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Requinqué sur le plan intérieur avec le retournement de la majorité en sa faveur et auréolé sur le plan continental avec son avènement à la présidence de l’UA, le président Félix A. Tshisekedi peut-il exploiter cette nouvelle dynamique pour relever les défis liés à la sécurité nationale et installer une paix durable à travers tout le territoire national et refonder l’Etat ?

La réussite de la refondation de l’Etat ne peut être garantie que dans un environnement de paix et de stabilité. Cette paix et cette stabilité ne doivent pas signifier seulement l’absence de guerre en faisant taire des armes, mais aussi la tranquillité des cœurs, une tranquillité bien ancrée dans les esprits des milliers de congolais qui voient satisfaites leurs nécessités de base.

C’est principalement le paiement régulier d’un salaire digne, l’approvisionnement en eau potable et en énergie électrique, la promotion d’une justice distributive et l’égalité des chances pour tous, etc. Si ces deux dimensions de la paix sont satisfaites par le Gouvernement, le pari est gagné.

Ainsi, l’un des défis majeurs auxquels fait actuellement face la RDCongo est l’insécurité dans la partie Est du pays, entretenue par une centaine de groupes rebelles actifs dans le trafic illicite des minerais (or, coltan, cassitérite) et semant la terreur dans la population. Si certains de ces groupes sont d’origine congolaise, d’autres, cependant, sont étrangers. Ils viennent, notamment, du Rwanda, de l’Ouganda, du Sud-Soudan et du Burundi. Certains sont sanguinaires alors que d’autres ne sont que de simples voleurs de bétail. De ce fait, la partie du territoire qui va du Haut-Uélé, en passant par Ituri, le Nord-Kivu jusqu’au Sud-Kivu, vit depuis plus de deux décennies dans cette insécurité à laquelle le président de la République est déterminé aujourd’hui de mettre fin.

Si durant le régime de Joseph Kabila, le traitement de cette crise à l’Est est restée opaque occultant des complicités diverses entretenues localement par certaines forces congolaises et à l’extérieur du territoire nationale par des réseaux mafieux, aujourd’hui, avec le nouveau régime, cette gestion se veut transparente et fait participer la population locale dans la dénonciation de toutes ces complicités. Les stratégies mises en place pour éradiquer cette insécurité et instaurer une paix durable semblent s’orienter dans deux directions : l’une diplomatique et l’autre militaire.

Au niveau de la diplomatie, le président s’efforce d’obtenir auprès des pays voisins de la République, principalement le Rwanda et l’Ouganda, non seulement une participation active dans le traitement de cette crise, mais aussi une convergence des vues et des politiques à mener de manière coordonnée en vue des résultats efficaces. C’est dans ce même cadre qu’il convient d’inscrire la récente rencontre à Kigali entre la délégation congolaise dirigée par M. François Beya, Conseiller en matière de Sécurité du président, et les autorités militaires et celles du secteur de la sécurité du Rwanda. Bien avant, une délégation rwandaise de haut rang en matière de sécurité avait fait le déplacement de Kinshasa. Le discours de certains militants va-t’en guerre semble révolu.

Au niveau des actions militaires, il y a lieu d’indiquer les opérations militaires menées par les FARDC appuyées par la MONUSCO contre les ADF. La capture d’un des chefs de ce groupe rebelle est une avancée majeure du fait qu’elle décapite la chaîne de commandement et entame le moral de ces bandes des malfaiteurs.

Il y a lieu ici de saluer la décision du président Félix A. Tshisekedi portant changement du commandement militaire dans cette partie du territoire. Il ne doit pas s’arrêter en si bon chemin. D’autres réformes sont nécessaires. Et aussi son souhait de s’installer momentanément dans cette partie du territoire national pour suivre de près le déroulement des opérations et remonter le moral des troupes. En effet, conformément à sa promesse faite à la population de l’Est lors de sa campagne électorale de 2018, le président a procédé, par le truchement du Lieutenant-Général Obed Rwibasira, à l’installation du Quartier général avancé des FARDC à Goma.

Cette installation avait été précédée d’une mission d’évaluation des capacités opérationnelles des différentes unités de l’armée engagées dans les opérations de stabilisation, sécurisation et protection de la population de toutes ces contrées de l’Est menacées par les groupes rebelles, principalement les ADF.

Toutes ces actions doivent être accompagnées des politiques orientées à restaurer l’autorité de l’Etat, à travers une installation progressive des organes, structures et symboles de l’Etat dans toutes ces contrées où vivent des populations souvent abandonnées à leur triste sort. Investir dans la police de proximité en vue de garantir sa présence et assurer l’ordre public, et dans l’armée pour sécuriser cette partie du territoire national, doit être l’une des priorités du nouveau régime.

Par ailleurs, les espoirs sont fondés pour croire que l’accession de la RDCongo à la présidence de l’UA consolide encore davantage les atouts du chef de l’Etat et lui ouvre encore plus d’opportunités de coopération militaire pour mettre fin à cette insécurité entretenue par les groupes rebelles à l’Est du pays. Au-delà de l’Afrique, les Etats-Unis se sont déjà déclarés prêts à aider le pays dans la lutte contre ces groupes rebelles. En effet, dans sa conférence de presse tenue à Beni le 07 février, l’Ambassadeur américain Mike Hamer a reconnu que cette présidence de l’UA qu’assume actuellement la RDCongo va sûrement renforcer le partenariat privilégié pour la paix et la prospérité entre les deux pays. Il serait aussi indiqué de souligner les bonnes dispositions actuelles de l’Angola envers le Congo-Kinshasa.

La bonne santé qu’affichent les relations entre les deux pays peut aider aussi à l’éradication de ces groupes rebelles si cette puissance militaire régionale acceptait aussi d’offrir ses services. Le défilé militaire aérien opéré au mois de décembre 2020 par les FARDC et les FAA est une démonstration des forces et un message à l’endroit de ceux qui conçoivent encore des plans de déstabilisation du pays, y compris ces groupes rebelles. Il en est de même avec l’Egypte. Dans une conférence conjointe tenue lors de la visite du président congolais au Caire bien avant son accession à la présidence de l’UA, le président égyptien Abdel Fattah Al-Sisi s’est engagé à accompagner la RDCongo dans la recherche du maintien de la paix à l’Est du pays.

(Par le Prof Dr. Tshimpanga Matala K. & Moïse Musangana)
Ouragan fm

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