Dr Denis Mukwege: “Nous sommes dirigés par des gens qui ne nous aiment pas”

Le célèbre gynécologue congolais qui soigne les femmes violées dans l’est de la République démocratique du Congo s’est emporté, le week-end dernier, en dénonçant le refus de Kinshasa de participer à une conférence des donateurs.

“Quand on voit l’état des malades que nous soignons ici, et que le gouvernement congolais refuse de participer à une conférence pour lever des fonds en faveur des déplacés en RDC, je considère que c’est un nouveau scandale”, a déclaré le Dr Denis Mukwege à la presse, dans son hôpital Panzi de Bukavu (est) où il a reçu le commissaire européen à l’Aide humanitaire, Christos Stylianides.

Une conférence sous l’égide de l’Union européenne et de l’ONU est annoncée le 13 avril, à Genève, pour lever 1,7 milliard de dollard en faveur de l’action humanitaire en RDC. Kinshasa a refusé d’y participer, estimant que le niveau de la crise humanitaire dans le pays n’est pas aussi “excessif” que le prétend l’ONU, qui a classé la RDC parmi ses urgences absolues, a déclaré, le 30 mars, le Premier ministre par interim, José Makila.

“Quand on sait que nos frères du Kasaï ont tout perdu, et qu’une famine est annoncée, avec des dizaines de milliers d’enfants qui vont mourir de faim s’il n’y a pas d’aide humanitaire; quand on voit tous les villages détruits en Ituri (…) sans soutien du gouvernement congolais; si le gouvernement congolais en plus de cela refuse à la communauté internationale de lever des fonds pour aider sa population, c’est tout à fait criminel”, s’est emporté le Dr Mukwege, l’une des voix de la société civile congolaise.

Son hôpital à Bukavu peut recevoir jusqu’à quatre cent cinquante patientes, dont deux cents femmes victimes de viols perpétrés par les miliciens actifs dans les deux provinces du Kivu. “En 2015, on avait observé une diminution sensible des violences sexuelles. Malheureusement, depuis fin 2016-2017, il y a une augmentation. Le profil des victimes a changé. Le pourcentage d’enfants violées a augmenté et cela nous inquiète beaucoup”, a-t-il dit.

Adiac-Congo

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