honte bue, de fausses rumeurs savamment véhiculées dans la presse et les réseaux sociaux visant à nuire à son image et à sa réputation.

« Notre banque dispose des ressources nécessaires à la poursuite et à l’extension de ses activités. Depuis plusieurs mois, notre filiale a initié un plan d’investissements pour accélérer ses ambitions en RDC et s’engage toujours plus fortement aux côtés des entrepreneurs et des ménages congolais », lit-on dans le communiqué.

Sommée par la Banque centrale du Congo de rembourser sa créance, la BGFIBank RDC assure bénéficier du soutien plein et entier du Groupe BGFIBank, premier groupe financier d’Afrique centrale qui a fêté ses 50 ans cette année et qui dispose d’un total de Bilan de 7 milliards de dollars et des fonds propres évalués à 800 millions USD.

Dans une opération purement marketing, la filiale du groupe BGFIBANK Holding rappelle qu’aujourd’hui, comme toujours, « c’est avec ce soutien et par nos fondamentaux solides que nous mettons notre expertise de banque à la disposition des particuliers et des entreprises de RDC ».

Dans un récent communiqué, la Banque centrale du Congo (BCC) a invité la BGFIBANK à redresser sa situation financière qui est jugée nébuleuse. Dans une lettre adressée au directeur général de cette banque, la gouverneure de la BCC, Mme Mulanga Kabedi Mbuyi fait observer que le résultat provisoire fin septembre est négatif, soit de l’ordre de 3,8 millions de dollars américains.

La Banque des banques note que la BGFI n’est point rentable. Aux yeux de Mme Kabedi, cette situation est induite notamment par l’évolution de leurs charges de structure élevées, lesquelles absorbent l’essentiel de la production bancaire et dégagent un coefficient d’exploitation de 122,60% qui continue à éroder davantage leurs fonds propres réglementaires qui sont situés à 29,91 millions de dollars américains.

La gouverneure de la BCC rappelle que cette institution est tenue, d’une part, de prendre des mesures idoines pouvant renforcer à bref délai sa situation financière, et d’autre part, d’élaborer un plan réaliste de remboursement de la créance de la Banque centrale du Congo. Par conséquent, elle a convié ses responsables à une séance de travail sur les questions sus-évoquées dans un bref délai.

Selon les enquêteurs de Congo Hold-up, comme au Gabon et au Congo-Brazzaville, la BGFIBank RDC est la banque du président. En 2010, quand cette enseigne s’installe à Kinshasa, la sœur de Joseph Kabila, Gloria Mteyu, reçoit gratuitement 40% du capital. En 2013, Francis Selemani, son frère adoptif, devient le directeur général de BGFI RDC. Ils conserveront ces positions et avantages au moins jusqu’en mai 2018. L’analyse des documents Congo Hold-up montre comment la famille Kabila et ses associés ont reçu, avec la complicité de la BGFI, 138 millions de dollars des caisses de l’État entre 2013 et 2018. Ces détournements présumés de fonds publics sont l’équivalent de 250 000 années de salaire moyen en RDC.

À cela s’ajoutent des dépôts colossaux d’argent : 33 millions de dollars déposés en liquide, et 72 millions d’origine inconnue qui ont transité par le compte de la BGFI à la Banque centrale du Congo (BCC). Sur le total de cet argent public, Sud Oil joue un rôle important, car cette société a encaissé, avec ses sociétés satellites, plus de 150 millions de dollars, dont 28 millions de cash et 92 millions d’argent public sur leurs comptes à la BGFI.

L’histoire du groupe BGFI est marquée par des scandales de corruption et de blanchiment d’argent impliquant des autocrates africains et des entreprises européennes. Cette banque, au passé sulfureux lié à l’affaire des « biens mal acquis », a déjà été épinglée à la suite des fuites de documents dont la plus importante jusqu’ici était en 2016 les « Lumumba Papers ».

BGFIBank RDC est une filiale détenue à 100% par BGFI Holding Corporation, société tête du Groupe BGFIBank, groupe panafricain présent en France et dans 11 pays en Afrique résolument engagé pour le développement du continent.

Landry Amisi
Ouragan

DiaspoRDC TV

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