L’Agence de Prévention et de Lutte contre la Corruption (APLC), qui est une structure de la Présidence de la République, serait engagée, à récupérer les fonds volés au trésor public par la famille Kabila.
À en croire la même source, le Chef de l’État, Félix Tshisekedi serait révolté à punir son ancien allié de la coalition FCC-CACH pour soigner aussi son image auprès de ses partenaires occidentaux et américains.
« La nouvelle agence anti-corruption du Président Tshisekedi, avec l’aide d’experts américains du secteur privé, va maintenant procéder à la récupération des millions de dollars volés au trésor public par la famille Kabila», a fait savoir Herman J.Cohen, l’ancien Ambassadeur et Secrétaire d’État américain.
Les soupçons de détournements de fonds dans l’entourage de l’ancien président Joseph Kabila, ne sont pas une découverte après les révélations des Panama Papers, de Bloomberg, Global Witness ou du Centre Carter. Mais la colossale enquête « Congo hold-up », menée par un collectif de 19 médias et 5 ONG, révèle de nouveaux cas de fraudes, et surtout décrypte le mode opératoire de ces détournements. Dans les premières enquêtes réalisées à partir de la fuite de plus de 3,5 millions de données bancaires, le montant des sommes détournées par Joseph Kabila et son entourage s’élèverait à 138 millions de dollars entre 2013 et 2018. Des fonds publics qui seraient tombés directement dans les poches de l’ancien président et de ses proches.
Le silence de Martin Fayulu au lendemain des révélations de détournements présumés impliquant Joseph Kabila et ses proches, selon une enquête des médias étrangers, suscite une curiosité intarissable au sein de l’opinion.
Dénommée Hold-up, les résultats de cette enquête dont les données ont été analysées pendant neuf mois par 19 médias internationaux et cinq ONG, coordonnée par le réseau European Investigative Collaborations (EIC), sont troublants. Ils placent l’ancien président de la RDC, Joseph Kabila, et son premier cercle au centre d’une cupidité ayant fait échappé au pays 138 millions USD sous la bénédiction de BGFI BANK.
Les réactions de plusieurs acteurs sociopolitiques ont afflué la toile et les médias, sauf celle de l’opposant Martin Fayulu, membre du présidium de Lamuka. Ce dernier ne rate jamais Kabila mais pour cette fois ça l’est. Muselé par l’alliance qu’il venait de faire avec le Front Commun pour le Congo au sein du « Bloc patriotique », Martin Fayulu s’est tu pour ne pas être aux antipodes du respect de bon voisinage que lui impose ce rapprochement. Une position qui fait couler encre et salive quand on sait que Kabila passe pour l’homme à abattre de Fayulu depuis toujours.
Le président de l’Ecide a décidé de se taire malgré lui ?
Combattre avec Kabila sur un même front aujourd’hui semble être une pilule amère à avaler pour Martin Fayulu. Ce dernier n’a jamais été courtois à l’endroit du premier. Il y va toujours de manière crue, agressive sans aucun tact frisant une adversité hostile.
Le silence de Martin Fayulu face aux révélations de ce rapport lui fait perdre sa constance, sa côte de popularité n’est pas en reste. Pour avoir traité l’ancien régime de sanguinaire, ce rapprochement avec Kabila est perçu dans l’opinion comme acte versatile qui entache la cohérence de ses idéaux.
Martin Fayulu souillé par Kabila
Les faits le démontrent si bien, Martin Fayulu n’aura peut-être plus de discours s’il ne quitte pas le bloc patriotique. Kabila est celui qui lui a volé sa victoire à la dernière présidentielle pour l’offrir sur un plateau d’or à Félix Tshisekedi qu’il a toujours qualifié de marionnette.
C’est de là même qu’est née sa campagne « vérité des urnes » qui devrait lui permettre d’être rétabli dans ses droits. Une désillusion irréversible car Félix Tshisekedi qui avance avec sa caravane, ne fait nullement attention à ses aboiements.
Certaines sources soutiennent que le combat avec le FCC étant devenu le même, il n’y a pas de honte de voir Fayulu aux côtés de Kabila.
Un rapprochement accidentel ?
L’alliance entre Fayulu et Kabila ou le FCC repose sur une circonstance et non sur une idéologie à lire les faits entre les lignes. Le FCC opposé à la procédure ayant conduit à la désignation de l’actuel bureau de la commission électorale nationale indépendante (CENI) ne pouvait pas être rejeté par Lamuka qui mène le même combat.
Du coup, les deux plateformes politiques devraient se retrouver ensemble, c’est qui a occasionné la création du « bloc patriotique ». Mais une guerre de leadership a aussitôt éclaté. Martin Fayulu et Adolphe Muzito toujours sur terrain lors des manifestations contre le pouvoir en place n’y étaient pas à la dernière marche. Certains cadres du FCC s’en sont même pris à eux évoquant une inconstance. « Fayulu et Muzito exigeraient la présence de Kabila », ont rapporté certaines indiscrétions.
Une hallucination, Kabila sera sans doute l’éternel absent. L’homme aime bien s’effacer, le silence est son mode de vie même quand il est acculé à la corde. Martin Fayulu pris dans la gorge a intérêt à faire le bon choix. Rester dans cette alliance parce qu’il le veut et non parce que c’est une corvée. Ses électeurs et sympathisants ont sans doute un œil regardant sur lui.
« Il y’a pas de mauvaises troupes, ,il n’y’a que des mauvais chefs. »,dit-on. Ce proverbe vaut son pesant d’or depuis le départ de Joseph Kabila au pouvoir.
L’impossible n’est pas Tshala Mwana. Cette artiste de la rumba congolaise décrit le Congo sous Tshisekedi.
Dans sa chanson intitulée « Mboka ekufi », cette grande figure de la musique féminine en Afrique centrale décrit un Congo où les anti-valeurs ont pris en otage tout un peuple.
Chanteuse, danseuse, productrice, actrice et femme politique congolaise, Tshala Mwana met en cause les rôles des députés nationaux, qui selon elle, sont devenus des coopérants, qui cherchent toujours à satisfaire leurs intérêts égoïstes, au détriment du peuple congolais.
« Mboka ekufi », entendez, le pays est mort, brosse aussi la question de l’insécurité qui augmente principalement la vulnérabilité des femmes et des enfants, notamment en Ituri au Nord-Kivu, et au Grand Kasaï, des provinces frappées fortement par la malnutrition.
Cette Dame célèbre pour avoir modernisé et donné ses lettres de noblesse au folklore du peuple Luba, le Mutuashi, circonscrit aussi le chômage qui persiste toujours en République Démocratique du Congo, en dépit des taux de croissance économique pharamineux enregistrés au cours des 18 ans de Joseph Kabila au pouvoir.
Mamu Nationale comme on l’appelle affectueusement, trouve inconcevable que dans un pays potentiellement riche comme la RDC, la population vit en dessous du seuil de pauvreté et où l’accès à l’eau et à l’électricité est encore difficile.
Dans cette chanson qui avait déjà défrayé la chronique avant même sa sortie officielle, Tshiala Mwana fait rapport à François Luambo Lua Ndjo Makiadi, connu sous les noms de Luambo Makiadi Franco mort depuis le 12 octobre 1989 à Mont-Godinne en Belgique, sur la destruction de la RDC.
« Toute peine mérite salaire, mais le manque de professionnalisme doit être sanctionné. », disait l’écrivain Cizia Zyke. C’est dans cette optique que cette musicienne qui largue une chanson qui éveille la conscience et le cœur, appelle le peuple congolais à se lever comme un seul homme, afin de se prendre en charge, pour construire un Congo fort.
Comme en 2018, Moïse Katumbi risque de voir sa candidature à la prochaine élection présidentielle être déclarée irrecevable.
Devant l’Association Juive Européenne, lors d’un dîner de gala, l’homme d’affaires et politique congolais a révélé un complot du régime en place tendant à étouffer sa candidature à la présidentielle de 2023.
L’ancien gouverneur de l’ex Province du Katanga indique que ceux qui ne veulent pas de sa candidature à la magistrature avancent comme raison sa nationalité.
« Maintenant que s’approche une autre élection, ils essayent de bloquer ma candidature, mais cette fois-ci en utilisant mon père Juif comme étant la preuve que je ne peux pas être 100% loyal à mon pays », a t-il dénoncé.
Moïse Katumbi serait le bouc émissaire des hommes politiques congolais, qui ne veulent pas entendre de sa candidature à la magistrature suprême de la RDC; Ce qui a valu à Noël Tshiani d’initier une loi de double nationalité qui consistait à verouiller l’accès à la Présidence et d’autres postes de souveraineté à seuls les congolais nés de père et de mère.
Au cours de la semaine dernière, une autre structure de la société civile a annoncé le dépôt d’une loi exigeant 10 ans d’existence aux partis et regroupements politiques avant de présenter un candidat président de la République. D’après plusieurs observateurs, cette proposition de loi viserait le Parti Ensemble pour la République de Moïse Katumbi, qui n’a que 2 ans d’existence.
La FIFA a examiné, mardi 23 novembre, la réclamation de la fédération béninoise de football contre la RDC. Officiellement, l’instance mondiale n’a pas encore annoncé sa décision aux fédérations. Cependant, dans la presse du Bénin, c’est la soupe à la grimace. Plus personne ne croit plus à une qualification « miracle » des Écureuils pour les Barrages, via une disqualification des Léopards.
« Le Bénin ne disputera pas les barrages de la coupe du monde Qatar 2022. La FIFA vient de confirmer l’élimination des Écureuils de la compétition en rejetant le recours déposé par la partie béninoise pour contester l’issue de la rencontre contre la RDC. L’instance faîtière du football mondial a déclaré « recevable mais non fondée » la plainte de la Fédération Béninoise de Football » écrivait mardi soir Bénin Web TV, baissant les armes.
« Des dénonciations qui ne seront finalement pas pris en compte par la FIFA qui confirme donc la qualification de la RDC pour les barrages, » ajoutent nos confrères. Un ton de désespoir qui caractérise la presse sportive du Bénin quelques heures après le traitement traitement du litige.
Si au Bénin l’espoir vient de filer par la porte de l’arrière, il n’en est rien pour le moment au niveau de la FIFA. Mardi soir, Footrdc.com a contacté un cadre de la FECOFA qui a confirmé que la FIFA n’avait pas encore écrit aux fédérations pour leur annoncer son verdict. La réponse de l’instance mondiale sera annoncé dans les prochains hours, selon toutes vraisemblance. Attendre et espérer pour les supporters des Léopards, pour lesquels l’annonce se fait de plus en plus longue et stressante.
Lamuka ne veut toujours pas de Dénis Kadima à la tête de la Commission Électorale Nationale Indépendante.
Son coordinateur, Martin Fayulu annonce l’intensification des actions, pour obtenir le respect de la souveraineté du peuple congolais.
« La détermination du peuple pour une CENI dépolitisée en RDC est sans faille. Le combat pour le respect de la souveraineté du peuple congolais va se poursuivre en s’intensifiant. », a déclaré Martin Fayulu.
Le sit-in organisé le lundi par les laïcs catholiques et protestants devant le siège de la centrale électorale, a été brutalement réprimé par la police nationale congolaise.
Dans une tribune intitulée « Ma Vision de la réduction du train de vie de l’État », le député national Delly Sesanga appelle à la réduction de l’effectif du cabinet du Chef de l’État à 250 membres et à la rationalisation de l’organisation de son cabinet. Ce dernier comprend actuellement plus de 1000 membres qui coûtent énormément au trésor public.
M. Sesanga s’exprime ainsi en marge de l’adoption du projet de budget 2022 à l’Assemblée nationale. Pour lui, la rationalisation du cabinet de Félix Tshisekedi pourrait rapporter à l’État congolais jusqu’à 100 millions USD d’économie.
« En 2021, les rémunérations des Institutions politiques nationales s’élèvent à 242 millions de dollars. Celles de la Présidence de la République pèsent sur ce total pour 47% soit 114 millions USD sur lesquels les rémunérations du cabinet avec un effectif de 1018 membres représentent 48 207 500 USD, soit 42, 4%. L’excroissance du cabinet du Président de la République est le reflet de l’hyper présidentialisation du régime qui a : alourdi l’effectif avec des redondances fonctionnelles ; démultiplié la distribution des avantages à travers des nombreux rangs équivalents », a-t-il expliqué dans sa tribune rendue publique ce lundi 22 novembre 2021.
Et d’ajouter :
« Les rémunérations de la Présidence de la République sont supérieures sur la même période à celles du Parlement qui se chiffrent à 74 millions USD. La Présidence de la République est devenue un mammouth financier pour le Trésor. Il constitue un poste clé, éligible à la cure d’amaigrissement dans le cadre de la réduction du train de vie des Institutions. Ce qui passe par la réduction des effectifs ainsi que la rationalisation des rangs accordée aux membres du cabinet. La réduction des effectifs au 3/4, c’est à dire à 250 membres environ et en révisant les rangs permettrait d’économiser aux alentours de 37 millions de dollars sur la rubrique rémunération ».
À cette charge des rémunérations, poursuit Delly Sesanga, s’ajoute le budget de fonctionnement évalué à 111 385 939 USD, qui représente presque le double du fonctionnement du Sénat qui s’élève à 57 657 989 USD.
« En réduisant de 3/4 les effectifs, toutes choses étant égales par ailleurs, ce budget de fonctionnement réduit de moitié réaliserait ainsi une économie de 55 millions de dollars. Soit un total compris entre 90 et 100 millions de dollars. Sur les marges budgétaires dégagées sur 2022, la Présidence de la République devrait renoncer à toute nouvelle augmentation telle que prévue dans le projet de 2022 », a-t-il recommandé dans sa tribune.
Les députés nationaux ont déclaré recevable jeudi 18 novembre dernier, le budget pour l’exercice 2022 évalué à 20 682,6 milliards de Francs congolais (CDF), soit 10 milliards USD dont les recettes doivent être mobilisées. Le budget pose cependant plusieurs problèmes dans sa répartition. Les institutions à elles seules prennent 38%. Plusieurs secteurs de la vie nationale sont marginalisés. Les regards sont tournés vers la commission Ecofin afin de tenter de rééquilibrer la répartition du budget en privilégiant des secteurs vitaux tels que la sécurité, l’emploi, le social et tant d’autres.
L’artiste musicien ivoirien Debordo Leekunfa reprend la chanson « Service » de l’artiste musicien congolais Fally Ipupa en version coupé décalé sur le plateau du Life WKD !
Le ministre de Communication et Médias Patrick Muyaya a répondu, au cours de la séance de briefing du lundi 22 novembre 2021, à une question au sujet de l’enquête « Congo Hold-up », menée par des ONG et médias internationaux, qui a accusé le clan Kabila d’avoir détourné plus de 138 millions USD des deniers publics.
Il a affirmé que le Gouvernement de la République ne peut pas rester insensible face à de telles allégations. À en croire, la justice se saisira incessamment du dossier et les concernés seront invités pour présenter leurs moyens de défense.
« La ministre de la Justice a écrit au Parquet, le 20 novembre dernier, où il a donné injonction aux fins d’enquêtes et des poursuites. Nous ne pouvons pas comme gouvernement rester insensibles à des telles allégations. Le moment venu, la justice se saisira du dossier et les personnes concernées seront invitées pour donner leurs éléments », a-t-il déclaré.
Patrick Muyaya a saisi cette occasion pour rappeler que la lutte contre la corruption est un pilier important de la stratégie du président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi, et de son gouvernement de la République dirigé par Jean-Michel Sama Lukonde.
« Les professionnels des médias ont étudié des dossiers qui étaient connus et ont donné des éléments. Ce que ces journalistes qui ont mis ces éléments d’information sur la place publique souhaitent est que la justice puisse se saisir du dossier et faire la lumière. D’abord sur le dossier de BGFI Bank, il existe un dossier judiciaire ouvert au parquet depuis le mois de mai ou avril », a-t-il indiqué.
Le porte-parole du gouvernement a, par ailleurs, révélé à la presse qu’au cours des discussions ouvertes entre la Banque Centrale du Congo, l’IGF et la BGFI Bank, cette dernière a reconnu les faits et s’est engagée à rembourser la somme de près de 43 millions USD.
« Des faits ont été reconnus. Des faits qui se produisent depuis deux ans. Ils l’ont reconnu. Il y a un accord. Aujourd’hui, la BGFI Bank s’est engagée à rembourser la somme près de 43 millions USD qui a été utilisée », déclaré Patrick Muyaya.
Cette séance de briefing organisée par le ministère de la Communication et Médias à l’intention des professionnels des médias avait pour principal sujet, l’organisation, du 24 au 25 novembre prochain, du Forum international sur la transition énergétique.
Selon Julien Paluku, ministre de l’Industrie, ce « DRC – Africa Business forum » vise, entre autre, à attirer les investissements afin d’installer en RDC des industries de production des batteries et véhicules électriques.
Organisé en partenariat avec la Commission Économique des Nations-Unies pour l’Afrique (CEA), ce forum portera sur le thème : « Développer une chaîne de valeur régionale autour de l’industrie des batteries et un marché des véhicules électriques et des énergies propres ».
Noly Tambu reçoit l’artiste musicien Cappuccino LBG, l’ancien musicien de Werrason se dit pas prêt de revoir son ex patron et il a des enfants avec une ex danseuse de Wenge Musica MM.
Les jours qui vont suivre seront très torrides sous les tropiques, particulièrement en République Démocratique du Congo, après les graves révélations de Congo Hold up, une enquête collaborative menée par 19 médias partenaires associés au Consortium Européen des Journalistes d’investigation et 5 Ongs dédiées à la lutte contre les crimes financiers.
Ces derniers ont opté pour une stratégie de diffusion inédite en déclinant le fruit de leurs recherches en une série de publications sous forme d’une campagne étalée sur trois semaines. Fort d’une montagne de 3,5 millions de documents, les différents acteurs rendront public leurs conclusions de manière feuilletonnée, de quoi tenir en haleine l’opinion et désarçonner la capacité de riposte des incriminés. C’est ainsi que certains n’ont pas compris comment un si gros volume de documents ne puisse retracer qu’une centaine de millions de dollars américains. Et pourtant, l’égrenage n’est encore qu’au premier chapitre.
Sans surprise, l’ex Président Joseph Kabila, présenté comme le « capo di capi » d’un système de prédation sans pareil, n’a pas dérogé à sa nature légendaire d’un homme impénétrable et silencieux. Toutes les sollicitations des enquêteurs pour le confronter ont sèchement essuyé une fin de non-recevoir. Tous ses proches incriminés l’ont emboîté en s’enfermant dans un mutisme total, excepté une poignée des communicants surzélés mais largement déconnectés de la profondeur de cette invraisemblable affaire.
Dans un autre contexte, la publication du Congo Hold Up aurait été chaleureusement accueilli par le pouvoir de Kinshasa comme un déclic pour mettre fin à l’impunité et requinquer la lutte contre les détournements de deniers publics, curieusement la jubilation mesurée des premières heures a vite fait place à la méfiance et à l’embarras.
Certes, c’est le nom de Kabila qui accapare toute l’attention de cette enquête au point que ses soutiens évoquent une fixation haineuse, mais le camp présidentiel n’a pas tardé à comprendre qu’il est soumis à un double dilemme. D’une part, il s’agit d’un test grandeur nature de la volonté tant clamée d’instaurer l’Etat de droit. D’autre part, c’est un aperçu de ce qui va résulter de leur propre gestion chaotique caractérisée par une flambée d’oligarchie kleptocratique similaire à celle décriée.
Il n’est un secret pour personne que plusieurs groupes travaillent déjà à la compilation de documents qui retracent les actes de malversation financière et pratiques douteuses qui impliquent les dirigeants actuels du pays. S’approprier les conclusions de l’enquête Congo Hold up pour s’en prendre à Kabila ferait sauter la digue qui va leur servir de bouclier demain.
Par contre, passer outre l’ouverture d’une instruction judiciaire face à la gravité des faits révélés consacrerait un endossement et une complicité passive inacceptables pour la refondation d’un Etat moderne.
Eu regard aux récentes déboires du gouvernement congolais avec notamment la très controversée taxe RAM, les dépassements budgétaires chroniques, l’aggravation des tensions sécuritaires à l’est du pays en dépit de l’état de siège, il est fort à parier qu’en dépit de l’énorme battage médiatique de Congo Hold up, il ne va pas neiger en enfer. les lignes ne vont pas bouger à Kinshasa.
Tant que la loi 018/21 du 26 juillet 2018 portant statut des anciens Présidents ne sera pas modifiée, Joseph Kabila ne pourrait uniquement être poursuivi que pour les crimes contre la paix et la sécurité de l’humanité devant la cour constitutionnelle. Par cynisme, le législateur congolais a volontairement omis d’indiquer devant quelle juridiction un ex-Président ou Premier Ministre devrait répondre des infractions commises durant ses fonctions (cfr Jurisprudence Matata Ponyo avec la Cour Constitutionnelle).
Tant que la Cour des Comptes restera inopérante et qu’il n’y aura pas un parquet financier, l’ Inspection Générale des Finances, qui n’a pas de compétence répressive, verra la plupart de ses dossiers finir dans les corbeilles des magistrats véreux,
Tant qu’aucune loi ne garantira la protection des lanceurs d’alerte, et que ces derniers seront jetés en pâture à une justice inique et une opinion hostile qui les considère comme des vulgaires traîtres, plusieurs secrets de corruption et de détournements des deniers publics resteront enfouis par crainte de représailles. Tout le monde n’a pas la bravoure d’un Jean-Jacques Lumumba.
Tant que la cellule nationale des renseignements financiers (CENAREF) sera dépourvue des moyens d’actions pour bien mener ses missions, le secteur bancaire congolais restera un champ ouvert à toute forme de malversation financière.
Tant que la Banque Centrale du Congo restera ce gendarme édenté qui se contente des réprimandes superficielles, les saigneurs de la République resteront des seigneurs. Malheureusement, il y aura toujours leurs valets pour faire le sale boulot. C’est la République qui est victime. C’est le peuple qui est volé, mais c’est dans une partie de ce même peuple que les prédateurs puisent leurs soutiens, dénichent leurs complices, recrutent les supporters qui crient à leur gloire. Chaque peuple a les dirigeants qu’ils méritent. Que n’avons-nous pas fait ? Nini tosali te ?
Stéphane L Manzanza, banquier et militant anti corruption La libre Afrique
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