Ecoutez cet article

Il n’en finit pas de lui courir après. Plus de 10 ans après son assassinat, Floribert Chebeya, ou plutôt, son fantôme, ne lâche pas l’affaire. Et ce n’est pas pour n’arranger celles du personnage clé de ce meurtre odieux, le général John Numbi. Alors que le dossier semblait noyé, en grande partie à cause de l’impunité caractéristique de l’ancien régime de Joseph Kabila, de nouveaux témoignages glaçants obtenus par nos confrères de RFI viennent remettre le sulfureux général encore un peu plus sur la sellette.

Dans son récit macabre, l’un des policiers exécutant, un nommé Hergil Ilunga, raconte dans les moindres détails ce jour fatal du 1er juin 2010 qui a coûté la vie au secrétaire général de la Voix des Sans voix et à son chauffeur Fidel Bazana. Comment, lui, et six autres policiers ont reçu l’ordre pour étouffer les deux infortunés. Il cite les principaux protagonistes du double meurtre : les deux officiers déjà condamnés à mort par la cour militaire congolaise, le colonel Banza Mukalay et le major Christian Ngoy mais surtout l’ancien inspecteur général de la Police nationale congolaise qui se promène toujours, libre, le général John Numbi.

S’il s’est jusqu’ici échappé des mailles du filet d’une justice à l’époque aux ordres, John Numbi risque cette fois-ci de ne pas continuer à se dérober, comme le réclament déjà les organisations de droits de l’homme. « Il suffirait tout simplement que les politiques mais aussi le pouvoir judiciaire s’activent et définissent une stratégie forte pour qu’il soit arrêté conformément aux lois de la république pour être présenté devant la justice militaire », a suggéré lundi le président de l’Association congolaise pour l’action et la justice (ACAJ). Georges Kapiamba compte pour cela sur le nouveau pouvoir à Kinshasa qui fait de la justice son cheval de bataille. « Avec le discours du président Félix Tshiskedi de devoir faire engager tous les moyens pour rendre justice aux victimes, nous espérons que ces moyens seront mobilisés pour que tous ceux qui sont cités notamment le général John Numbi soient contraints à comparaître devant le juge et qu’ils soient confrontés éventuellement à tous ces témoins. », insiste l’avocat.

Même son de cloche du côté de la communauté internationale à l’instar de l’Union européenne qui a souhaité par la bouche de son ambassadeur à Kinshasa « que la justice congolaise puisse se saisir des témoignages recueillis pour relancer la procédure sur l’assassinat ».

Il faut dire que ces nouveaux éléments ont fait l’effet d’une bombe. Si les réactions sont encore timides ou privées au niveau de la classe politique congolaise, pour beaucoup, ces témoignages viennent rappeler douloureusement à ceux qui l’auraient encore oublié, de quelle cruauté a pu être l’ancien régime de Joseph Kabila.

Cas-info

LAISSER UNE RÉPONSE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
Veuillez entrer votre nom ici