Notable de la province du Nord-Kivu, le député honoraire Ernest Kyaviro désapprouve les propos de Joseph Kabila sur l’attaque de sa résidence fin 2017 à Musienene.
Ernest Kyaviro qualifie de «racistes» les déclarations de Joseph Kabila qui accusent la communauté Nande d’être à la base de l’attaque de sa propriété par des hommes armés à Musienene, 17 kilomètres au sud de la ville de Butembo.
«Il est extrêmement décevant qu’un président de la République tienne des propos tribalistes comme notre chef, Joseph Kabila l’a fait avec les Nande. Chose grave, il a imputé l’attaque de sa résidence à une communauté Nande comptant plusieurs millions d’individus en violation de la constitution qui stipule le caractère individuel de l’infraction. Plus grave encore, il a tenu des propos tribalistes et évoquant l’éventualité pour les autres de s’attaquer aussi aux Nande. Pour nous, ces propos ne sont rien d’autre qu’une stigmatisation dont nous tirerons toutes les conséquences. Il sera responsable de toutes les conséquences de ses propos», a dit Ernest Kyaviro dans une déclaration ce jeudi 19 avril 2018 à ACTUALITE.CD.
Mercredi, certains députés du Nord-Kivu, en majorité de l’opposition ont également qualifié les propos du chef de l’Etat «d’amalgame éthniciste».
Lors d’une réunion avec les élus de sa famille politique, Joseph Kabila avait implicitement tenu les Nande comme responsables de l’attaque de sa résidence à Musienene.
Une frange de députés nationaux élus de la province du Nord-Kivu désapprouve les propos tenus lundi dernier par le président de la république, Joseph Kabila à propos de l’incendie de sa résidence fin 2017 à Musienene, 17 kilomètres au Sud de la ville de Butembo. Kabila avait implicitement, tenu comme responsables de l’attaque de sa résidence, les “Nandes”, ethnie majoritaire dans la zone où sa maison a été attaquée.
Dans une déclaration mercredi 18 avril 2018, ces députés, la plupart de l’opposition, ont qualifié les propos du chef de l’Etat “d’amalgame ethniciste”.
“Ces propos tenus par le Chef de l’État, plantent le décor d’un amalgame ethniciste qui peut avoir des conséquences génocidaires dramatiques sur terrain. Ces propos inquiètent tous les Congolais épris de paix, surtout que cette région de Grands-Lacs a déjà vécu des épisodes sanglants, notamment le génocide rwandais dont la haine et la violence s’étaient nourries au fil des années par des discours analogues tenus librement par de hauts responsables d’un régime de triste mémoire”, déclarent-ils.
Joseph Kabila s’est exprimé devant les députés de la Majorité présidentielle ainsi que du PALU à la Cité de l’Union Africaine.
“J’ai reçu un appel de Beni pour apprendre que ma maison à Musienene a été attaquée par des Maï Maï qui croyaient qu’il y avait des armes cachées là-bas, ce qui n’était pas le cas. Mais je constate qu’il y a des Nande non pas seulement au Nord-Kivu, mais aussi à Kelemie, ici à Kinshasa et partout à travers le pays. Mais qui est-ce qui attaque les Nande parce qu’ils sont Nande ? C’est la question que je me pose”, s’était-il interrogé.
Tueries à Beni
Dans leur déclaration, les députés nationaux se sont insurgés également contre le rejet de la motion de défiance lundi dernier contre le ministre de la Défense nationale, Crispin Atama Tabe à l’assemblée nationale. L’auteur de la motion, le député Paul Muhindo reprochait au ministre la persistance de l’insécurité notamment à Beni où des centaines de civils ont été tués par des présumés ADF depuis octobre 2014.
“Le fait pour l’Assemblée nationale d’étouffer tout débat public sur le massacre des populations congolaises notamment à Beni, Lubero, Rutshuru, renforce le sentiment d’abandon total d’une partie du peuple congolais livré à l’holocauste des tueries sans foi ni loi par les plus hautes institutions de la République”, disent-ils.
La motion de défiance contre le ministre de la Défense nationale n’a pas été examinée suite à une motion incidentielle de la députée nationale, Vicky Katumwa, élue de Kalemie (Tanganyika), qui expliquait que la démarche violerait la secrète défense.
Mercredi, plus de cent organisations féminines des provinces de l’Ituri, du Maniema, du Nord et du Sud-Kivu ont dénoncé le blocage de l’examen de ladite motion et demandé aux élus de la réintroduire au bureau de l’Assemblée nationale.
“Les femmes de l’Est de la RDC demandent au président de l’Assemblée nationale de traiter avec diligence et responsabilité la question de l’insécurité dans le territoire de Beni et autres entités de l’Est (…) condamnent fermement cette culture de manque de redevabilité des institutions de la République et recommandent qu’un climat favorable à la paix et de la collaboration entre les institutions nationales soit observé”.
Ces femmes exigent également à la députée Vicky Katumwa, autrice de la motion incidentielle n’ayant pas permis l’examen de la motion de défiance, de présenter des excuses à la population de Beni, en particulier, et aux Congolais, en général.
Le Tribunal de paix Kinshasa-Matete a rendu son verdict dans le procès qui oppose deux ailes de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), l’une dirigée par Felix Tshisekedi et l’autre par le premier actuel Bruno Tshibala.
Dans son arrêt, le Tribunal a jugé irrecevable l’exploit élaboré par Jean Marc Kabund, ancien secrétaire général de l’UDPS dirigée par Felix Tshisekedi pour notamment, formulation “erronée et indigeste”.
Le ministère public avait pourtant requis l’examen à fond du dossier après avoir rejeté les exceptions soulevées par Tharcisse Loseke, président délégué de l’UDPS dirigée par Bruno Tshibala. Ces exceptions portaient notamment sur le défaut de qualité, l’obscurité de l’exploit, défaut d’objet dans le chef de Jean Marc Kabund, et incompétence territoriale du tribunal de paix Kinshasa-Matete.
“L’action reste entière. Le juge nous recommande de reprendre l’exploit en de terme claires, c’est ce que nous allons faire”, a dit à ACTUALITE.CD, un des avocats de Jean Marc Kabund.
Dans sa citation directe, Jean-Marc Kabund demandait l’annulation des actes notariés au Tribunal de paix de Kinshasa-Matete en décembre 2017, ayant entériné les résolutions du congrès convoqué par Bruno Tshibala comme président de l’UDPS en remplacement d’Etienne Tshisekedi. Kabund a accusé Tharcisse Loseke de faux en écriture, usage de faux, imputation dommageable et dénonciation calomnieuse. L’ancien secrétaire général de l’UDPS s’attaque également à la nationalité de Loseke qu’il dit être belge.
Le prix du carburant à la pompe a été sensiblement revu à la hausse à Mbujimayi dans la province du Kasai-Orientale. Pour le président de la Fédération des Entreprise du Congo, FEC/ Mbujimayi, le manque d’approvisionnement suffisant en carburant est à la base de cette situation.
Le carburant se vend à 5000 FC le litre depuis le début de la semaine.
Selon plusieurs sources locales, le litre d’essence est progressivement passé de 2000 à 5000 FC il y a bientôt un mois. Pour le président provincial de la Fédération des Entreprises du Congo Dominique Ilunga N’kashama, le faible approvisionnement du carburant enregistré ces derniers jours est dû à l’enclavement de la province causé par la dégradation des routes et les difficultés de la Société nationale de chemin de fer du Congo (SNCC) à desservir cette province.
« La SNCC n’arrive pas à mettre à la disposition des opérateurs économiques des wagons pour pouvoir acheminer une grande quantité des marchandises qui se trouve au grand Katanga. Il est difficile pour l’instant de s’approvisionner en carburant par la voie ferroviaire comme d’habitude. A cela il faut ajouter les difficultés liées au mauvais état de nos routes. Le pont reliant la province de Haut-Lomami et la province de Lomami n’est pas dans un bon état et les opérateurs économiques sont obligés de décharger leurs marchandises de l’autres côté de la rive, les faire traverser dans des conditions difficiles, avant de les embarquer dans d’autres camions en destination de Mbujimayi. D’où la difficulté de s’approvisionner en carburant pour la province», a expliqué le président provincial de la FEC.
Dominique Ilunga N’kashama affirme également avoir contacté, ensemble avec les autorités provinciales, les autorités de SNCC pour que les stocks qui trainent encore à Lubumbashi et à Ilebo soient acheminés rapidement à Mbujimayi. La FEC/Mbujimayi, demande par ailleurs à tous les opérateurs économiques du secteur, d’apporter également d’autres informations sur d’autres circuits d’approvisionnement afin de continuer les discussions avec le gouvernement provincial du Kasaï-Orientale pour résoudre le problème du carburant dans cette zone située au centre du pays.
L’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) a saisi ce jeudi 19 avril 2018 l’hôtel de ville de Kinshasa pour le meeting de son président, Félix Tshisekedi le mardi 24 avril prochain à la place sainte Thérèse dans la commune de N’djili.
Ce meeting devrait être la première grande activité de Félix Tshisekedi en tant que président de l’UDPS. Ce rassemblement devrait également lui permettre de dévoiler les grandes lignes de son projet de société en tant que candidat président de la République.
“La constitution veut que nous puissions informer, c’est ce que nous venons de faire. Il n’y a pas question d’avoir une autorisation, le meeting aura bel et bien lieu le 24 avril. Le gouvernement provincial doit prendre des mesures pour encadrer la manifestation”, a dit Augustin Kabuya, porte-parole du parti.
La réponse du gouvernement provincial est attendue dans les prochaines heures. Le ministre provincial de l’intérieur, Emmanuel Akweti avait affirmé l’interdiction des manifestations publiques reste maintenue.
Dans un entretien accordé au journal Le Soir, le ministre des Affaires étrangères de la RDC, Léonard She Okitundu, accuse son homologue belge Didier Reynders d’être à la manœuvre contre Kinshasa.
Depuis la suspension de la coopération bilatérale entre la RDC et son ancienne colonie, la Belgique, suite à la répression sanglante de la marche pacifique du 31 décembre 2017 organisée par le Comité Laïc de Coordination (CLC) en vue d’exiger l’application intégrale de toutes les dispositions de l’Accord du centre interdiocésain dans son volet décrispation politique, le climat est devenu très tendu entre Kinshasa et Bruxelles.
Ceci se manifeste dans les gestes et comportements des autorités congolaises qui sont allées jusqu’à boycotter la toute première conférence internationale de donateurs organisée par la communauté internationale pour mobiliser les ressources devant permettre à la RDC de faire face à la crise humanitaire grave qui secoue ce pays classé au niveau L3, soit au même pied que la Syrie et le Yémen.
Ce qui fait dire à certains observateurs que la diplomatie congolaise serait en panne et même aux abois.
On en veut pour preuve l’entretien que le vice –premier ministre et ministre congolais des Affaires Etrangères, Léonard She Okitundu, vient d’accorder au quotidien belge Le Soir. Entretien où le chef de la diplomatie de la RDC s’est montré très plaintif, allant jusqu’ à accuser son homologue belge, Didier Reynders, d’être « à la manœuvre contre Kinshasa !
She Okitundu s’est permis aussi de taxer Didier Reynders d’ »être plus pire que le Flamand Karel De Gutch », l’ancien ministre des Affaires de la Belgique qui avait été décrié par les autorités de la RDC pour son franc parler. « Tout porte à croire que la Belgique a levé l’option de tourner le dos aux autorités en place à Kinshasa et même de leur trouver une alternative.
C’est même pire que du temps de Karel de Gucht (l’ex-chef de la diplomatie belge, particulièrement critique envers le régime du président Joseph Kabila, ndlr) avec lequel nous avions eu des heurts ponctuels » , a déclaré Léonard She Okitundu au journal Le Soir. « On a l’impression que l’acteur principal de la diplomatie belge (M. Reynders) est à la manœuvre contre nous.
Heureusement, des canaux de communication subsistent et le Premier ministre Charles Michel s’est déjà entretenu à plusieurs reprises avec le président Kabila, les ponts ne sont donc pas rompus. Il faudra trouver une solution à la crise actuelle… Nous la regrettons, mais nous continuons à aller de l’avant », a aussi affirmé Léonard She Okitundu.
L’aide humanitaire belge repoussée !
Léonard She Okitundu s’est même permis de menacer les ONG qui accepteraient l’argent de la Belgique de se voir interdites de travailler en RDC, a rapporté le magazine Jeune Afrique sur son site internet. A travers cette menace, le gouvernement congolais rejette la quote-part d’aide humanitaire de la Belgique, qui a déjà débloqué plus de 11,6 millions de dollars sur les 18 millions promis à ce jour.
« Les ONG qui recevront cet argent ne seront pas autorisées à travailler dans notre pays », prévient le chef de la diplomatie congolaise. « La Belgique a décidé de rompre de manière unilatérale sa coopération bilatérale avec nous, nous devons aller au bout de cette logique. », tance Léonard She Okitundu.
Avec cette menace, plusieurs agences du système des Nations Unies risquent d’être directement concernées par cette mise en garde du gouvernement congolais, ont noté nos confrères de Libre Afrique.
Volte-face de Kinshasa
Curieusement, après avoir boycotté la conférence humantaire organisée à Genève, le gouvernement congolais par l’entremise de Léonard She Okitundu souhaite être associé dans l’utilisation des ressources récoltées à la conférence de la capitale helvétique.
Au cours d’une conférence de presse tenue à Kinshasa, She Okitundu a affirmé que le gouvernement Tshibala voudrait être « associé (…) pour actionner cette aide. Sinon nous allons tirer les conséquences » !
« Il faudrait qu’on s’entende sur la manière d’utiliser cette manne », fronde-t-il. Cette attitude a indigné des nombreux Congolais moyens qui ont suivi avec attention cette déclaration du gouvernement de la RDC jetant un discrédit sur les assises de Genève.
Les assurances de Léonard She Okitundu
Malgré la brouille diplomatique avec Bruxelles, le chef de la diplomatie congolaise a toutefois promis dans cet entretien que les élections présidentielles, législatives et provinciales auront bien lieu le 23 décembre prochain.
« Le processus est en cours, la Commission électorale avance bien, en juin prochain, elle enregistrera le dépôt des candidatures à tous les scrutins, ce sera un moment important. Les élections auront lieu comme prévu, je peux vous l’assurer », a souligné le ministre Léonard She Okitundu.
En début de cette semaine, une rumeur faisant état des contacts entre les proches du Président Joseph Kabila et Félix Antoine Tshilombo Tshisekedi, s’est répandue dans la ville entière. Ce que la 11ème rue Limete a démenti mardi dernier. Cependant, dans les rues de Kinshasa, les friands de l’électrochoc refusent de lâcher prise. Chacun y va de son commentaire, selon qu’il soit du camp du pouvoir ou de l’Opposition.
Au demeurant, une question de bon sens s’invite dans cette valse de supputations. La problématique consiste à savoir si toutes les rencontres entre le pouvoir et l’Opposition doivent avoir lieu sous l’œil parfois gênant des caméras. Autrement dit, y a-t-il d’inconvénients à ce que deux protagonistes d’une crise politique, puissent se parler en privé, soit directement, soit par le biais de leurs émissaires respectifs ? Quel sage reprocherait donc pareille initiative si, in fine, l’objectif serait de décrisper une situation d’impasse latente ou réelle ?
UNE VIEILLE RECETTE PLUSIEURS FOIS EXPERIMENTEE
En politique, les choses sérieuses ne se traitent pas toujours en plein jour, au vu et au su de tout le monde. Il Ici comme ailleurs, il existe des rencontres » occultes » entre ceux qui détiennent l’impérium du pouvoir et le camp de la contestation.
Sur ce point précis, des vérités historiques renseignent que, sous le régime de feu le maréchal Mobutu, le pouvoir d’alors entretenait des contacts » souterrains » avec l’Opposition ; En l’occurrence l’Udps de feu Etienne Tshisekedi, en tant que principal parti de l’Opposition au régime de l’homme du 24 novembre 1965.
Quand bien même que dans l’opinion, le contact au grand jour entre le Président Mobutu et Etienne Tshisekedi ressemblait à un totem, les Zaïrois d’alors savent que les deux acteurs se parlaient hors micro. Le moins que l’on puisse savoir, c’est que de temps en temps, des messagers du pouvoir allaient vers le sphinx de Limete. Loin d’être une révélation, il s’agit plutôt ici, d’une vérité archi connue. Et donc, d’un secret de polichinelle.
Par ailleurs, la même recette a été expérimentée sous le régime de feu M’Zee Laurent-Désiré Kabila, tombeur du maréchal Mobutu. Quand il prend le pouvoir en mai 1997, l’homme fort de l’Alliance des Forces démocratiques pour la libération au Congo (AFDL), ne trouve pas devant lui, une classe politique totalement acquise à sa cause.
LA STRATEGIE DES KABILA
L’opposant armé au régime de Mobutu avait, lui aussi, ses opposants tapis à Kinshasa. Par conséquent, le nouveau Chef de l’Etat s’était vu dans l’obligation de deviser avec les principaux acteurs politiques de l’Opposition. C’est ce qui explique, entre autres, la rencontre de Kimbembe, dans l’ex-Katanga, avec des envoyés de ladite Opposition Tshisekediste, dont feu Christian Badibangi.
Toujours dans ce même registre, les annales de l’histoire politique de la RD Congo renseignent que, sous l’actuel Président Joseph Kabila, des rencontres du genre avaient également eu lieu. Les plus emblématiques sont celles d’Ibiza, en Espagne, et de Venise, en Italie. Sans doute, on devra ajouter à ces deux, la rencontre de Paris, entre les délégués du pouvoir de Kinshasa et Etienne Tshisekedi, avant même l’ouverture officielle des travaux du Dialogue de la Cité de l’ex-OUA en octobre 2016 à Kinshasa.
A QUELQUE HUIT MOIS DES ELECTIONS…
Selon Edem Kodjo qui l’avait dévoilée, cette rencontre s’était inscrite dans le cadre de recherche d’une issue concertée à l’impasse politique survenue en RD Congo, au terme du second mandat constitutionnel du Président Joseph Kabila.
Hier comme aujourd’hui, le contexte semble être le même. Et, face à ce balbutiement de l’histoire politique de la RD Congo, le dialogue passe pour l’arme efficace.
Avril va bientôt finir sa carrière. Plus exactement dans onze jours. Conformément au calendrier de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), qui prévoit la tenue des élections le 23 décembre prochain, les Congolais sont théoriquement à huit mois du scrutin.
Sur base de cette donnée arithmétique, y aurait-il de mal à voir le camp du pouvoir se parler avec l’Opposition ? Quelle est la conséquence fâcheuse qui résulterait d’une telle rencontre ? A priori, aucune. Bien au contraire. Dès lors que dans les différents discours politiques tenus sur la place publique, les variables « élections apaisées » tiennent lieu de constance, alors qu’ on devrait être conséquent.
NECESSITE DE DIALOGUER
On ne peut pas, au jour d’aujourd’hui, parler d’un processus électoral dépouillé de toute tension, et en même temps, ne pas voir les deux principaux camps dialoguer en toute sincérité. Un contact comme celui-là, une fois effectif, aurait le mérite de permettre aux deux parties d’évacuer certaines hypothèques liées à la tenue des élections. En l’occurrence la polémique ambiante sur la machine à voter.
Pas seulement. On ne peut pas non plus réclamer matin, midi et soir, l’application intégrale de l’Accord politique global et non exclusif du 31 décembre 2016, sans que les parties prenantes ne puissent se parler.
Quoique l’on dise, la CENI reste et demeure un organe technique. Sa mission est bien comprise : l’organisation matérielle des élections. S’il faut emprunter du lexique du sport, la Centrale électorale joue le rôle d’arbitre.
En tout cas, ce n’est pas la Ceni qui ira devant les urnes. Plutôt, les Congolais appartenant soit à la mouvance présidentielle, soit à l’Opposition dans son ensemble. Dans cette métaphore, on ne saurait avoir un arbitre sans parties adverses. Pour le coup, le pouvoir et l’Opposition, considérés comme les joueurs des deux équipes.
BRISER LE MUTISME
De l’avis de nombreux analystes, si la RD Congo est aujourd’hui l’otage des agendas de certains lobbies étrangers, c’est parce que ces puissances ont la parfaite maitrise de la situation en interne. Elles savent pertinemment bien qu’en situation de crise, les différents protagonistes locaux ont du mal à se parler suffisamment. Souvent, chacun s’arc-boute sur la position. Et, les mêmes puissances surfent sur ce mutisme chronique, conséquence d’une politique qui s’est quelque peu muée en une inimitié primaire entre ceux qui dirigent le pays et les opposants.
En d’autres termes, si les acteurs politiques avaient une culture de dialogue permanent pour résoudre des problèmes majeurs qui se posent au pays, l’étranger ne trouverait plus de prétexte pour s’ingérer dans les affaires internes du pays.
Pour toutes les raisons avancées ci-dessus, une rencontre entre le Pouvoir et L’Opposition s’avère indispensable. Ne serait-ce que pour lever une option sur certains sujets qui fâchent. Ainsi, on épargnerait le pays des velléités d’une guerre civile post-électorales, comme ce fut le cas en 2006 et, dans une moindre mesure, en 2017.
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