Moïse Katumbi estime que l’actuelle instabilité qui sévit en République Démocratique du Congo est causée par le président Joseph Kabila.
« Le jour où Kabila partira, il y aura la stabilité en RDC« , souligne le candidat de la plateforme Ensemble pour le changement, réitérant que que le président Kabila est l’indice de l’instabilité du pays.
« Les cinq millions sept cents milles déplacés internes dans notre pays, c’est à cause de Kabila« , ajoute Katumbi, qui affirme revenir en RDC dans au mois de juillet en vue de battre campagne pour les prochaines présidentielles.
« Celui qui va traverser traverser de l’autre côté en travaillant avec le pouvoir contribuera à l’instabilité du Congo« , a déclaré Moïse Katumbi, indiquant que le pouvoir a contacté plusieurs opposants afin de baliser la voie du glissement.
Moïse Katumbi, qui estime qu’actuellement les stratégies de la majorité présidentielle consistent à chercher les prétextes, rappelle que la machine à voter ne sera pas accepté dans le déroulement des élections.
Moise Katumbi commente la réunion de la double réunion de Troïka des chefs d’Etats et des gouvernements membres de la SADC à laquelle le président Congolais Joseph Kabila a pris part le 24 avril à Luanda.
Moise Katumbi accuse Kabila d’avoir profité de cette réunion pour nourrir la SADC des faux espoirs sur la tenue effective des élections en RDC auxquelles il n’a pas droit de se présenter.
«En 2016, il devrait organiser les élections, il ne les a pas fait. En 2017, il ne les a pas organisé. Et à Luanda il est allé mentir qu’il allait organiser les élections, voyons voir. C’est un manque de respect vis-à-vis de ses homologues. Mais j’espère que cette fois-ci, il n’y aura pas de raison. Parce que je sais qu’il est en train de réfléchir comment il va retarder les élections (…)», a déclaré l’ancien gouverneur de Katanga qui séjourne au Rwanda où il a participé à la cérémonie de remise du prix Mbo Ibrahim.
A l’issue de la double réunion de Troïka des chefs d’Etats et des gouvernements à Luanda, la SADC avait décidé de renoncer à sa décision de dépêcher un envoyé spécial en RDC notamment pour le suivi de l’évolution du processus électoral. Une position saluée par la majorité présidentielle qui a parlé d’une preuve cinglante de la reconnaissance méritée des efforts des autorités congolaises en faveur du processus électoral.
Bruno Tshibala estime que le processus électoral se déroule normalement et félicite la Commission électorale nationale indépendante (CENI) pour le travail accompli. En marge d’une visite effectuée ce vendredi 27 avril 2018 au siège de CENI, il s’est dit même comblé.
« Je félicite la direction de la CENI pour les efforts faits pour nous permettre d’atteindre le point d’orgue de ce processus. Avec les explications qui viennent de m’être fournies par le président de la CENI, je rentre comblé. Le processus se déroule normalement (…) Dans le cadre d’exécution de la division du travail, chacun s’acquitte convenablement de ses attributions. Je devais écouter, voir et après avoir écouté, après avoir visité presque tous les services, je conclus que tout se passe très bien et j’en suis satisfait », a-t-il dit.
Il a encouragé l’utilisation de la machine à voter et a réitéré la volonté du gouvernement de financer entièrement le processus électoral.
« La sécurisation du processus électoral et son financement sont de la responsabilité du gouvernement de la République, et même les attentes des membres de la plénière de la CENI sur la création des cours d’appel dans les nouvelles provinces issues du découpage pour examiner les contentieux électoraux», a affirmé le Premier ministre au président de la CENI, Corneille Nangaa Yobeluo,
Fin mars, le gouvernement avait annoncé avoir bouclé le montage du financement des élections de décembre 2018.
L’opposant congolais Moïse Katumbi, en exil depuis deux ans, a déclaré que le président Joseph Kabila ne lui faisait « pas peur » depuis le Rwanda voisin de la République démocratique du Congo.
« Maintenant que je suis au Rwanda, ils vont inventer d’autres fausses accusations parce qu’ils n’aiment pas le Rwanda. Mais juillet arrive à grand pas. Je vais revenir en RDC et Kabila ne me fait pas peur », a déclaré devant la presse à Kigali M. Katumbi, candidat déclaré à l’élection présidentielle du 23 décembre.
Les candidats à la présidentielle doivent déposer leur dossier en juillet.
M. Katumbi risque la prison s’il rentre en RDC après avoir été condamné dans une affaire immobilière dont il conteste tout fondement. Il est par ailleurs accusé d’avoir recruté des mercenaires et d’avoir détenu la nationalité italienne, alors que la nationalité congolaise est exclusive.
« Si Kabila ne permet pas la tenue des élections, comme nous le soupçonnons parce qu’il ment beaucoup, eh bien il y a l’Union africaine et la communauté de développement d’Afrique australe (SADC). Nous nous tournerons vers elles pour qu’elles agissent », a-t-il déclaré.
Le deuxième et dernier mandat du président Kabila a pris fin le 20 décembre 2016, date à laquelle les autorités n’ont pas organisé d’élections. Des élections prévues fin 2017 ont été repoussées d’un an, officiellement pour cause de violences dans le Kasaï.
Le Rwanda et la République démocratique du Congo entretiennent des relations complexes depuis un quart de siècle. Six soldats congolais ont été tués en février au cours, selon Kinshasa, d’une incursion de soldats rwandais « sur le territoire congolais », une version rejetée par Kigali.
En RDC, la Majorité présidentielle s’est réjouie du comportement des dirigeants de l’UDPS au cours du meeting organisé mardi 24 avril à Kinshasa. Alain André Atundu, son porte-parole, a ainsi salué l’accord intervenu samedi entre le gouvernement, l’UDPS, et la famille politique de feu Etienne Tshisekedi dans le cadre de la décrispation politique et d’apaisement social. A la même occasion, la Majorité présidentielle a rassuré qu’elle sera présente dans la course pour les élections à tous les niveaux, y compris la présidentielle.
Cela ressemble bien à un rappel des troupes. Tous les candidats de la Majorité présidentielle seront désignés conformément au calendrier publié par la CENI, a dit le porte-parole de la Majorité présidentielle. Selon Alain André Atundu, toutes les dispositions doivent être prises pour sauvegarder la cohésion de la Majorité, condition sine qua non pour gagner les élections. Alain André Atundu avertit : « Les aspirations individuelles doivent se soumettre à la volonté commune de garder le leadership de la Majorité présidentielle sur la vie politique de la nation congolaise. »
Le porte-parole de la Majorité a rappelé le protocole de loyauté au président Kabila signé par toutes les plates-formes électorales membres de la famille politique : « Ce qui, en termes clairs, veut dire que Joseph Kabila Kabange est, et reste, l’autorité morale de la Majorité présidentielle même après les élections présidentielles ».
Ce regroupement, selon Alain André Atundu, doit relever le défi de faire aboutir le processus électoral. Et la Majorité se dit prête à affronter dans toutes les conditions tous les adversaires à tous les niveaux des élections. Pour cela, elle insiste sur la discipline dans ses rangs.
Les États-Unis continuent de soutenir la tenue des élections cette année en RDC conformément au calendrier de la CENI. Le sous secrétaire d’État adjoint ad intérim pour l’Afrique centrale auprès du département d’État américain, Christopher Lamora l’a dit jeudi 27 avril 2018 lors d’un échange par vidéoconférence avec des journalistes de la RDC, du Congo et de la Centrafrique.
Christopher Lamora a rappelé que l’administration Trump tient à l’organisation des élections libres, équitables et pacifiques en décembre 2018, tel que dit par l’ambassadrice des USA, Nikki Haley lors de son séjour en octobre de l’an dernier en RDC.
“Les USA sont en faveur d’élections libres, équitables et pacifiques. La priorité de l’administration en RDC est d’appuyer la stabilité par les élections crédibles et inclusives. Nous ne pouvons pas avoir peur de faire pression sur le gouvernement, la commission électorale et l’opposition pour que le peuple congolais obtienne l’alternance pacifique démocratique qu’il mérite”, a déclaré Christopher Lamora.
Pour les États-Unis, au-delà des élections, les autorités congolaises doivent conjuguer des efforts en vue d’obtenir la stabilité du pays.
“Les élections sont nécessaires mais pas suffisantes pour régler les nombreux défis auxquels la RDC est confrontée, dont l’insécurité dans l’Est du pays et dans d’autres régions”, a ajouté sous-secrétaire d’État adjoint ad intérim pour l’Afrique centrale auprès du département d’État américain.
Les journalistes de la RDC, du Congo et de la RCA ont échangé par vidéoconférence avec ce haut responsable américain en marge d’une session de formation organisée par l’ambassade des USA à Kinshasa, IREX et l’Ong Journaliste en Danger (JED).
En visite en RDC en octobre 2017, Nikki Haley ambassadrice des USA aux Nations-Unies avait menacé que la RDC n’aurait plus le soutien de la communauté internationale en cas de la non-tenue des élections en 2018.
La présence de l’opposant congolais à Kigali, « chez Paul Kagame » suscite une vive polémique sur les réseaux sociaux en République démocratique du Congo.
Au Congo, seules deux choses unissent tous les Congolais: la défaite des Léopards, équipe nationale de football, et la désignation de Paul Kagame comme l’ennemi public numéro 1. Si la première assertion n’est pas très définitive, malheur à celui qui osera s’afficher aux côtés du président rwandais.
Tout sauf Kagame
En effet, 20 ans après l’arrivée de la coalition de l’AFDL et les plusieurs tentatives d’agression, le Rwanda incarne toujours, et à raison, l’image du traître, de l’agresseur, au Congo. Ainsi, s’afficher l’autre côté de la frontière du Nord-Kivu est crime de lèse-majesté en RDC. Joseph Kabila en sait sans doute quelque chose, lui qui traîne une image « copains-copains » avec Paul Kagame, au point d’être accusé, selon les plus complotistes au pays, d’être « à la solde du puissant président rwandais ».
C’est donc dans ce contexte que l’opposant Moïse Katumbi Chapwe, candidat déclaré à la prochaine présidentielle, a eu la bonne mauvaise idée d’accepter une invitation de la fondation Mo’ Ibrahim, pour participer à une « conférence » sur la bonne gouvernance à Kigali, capitale rwandaise et très détestée au Congo. A l’annonce de la nouvelle, beaucoup foncent les surcils sur les réseaux sociaux.
« C’est pas bon de tout justifier. Surtout lorsqu’il s’agit d’une visite à Kigali de Kagame pour parler alternance démocratique. Il y a des esprits qui ne marchent pas avec ces incohérences. De grâce, ne violez pas notre structure mentale. S’il vous plaît », tonne l’avocat Firmin Yangambi depuis la prison centrale de Makala où il purge une peine à cause de…. Kabila !
Les fameux « gros moyens »
Comme lui, plusieurs autres ne comprennent pas cette décision. Pire, elle intervient après une intervention très intéressante de son bras droit, Pierre Lumbi, ancien Conseiller Spécial du président Kabila en matière de Sécurité. Dans une intervention publique jeudi à Kinshasa, le vice-président de la coalition électorale « ENSEMBLE » a simplement promis de « gros moyens » pour chasser Joseph Kabila du pouvoir s’il n’y avait pas d’élections le 23 décembre.
Par ailleurs, ces gros moyens coïncident avec des accusations du pouvoir congolais, énièmes accusations, qui veulent que Moïse Katumbi ait « un peu » financé l’ex-colonel FARDC John Tshibangu durant ses multiples tentatives de rebellion contre Kinshasa. Pour corser l’addition, des rumeurs ont envoyé Moïse Katumbi et Antipas Mbusa, ancien rebelle et proche de Kagame, à Kigali en février dernier, soit disant à la recherche d’un soutien pour créer une nouvelle rébellion dans l’est.
Du calme, clament des proches de Katumbi dont les rumeurs étonnent et pourraient faire rire. « Cette invitation de la fondation Mo’ Ibrahim ne date pas d’aujourd’hui. C’est quelque chose qui est prévu depuis longtemps », explique-t-on.
La faute à Ibrahim Mo
En effet, le leader d’ENSEMBLE n’en est pas à sa première participation aux conférences organisées par cette fondation internationale de Mohamed « Mo » Ibrahim, un milliardaire anglo-soudanais et entrepreneur dans le domaine des télécommunication, qui a initié en 2016 un prix pour la bonne gouvernance. Moïse Katumbi intervenait déjà le 21 novembre 2015 au même forum, qui s’est déroulé cette fois-là à Accra au Ghana.
Les deux hommes ont gardé des solides liens d’amitié puisqu’en novembre 2017, M. Ibrahim s’est même attaqué au pouvoir congolais dans une interview, estimant que le président Joseph Kabila serait la première victime en cas de non tenue des élections à la fin de cette année-là en RDC.
Par ailleurs, Moïse Katumbi a tenu à rappeler la semaine dernière son attachement à un combat démocratique. « Mon combat est démocratique et ma seule rébellion consiste à réclamer la tenue des élections libres et inclusives dans mon pays », a-t-il dit à Jeune Afrique.
L’Ambassade des Etats-Unis à Kinshasa a salué vendredi la Commission électorale nationale indépendante (CENI) au lendemain de la présentation de son exposé sur le fichier électoral à l’Assemblée nationale.
Dans un tweet publié vendredi 27 avril, les Etats-Unis ont salué « l’engagement » de la CENI à organiser les élections attendues à la fin de cette année. « L’Ambassade des Etats-Unis à Kinshasa félicite la CENI pour la présentation du fichier électoral au Parlement et son engagement envers le calendrier électoral, crucial pour la réussite des élections de décembre 2018« , dit le tweet de l’Ambassade américaine à Kinshasa.
Corneille Nangaa, présent de la CENI, a présenté jeudi à Kinshasa le fichier électoral définitif après un travail de suppression de plus de 6 millions de doublons. « Après dispositif technique informatique de traitement et de détection biométrique, dit-il, 5.381.763 ont été radiés. 5.381.763 doublons, 902.290 mineurs. Au final 40.287.387 électeurs ont été validés« , annonçait M. Nangaa au début du mois d’avril, à l’issue de cet l’audit du fichier électoral.
Par ailleurs, les Etats-Unis ont plusieurs fois manifesté leur inquiétude concernant un autre sujet polémique, la machine à voter que la CENI impose pourtant à ces prochaines élections. L’ambassadrice des Etats-Unis à l’ONU, Nikki Haley a affirmé, lors d’une réunion informelle du Conseil de sécurité en décembre dernier, que le plan de la commission électorale d’utiliser la machine à voter constituait «un énorme risque».
« Ces élections doivent se dérouler sur papier, de sorte que le résultat ne soit pas contesté par le peuple congolais« , a déclaré M. Haley. « Les Etats-Unis n’ont aucun appétit pour soutenir un système de vote électronique. »
Toutefois, Corneille Nangaa persiste et signe: « On va voter avec la machine à voter. Les autorisations administratives ont été acquises, nous avons signé les contrats, la fabrication a commencé« , dit-il dans une interview. Pour lui, la question de cette machine ne concerne nullement le gouvernement sud-coréen qui a émis des réserves à ce sujet.
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