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Le Premier ministre, Jean-Michel Sama Lukonde, a échangé hier mercredi 9 mars, avec les parlementaires membres de la Commission défense et sécurité de l’Assemblée nationale. Au menu de cette rencontre élargie à certains membres du Gouvernement, au chef d’état-major général des FARDC et au Commissaire général de la police, les recommandations de ladite commission sur l’état de siège en Ituri et au Nord-Kivu.

«Nos échanges aujourd’hui avec le Premier Ministre ont porté sur l’état de siège décrété par le Président de la République en Ituri mais aussi au Nord-Kivu. Comme vous le savez, la commission Défense et Sécurité de l’Assemblée nationale, pendant la session de septembre, avait procédé à l’évaluation de l’état de siège. Il y a des recommandations qui avaient été faites au Gouvernement et nous sommes en train de nous rassurer à travers les différentes rencontres que nous avons initiées, que ces recommandations sont en train d’être respectées et observées. C’est très important parce que l’observation de ces recommandations, va permettre à l’état de siège de s’améliorer dans sa partie opérationnelle et ainsi atteindre l’objectif pour lequel il avait été décrété, à savoir, restaurer la Paix et la Sécurité à l’Est de la République qui est un souci majeur pour toutes les institutions, le Gouvernement, le Parlement mais aussi le Président de la République», déclare le député Mubonzi, cité par la dépêche de la cellule de communication de la Primature.

Nombre de Congolais qui ont suivi cette information sur leur petit écran ou, pour certains, à la radio, voudraient savoir si cette séance de travail va aplanir le malentendu entre l’Exécutif et les députés nationaux de ces deux provinces concernées par l’état de siège.

Déjà prorogée à plusieurs reprises, cette mesure exceptionnelle prise le 6 mai par le Chef de l’Etat pour permettre d’endiguer l’interminable cycle de violence dans cette partie du pays, est de plus en plus critiquée par la société civile et une partie de la classe politique qui sollicitent sa requalification…

Les élus de l’Ituri et du Nord-Kivu se font régulièrement l’écho du malaise qui prévaut au sein de la population par rapport à l’état de siège. Selon une bonne frange de l’opinion locale, loin d’apporter davantage de sécurité, cette mesure exceptionnelle ne produirait pour l’instant, à ses yeux, que le résultat mitigé.

Aussi, se rappelle-t-on, les députés chargés d’évaluer l’efficacité de cette mesure sécuritaire en Ituri et au Nord-Kivu, avaient interpelé quelques membres du Gouvernement concernés par la gestion de l’état de siège : Gilbert Kabanda Rukemba (Défense nationale et Anciens ciombattants), Rose Mutombo Kiese (Justice), Jean-Claude Molipe Mandongo (Vice-ministre de l’Intérieur), Nicolas Kazadi (Finances) et Aimé Boji Sangara Bamanyirwe (Budget). Ils avaient clôturé leurs travaux en adoptant une série de plusieurs recommandations qu’ils avaient déposées au bureau du speaker de l’Assemblée nationale, Christophe Mboso.

Selon des sources, la commission présidée par le député Bertin Mubonzi aurait suggéré d’abord de solliciter en urgence auprès du Commandant, la restructuration profonde et le renouvellement de la chaîne de de commandement militaire. Elle aurait appelé aussi l’Assemblée nationale à solliciter, auprès du Chef de l’Etat, un remaniement à tous les niveaux stratégiques mais aussi opérationnels dans les provinces concernées par l’état de siège.

Ce n’est pas tout. Pour marquer leur désapprobation avec le Gouvernement dont ils disent ne pas les écouter, les élus de ces contrées avaient suspendu même leur participation aux débats à l’Hémicycle.

Plutôt qu’une rencontre entre le Premier ministre Sama Lukonde et ces députés de l’Ituri et du Nord-Kivu, l’Assemblée nationale ferait œuvre utile en organisant un débat général sur l’évaluation de cette d’exception avec tous les acteurs directement concernés par cet état de siège.

Dans deux mois, ça fera une année que ces provinces vivent sous ce régime d’exception qui par nature ne devrait pas être pas être long. Et cela coïncide avec une année électorale. Ce qui voudrait dire qu’il faille étudier les voies et moyens de les sortir de cet état de siège pour leur permettre de retrouver une vie normale afin de participer aux élections.

Alors que les parlementaires effectuent leur rentrée le mardi 15 mars courant, le rapport qui se trouve sur le bureau du président Christophe Mboso, préconise d’obtenir du gouvernement un plan de sortie de l’état de siège avant une énième prorogation.

Didier KEBONGO
Forum des as

SOMBA,TEKA Ofele

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