Ecoutez cet article

A n’en point douter. C’est une grosse prise. A la pêche depuis l’année dernière, Félix-Antoine Tshisekedi devait l’avoir senti à son hameçon. Lambert Mende Omalanga. C’est bien lui. Pas son sosie.

Par la symbolique et par son poids politique sur les terres de Lumumba, l’ ” homme au verbe facile ” n’est pas n’importe qui. Adulé par les uns et honni par les autres, Mende ne laisse personne indifférent.

Dans son registre de porte-parole, il n’a pas d’égal. Pour les plus jeunes, c’est depuis l’Union sacrée de l’opposition radicale et Alliés version Tshisekedi père que Lambert Mende excelle dans son ministère de porte-parolat. Porte-voix du Gouvernement Tshitshi, porte-parole sous Joseph Kabila. Toujours qvec le même brio.

C’est cette figure emblématique du paysage politique rd congolais qui va désormais battre pavillon Union sacrée de la Nation. Dans une interview à Jeune Afrique, le député le mieux élu et réélu de Lodja donne les raisons de son … choix et les conditions de son adhésion. FDA

“Nous avons insisté sur la préservation de la dignité, de l’honneur et de la sécurité du Président Kabila”

SBT : Pourquoi avoir décidé de vous rallier à l’Union sacrée ?

LMO : Nous avons résolu de participer et d’apporter notre appui à la coalition gouvernementale élargie dénommée Union sacrée de la nation pour mettre fin à la crise politico-institutionnelle qui plombe depuis plusieurs mois l’émergence de la RDC et pour contribuer au rétablissement de la cohésion nationale ainsi qu’à l’éradication du climat délétère provoqué par les polémiques stériles et fratricides qui menacent nos Intérêts Nationaux.

Quelles étaient les conditions posées pour ce ralliement ?

Elles sont de trois ordres. D’abord, relativement à la nature de cette initiative qui doit être une coalition ouverte aux entités politiques (partis, regroupements) désireuses de négocier un programme de gouvernement avec le Président de la République conformément aux dispositions pertinentes de la Constitution (article 91). Ensuite, nous avons demandé au Chef de l’Etat de s’impliquer pour faire abandonner toute idée de chasse aux sorcières que caressent ouvertement un certain nombre de ses partisans à l’encontre des membres du Front Commun pour le Congo (FCC). Enfin, nous avons insisté sur la préservation de la dignité, de l’honneur et de la sécurité du Président de la République honoraire Joseph Kabila Kabange pour le rôle déterminant qu’il a eu à jouer aussi bien dans l’élan de stabilisation et de normalisation impulsé en RDC au cours des 18 dernières ainsi que dans l’alternance démocratique dont le pays a bénéficié il y a deux ans.

Avez-vous informé en amont l’ancien président de votre décision ?

Mon audience auprès du président Tshisekedi ayant eu pour objet principal des questions relatives à la société publique Lignes Maritimes Congolaises dont je préside le Conseil d’Administration et ces questions politiques ayant été abordées subsidiairement en ma qualité de président du Regroupement Alliance CCU & Alliés et non pour le compte du FCC, je n’avais pas à solliciter le quitus préalable de l’Autorité morale de cette dernière plateforme car notre adhésion à celle-ci n’a jamais eu pour conséquence de réduire notre liberté de pensée ou d’expression.

Au sein de l’Union sacrée vous allez être appelé à collaborer avec des personnalités dont vous avez critiqué les positions pendant de nombreuses années en tant que ministre de la Communication. N’y a-t-il pas contradictions ? C’est curieux que vous zappiez les deux dernières années (2019 et 2020) au cours desquelles l’Alliance CCU & Alliés que je préside a fait partie d’une même majorité parlementaire et d’un même gouvernement que la plupart de ces personnalités, notamment celles de l’UDPS, le parti présidentiel. Laissez-moi vous dire que ce n’est pas de gaieté de cœur que nous avons entendu le Président de la République mettre fin à cette coalition FCC-CACH à laquelle nous avons bel et bien appartenu. Il n’y a donc aucune contradiction pour nous à chercher à sauver la cohésion nationale dont le pays a le plus grand besoin aujourd’hui.

SBT : Après avoir été ministre pendant de très nombreuses années de Joseph Kabila, vous faites donc le choix de vous retrouver dans le camp opposé à celui de l’ancien président. Ne craignez-vous pas d’être taxé d’opportunisme ?

Votre question ma paraît tendancieuse. J’ai bien sûr été ministre du président Joseph Kabila après avoir servi comme ministre dans d’autres gouvernements dont ceux du défunt Dr. Etienne Tshisekedi et de M. Léon Kengo Wa Dondo. A ce jour, mon parti, la CCU a un Ministre (André Lite, en charge des Droits Humains) dans le Gouvernement Ilunga Ilunkamba constitué par le président Félix Tshisekedi. Il ne faut pas avoir une conception trop individualiste des faits politiques. C’est un choix que nous avons librement fait début 2019 sans encourir cette critique d’opportunisme. Maintenant que le Président de la République a décidé de mettre fin à ce partenariat qui, malgré ces difficultés, est toujours en place notre devoir est de chercher les voies et moyens d’éviter au pays le chaos dans lequel il risque de plonger si rien n’est fait notamment pour revenir à une certaine cohésion entre nous, lumumbistes et le Président qui est à la tête d’un parti de gauche comme nous malgré les quelques différends exacerbés par des questions de tempérament qui, du reste, ne nous ont pas empêché d’arriver à une synthèse qui nous a permis de gouverner ensemble depuis 2019.

SBT : Depuis la chute du bureau de Jeanine Mabunda, plusieurs membres du FCC ont appelé à une refonte du fonctionnement de cette plateforme politique. Qu’est ce qui n’a pas fonctionné au FCC ?

Comme toute entreprise humaine, le FCC est appelé à connaître des hauts et des bas. J’attribuerai les revers subis par cette grande plateforme politique aux frustrations justifiées ou non d’un certain nombre de sociétaires, particulièrement des élus dont beaucoup, arrivés aux institutions délibérantes nationales ont été trop réceptifs aux pressions diverses de ceux qui souhaitaient affaiblir la famille politique de Joseph Kabila. Mais la responsabilité de ces revers incombe aussi à une trop forte distanciation de son autorité morale qui n’a ni pris lui-même en mains sa gestion quotidienne même après avoir quitté les affaires, ni mis en place une équipe pour ce faire avec une répartition claire des tâches.

Comment le FCC peut-il se renouveler ?

En tout état de cause, la RDC notre pays ne peut pas se passer de débats démocratiques. Une froide autopsie et une introspection s’imposent pour permettre aux forces lumumbistes d’offrir à la Nation les services qu’elle est en droit d’attendre d’elles.

En quoi l’Union Sacrée est-elle différente du FCC?

Le FCC, conçu au départ comme une plateforme électorale avant de se muer en une plateforme politique ‘de facto’ a au moins présenté à ceux qui y adhéraient une charte constitutive même si il lui a manqué in fine la structuration organisationnelle qui lui aurait permis de fonctionner en faisant participer de manière adulte et responsable tous ses membres à la poursuite de ses objectifs. L’Union sacrée de la nation dont nous savons maintenant qu’elle est une large coalition gouvernementale devra pour sa part faire élaborer par tous ceux qui acceptent d’y participer un programme de gouvernement dont il appartiendra au président de la République qui en est l’initiateur de suivre la mise en œuvre au jour le jour, au risque de se déliter.

Que devraient être les priorités de l’Union Sacrée?

Les priorités de cette nouvelle coalition devraient à mon avis tourner autour d’un vaste rassemblement de toutes les énergies disponibles au service du social du peuple congolais, de la sécurité du territoire national, du développement intégral et de la lutte contre les antivaleurs qui ont tendance à s’installer dans notre vécu quotidien.

Avec sa majorité possible, l’Union Sacrée peut-elle s’attaquer aux réformes, lesquelles ? Revenir à l’élection présidentielle à deux tours, CENI, loi sur les statuts des anciens présidents de la République

A chacune des composantes de décliner les segments du programme à mettre à jour. En ce qui nous concerne, nous attachons beaucoup d’importance aux mesures susceptibles de garantir et consolider la transparence du processus électoral, l’indépendance de la magistrature par la soumission des juges à la seule autorité de la loi et de favoriser la réconciliation nationale grâce à l’instauration de la justice transitionnelle. S’agissant des élections, l’idéal serait que les gouverneurs de provinces et les sénateurs soient également élus au scrutin universel direct pour expurger définitivement les pratiques honteuses de corruption qui les ont souvent entachées.

Forum des as

LAISSER UNE RÉPONSE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
Veuillez entrer votre nom ici