Depuis l’annonce du décès de Pierre Lumbi, ancien secrétaire général de l’Ensemble pour la République de Moïse Katumbi, les hommages se multiplient en mémoire de l’illustre disparu.
Dans un communiqué publié ce lundi 15 juin 2020, l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social, (UDPS), considère sa disparition comme une perte pour la République au regard de son combat et présente ses condoléances à sa famille tant biologique que politique.
« La mort de cet homme politique très engagé est une perte pour la République car son parcours est digne d’enseignement », a écrit Augustin Kabuya secrétaire général de l’UDPS.
En outre, le parti présidentiel invite sa base à assister la famille politique de celui qui était directeur de campagne de Martin Fayulu lors de la présidentielle de décembre 2018.
« Fort des souvenirs d’échanges fructueux avec l’illustre disparu, les combattantes et combattants sont priés d’assister sa famille politique dans cette épreuve », a-t-il ajouté.
Pierre Lumbi, président du mouvement Social (MS) est décédé dimanche 14 juin 2020 à Kinshasa. Il a été plusieurs fois ministres et ancien conseiller en matière de sécurité de l’ex-président Joseph Kabila.
Vital Kamerhe, Président l’Union pour la nation congolaise (UNC), se souvient du « rôle important » qu’avait joué le Sénateur Pierre Lumbi lors du blocage de la conférence nationale souveraine entre 1990 et 1992.
« Sa disparition représente une grande perte pour sa famille biologique, et sa famille politique mais également pour la nation entière au regard des fonctions importantes qu’il avait occupées pendant plusieurs années comme leader de la société civile et acteur politique de premier rang. L’on se souviendra particulièrement du rôle important qu’il avait joué dans l’organisation de la marche des chrétiens du 16 Février 1992 et dans le déblocage de la conférence nationale souveraine », peut –on lire dans le message de condoléances de l’UNC.
La Conférence nationale souveraine (CNS) s’était étalée du deuxième semestre de 1990 à 1992. Elle avait réuni les délégués représentant toutes les couches de la population. Cette réunion avait abouti aux « Résolutions et les Acquis de la Conférence nationale souveraine ».
Plusieurs personnalité lui ont rendu hommage, notamment le président du sénat Alexis Tambwe Mwamba, le coordonnateur du Fcc Néhémie Mwilanya, le président ai de l’Udps Jean Marc Kabund, le président d’ensemble pour la République Moise Katumbi, et Martin Fayulu président de l’Ecidé.
Le sénateur et secrétaire général d’Ensemble pour la République, Pierre Lumbi est mort dimanche 14 Juin.
Arrêté depuis le 4 juin dernier au parquet près la Cour d’Appel de Kinshasa-Matete, le chargé d’implantation de l’Union pour la nation congolaise (UNC), Papy Okata a été transféré à la prison centrale de Makala.
Ce porte-parole de Vital Kamerhe est placé sous mandat d’arrêt provisoire pour avoir tenu des propos outrageants à l’endroit du Chef de l’État Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo et les membres de sa famille Biologique.
Selon certaines sources, Papy Okata a été arrêté sur une plainte déposée à sa charge par Christian Tshisekedi, frère du président de la République.
Pour ce faire, ce dernier rejoint son président national Vital Kamerhe qui connaîtra son sort le 20 juin 2020 dans l’affaire où il est soupçonné de détournement des deniers publics dans l’exécution du programme de 100 jours.
Le président de l’APARECO, Honoré Ngbanda sort de son silence et lance un message fort sur la libération de la RDC : « Tokota biso nionso na désobéissance civique ».
Pierre Lumbi Okongo, originaire du Maniema, aura été de tous les combats pour faire triompher la démocratie et l’alternance politique en RDC.
Né à Bukavu, Pierre Lumbi fut la figure marquante de la société civile zaïroise dans les années 80. Il s’est révélé dans son Sud-Kivu natal où il avait fondé l’une des premières associations paysannes du Kivu, « Solidarité paysanne », après son passage en France pour ses études.
Au front contre la dictature du Maréchal Mobutu dans les années 90, Pierre Lumbi fut l’un des initiateurs de la marche du 16 février 1992 des chrétiens exigeant la réouverture des travaux de la Conférence nationale souveraine (CNS). Une marche qui connu le soutien des Laïcs catholiques à cause notamment de la réticence du cardinal Etsau d’engager l’église catholique dans ce combat noble. Pierre Lumbi comptât sur le soutien de Monseigneur Monsengwo Pasinya, évêque de Kisangani à l’époque.
Plus tard, il sera nommé ministre des Affaires étrangères dans le gouvernement du charismatique Étienne Tshisekedi, issu de ces assises.
Au début des années 2000, il avait rejoint Joseph Kabila, qui portait les espoirs de la modernité et du changement. Il créa son propre parti politique Mouvement Social pour le Renouveau (MSR) qui deviendra Mouvement Social (MS). Et celui-ci ne tarda pas à s’imposer sur la scène politique comme l’une de principales forces politiques en RDC.
Lors de l’installation du 1er gouvernement issu des élections générales de juillet 2006, les premiers scrutins depuis l’indépendance de la RDC, Pierre Lumbi avait été nommé ministre d’Etat des Infrastructures, des Travaux publics et de la Reconstruction, en février 2007.
C’est d’ailleurs lui qui était à l’oeuvre dans les négociations à Pékin, ayant abouti à la signature de l’Accord économique de la RD Congo avec la Chine appelé « contrat chinois. »
Grâce à sa finesse et son ingéniosité, il bénéficiera une nouvelle fois de la confiance de Joseph Kabila après les joutes électorales de 2011. Il fut nommé Conseiller spécial du chef de l’État en matière de sécurité.
En 2015, estimant que la RDC prend une direction autocratique, Pierre Lumbi prend ses distances avec le pouvoir de Kabila et est révoqué de ses fonctions. Il est l’un des sept frondeurs du Groupe de sept partis (G7) qui avaient accusé Joseph Kabila de peaufiner des stratégies pour rempiler après son second et dernier mandat constitutionnel qui expirait en 2016.
Dans l’opposition aux côtés notamment du sphinx de Limete Étienne Tshisekedi, Pierre Lumbi a été au four et au moulin dans la création du Rassemblement des forces politiques acquises au changement, à Genval en Belgique en juin 2016.
En février 2017, E. Tshisekedi tire sa révérence au grand dam de l’opposition malmenée par le pouvoir en place. Un mois après son décès, Pierre Lumbi fut nommé président du comité des sages du Rassemblement, il aura pour tâche de relancer les discussions sur l’application de l’accord de cogestion signé avec le pouvoir dont les pourparlers ont été menés par la CENCO. Il va travailler en duo avec Félix Tshisekedi, fils du leader de l’UDPS, qui a été désigné à la tête de cette plate-forme de l’opposition congolaise. Pierre Lumbi, c’est aussi lui l’un des artisans du CLC (comite des laïcs catholiques) qui ont manifesté pour réclamer l’alternance politique en RDC.
À l’approche de l’élection présidentielle de 2018, le président du MS va se rapprocher de Moïse Katumbi, ancien gouverneur de l’ex province du Katanga et devient, en mars de la même année, le n°2 de Ensemble pour le changement, plate-forme politique née pour soutenir la candidature de l’ancien gouverneur du Katanga.
Empêché de rentrer au pays par le pouvoir de Kabila, Moïse Katumbi, l’un des créateurs de la coalition LAMUKA, portera la candidature de leur candidat commun Martin Fayulu, dont Pierre Lumbi était son directeur de campagne lors de l’élection présidentielle de décembre 2018.
Toujours fidèle au président de TP Mazembe, P. Lumbi était devenu le secrétaire général du parti politique de Moïse Katumbi « Ensemble pour la République, en décembre 2019.
Malgré son parcours long riche dans la sphère politique congolaise, P. Lumbi n’a pas pu résister à la Covid-19.
Dimanche 14 juin 2020, le sénateur et président du MS a tiré sa révérence au Centre Médical de Kinshasa (CMK).
Le Trésor public a payé à la présidence de la République 109 646 163 631 FC (59,268 millions USD) pour les dépenses effectuées pendant les cinq premiers mois de l’année contre des prévisions linéaires de 127 410 615 238 FC ( 68,410 millions USD), soit un taux d’exécution de 86,76%, renseigne la Direction générale des politiques et programmation budgétaire, une structure du ministère du Budget.
Jusqu’à fin mai 2020, la présidence a dépensé 68 079 249 355 FC pour les rémunérations ; 40 713 812 696 FC pour son fonctionnement ; 483 211 580 pour ses interventions économiques, sociales et scientifiques ; ainsi que 369 890 000 FC pour les subventions et organismes auxiliaires, selon les données fournies par la même source.
A fin avril 2020, les dépenses de la présidence de la République étaient évaluées 86 761 468 381 FC (46,898 millions USD) sur des prévisions linéaires de 101 928 492 1 91 FC (55,096 millions USD), soit un taux d’exécution de 85,11%.
A comparé avec le niveau de dépenses à fin mai, l’institution Présidence de la République a consommé 12,37 millions pour le seul mois de mai 2020.
Un pouvoir peut-il arrêter un autre ? Qui a donné l’ordre aux policiers d’empêcher l’accès aux Parlementaires à leur lieu de travail ? Quid de la sacro-sainte séparation de pouvoirs ?
Députés nationaux et sénateurs ont été empêchés d’accéder à leur sanctuaire, le vendredi 12 juin. De bonne heure, des éléments de la Police nationale congolaise (PNC) et des exploitants de taxis moto, communément appelés « Wewa » à Kinshasa, ont quadrillé le siège du Parlement congolais. Du coup, le sacré a été désacralisé. A plus d’un égard, la scène a ressemblé à un feuilleton. Bien plus qu’une pièce de théâtre d’un genre nouveau dans un Etat voulu démocratique et de droit. Dans les rues de Kinshasa, des commentaires vont bon train.
Sortir du contexte, on tombe dans le prétexte. Le Palais du peuple a été ceinturé le jour où la plénière de la Chambre devait procéder au vote du remplaçant de Jean-Marc Kabund A Kabund. On comprendrait, si les policiers y avaient été dépêchés pour sécuriser les députés nationaux. Mais, dès lors qu’ils sont été envoyés au Palais du peuple pour empêcher les parlementaires d’y accéder, il se pose un vrai problème de fond.
Que des Policiers aient empêché les parlementaires d’accéder à leur lieu de travail, il n’y a pas pire scandale démocratique que ça. C’est même gravissime. On reproche à l’Assemblée nationale de vouloir tenter un passage en force, après l’Arrêt du Conseil d’Etat rendu dans la nuit de mercredi 10 juin. Par cette décision, cette cour de juridiction administrative, a ordonné la suspension de l’élection du premier vice-président de l’Assemblée nationale en attendant la décision de la Cour constitutionnelle, appelée à se prononcer en dernier ressort, sur la constitutionnalité de la démarche ayant abouti à la déchéance de Jean-Marc Kabund.
DES QUESTIONS
La forte présence policière vendredi devant les différentes entrées du Palais du peuple appelle une double question fondamentale. La première : de qui les éléments de la Police ont-ils reçu l’ordre d’empêcher les parlementaires d’accéder à l’hémicycle ? Ensuite, une institution a-t-elle le pouvoir de réquisitionner la Police nationale congolaise pour arrêter ou bloquer -c’est selon – le fonctionnement d’une autre institution ? Question fondamentale.
D’ores et déjà, des analystes sont unanimes que ce qui s’est passé vendredi au Palais du peule pose un vrai problème de leadership (au sein du parti présidentiel ?). D’abord, c’est difficilement compréhensible qu’un membre éminent du parti au pouvoir, remette en question le choix de l’autorité morale de sa formation politique et par ailleurs, Président de la République. Parce qu’en saisissant la Justice, alors que Félix Tshisekedi avait déjà désigné la personne devant le remplacer, Jean-Marc Kabund A- Kabund, ancien premier vice-président de l’Assemblée nationale éjecté de son fauteuil le 25 mai dernier, s’est comporté comme un électron libre.
On rappelle que dans un tweet très largement relayé par les médias, Jean-Marc Kabund avait déclaré qu’il était tout content d’avoir quitté son poste la tête haute. Autrement dit, il prenait ainsi acte de la décision souveraine de l’assemblée plénière du 25 mai dernier de la Chambre. Partant, l’opinion a du mal à comprendre la volte- face du président intérimaire de l’Udps qui, bien qu’ayant acté sa déchéance, a encore saisi la Justice, sous prétexte que la procédure de sa déchéance a été viciée.
Vu des observateurs, le président intérimaire de l’Union pour la démocratie et le progrès social aurait voulu défier l’autorité du chef du parti qu’il ne s’y serait pas pris autrement.
Par ailleurs, au niveau même de la Justice, les mêmes analystes jugent que rien, alors rien ne saurait justifier la désacralisation du siège du Parlement. Que des policiers mobilisés pour interdire l’accès des parlementaires à leur lieu naturel de travail…sur ordre d’un autre pouvoir, les faits sortent de l’ordinaire. Du point de vue de la Constitution, bréviaire de toutes les institutions du pays et de leurs animateurs, ce déploiement policier est, à tout le moins, inadmissible.
QUID DE LA SACRO SAINT SEPARATION DE POUVOIRS ?
Ce qui s’est passé le vendredi dernier au Palais du palais dépasse tout entendement. Au-delà de la violation du siège sacré du pouvoir législatif, en sus de la motivation inexplicable qui la sous-tendrait, cet acte pose une autre question fondamentale. A savoir la sacro-sainte séparation de pouvoirs. Subsidiairement, des observateurs se trouvent en droit légitime de chercher à savoir si un pouvoir est fondé d’arrêter un autre. Si, oui, au nom de quel texte légal ? A l’hypothèse qu’on y réponde par la négative, on se retrouve alors là, dans une situation parfaite et même atypique, qui frise l’arbitraire.
Au-delà de tous les commentaires en continu que charrie ce qui s’est passé vendredi dans le périmètre du Palais du peuple, le commun des mortels congolais s’interroge également sur ce qui reste de la cohésion des membres de différentes institutions du pays. Tout semble se passer comme s’l n’y avait pas même pas un minimum de concertation préalable entre animateurs des structures étatiques du pays.
Si Jean-Marc Kabund A Kabund peut se réjouir d’avoir arrêté le temps-comme il avait si bien promis, d’aucuns pensent, cependant, qu’il aura voué son parti Udps à la vindicte populaire. Imaginons un seul instant que les faits se soient produits sous le règne de Joseph Kabila. Sans chercher de mots, les lieutenants du parti au pouvoir l’aurait taxé sans doute de dictateur.
A QUI PROFITERAIT LA CRISE ?
Si le but de cette démarche est de vouloir créer une crise interinstitutionnelle persistante qui déboucherait sur la dissolution de la Représentation nationale, plusieurs fois réclamée par les partisans du parti au pouvoir, alors on devrait faire très attention. S’il st vrai que la Constitution reconnait au Président de la république, la prérogative de liquider l’Assemblée nationale, la même Constitution et sans équivoque quant aux conditions pour arriver à cette dissolution.
Expédier le Parlement, pour le cas d’espèce la chambre des représentants, suppose d’abord qu’il y a crise persistante entre l’Assemblée nationale et l’Exécutif. Ensuite que le Président de la république dispose des moyens matériels et financiers nécessaires pour organiser de nouvelles élections législatives. Ce, dans le délai constitutionnel, sous peine de voir le pays effectuer un saut dans l’inconnu. A supposer que le but de la manœuvre actuelle est celui-là, c’est-à-dire la dissolution de la chambre basse, la question qui se pose est celle de savoir à qui profiterait finalement la crise politique qui en résulterait ? En tout cas, pas forcément à l’Udps!
Ayant accédé au pouvoir au plus haut sommet de l’Etat, après près de trois décennies de lutte, l’Udps n’a plus besoin d’une géométrie particulière pour comprendre que c’est elle qui est aujourd’hui au pouvoir. Malheureusement. Les choses, telles que se passent, donnent l’impression que l’Udps est à la fois dans l’opposition et au pouvoir. Ça fait clair-obscur. Un oxymore que nul ne comprendrait. Dans ces conditions, on risque de passer le quinquennat en cours dans une vaste distraction assortie d’intrigues politiques qui ne garantissent pas de lendemains meilleurs.
Tout bien considéré, la RD Congo, à travers ce qui s’est passé le vendredi au Palais du peuple, a envoyé à l’opinion nationale et internationale un signal des plus négatifs.
La République Démocratique du Congo a enregistré, dimanche 14 juin 2020, 59 nouveaux cas confirmés de la pandémie de Covid-19, rapporte le bulletin journalier du comité de la riposte.
Ces nouvelles infections ont été signalées à Kinshasa (51), au Kongo Central (6) et à la Tshopo (2).
Par ailleurs, selon le secrétariat technique du comité multisectoriel de la riposte, 5 nouveaux décès et 13 cas de guérison de plus ont été recensés.
Depuis la déclaration de la pandémie de Covid-19, le 10 mars 2020, la RDC compte 4.837 cas (4.836 confirmés et 1 probable) dont 112 décès (111 confirmés et 1 probable) et 613 personnes guéries.
L’équipe de riposte signale aussi que 314 cas suspects détectés sont en cours d’investigation et 3.197 patients sous traitement sont en bonne évolution.
Après une fin à minima heureuse et inattendue à l’issue du capharnaüm électoral de décembre 2018, les druides du chaos sont rentrés dans leurs laboratoires, à la recherche d’une énième formule pour défaire un peuple qui s’est tenu face à eux, afin d’arracher la première alternance à la tête du pays.
Rêve parfaite. Dormir, se réveiller, être à la tête d’une heureuse fortune. Devenir milliardaire. Réussir. Avoir tous les bonheurs du monde et vivre longtemps. Pour une Nation, cela se résume un peu plus simplement : la prospérité ! Passant par la démocratie, socle d’une société égalitaire et libre, la Nation se développe et donc, prospère. Si l’homme doit travailler pour atteindre ses rêves, la Nation aussi : avancer, se doter des moyens, des structures, des règles, et même des principes pour atteindre le sommet.
En 2003, Joseph Kabila réussit à calmer les ardeurs rebelles de ses frères et les réunit autour d’un butin commun à la tête de l’Etat : un plus quatre, partager toutes les richesses à cinq, diriger ensemble. La Nation doit se révéler certes, se développer et prospérer. Il faut des moyens, des principes et des règles. Bonjour la démocratie. 2006, il faut aller voter. La Commission électorale sera le temple de la démocratie, le socle de la cohésion nationale, l’arbitre même du pouvoir. Les règles sont simples : cette maison cruciale sera dirigée par consensus. La société civile, ceux qui baignent dans les bas fond du Congo, ceux qui sont des peuples, ont donc le droit de désigner le président de cette Institution électorale. D’autres, divisés, opposants et pouvoir, en choisiront des membres. Très vite, un prêtre est désigné. C’est l’Abbé Malumalu. Il nous conduit vers les premiers pas douloureux de la démocratie. Ça tire à Gombe ; Bemba tente de renégocier les résultats des urnes. Mais le Congo aime la paix. Nous voilà, acceptant la victoire de Joseph Kabila, désormais toléré.
Une commission électorale en guerre contre la démocratie
Mais la suite est à l’image du Congo, l’histoire bégaie et recule. Elle flageole même. L’idéale d’une Commission électorale totalement indépendante n’était qu’un rêve. En 2006, Joseph Kabila y injecte un mode de succession qui sera à la base même de tous les maux électoraux au pays. Daniel Ngoy Mulunda, d’une suffisance à défier celle de Lucifer, succède à l’Abbé Apollinaire Malumalu et finit par organiser l’une des pires élections de l’histoire de l’humanité. En 2011, l’Assemblée nationale, la représentativité supposée des aspirations du peuple, s’en éloignait comme une peste. A la Présidentielle, Etienne Tshisekedi affirme l’avoir emporté à 76% contre 26% face à Joseph Kabila. Le chaos est total. La confusion est artistique.
Passons, le Congo prend sur lui. Mais il donne rendez-vous à Kabila et ses cinq chantiers manqués en décembre 2016. Rossy Mukendi et Thérèse Kapangala barricadent les rues. Ils le paient cher. Les Kabilistes sont prêts à tout. Et, comme en 2011, ils sont réussis à placer un autre enfant de la maison, Corneille Nangaa, à la tête de la Commission électorale. Cette fois-ci, l’hécatombe es totale, Staline himself est appelé à venir prendre des cours : les machines à voter sont surfacturées. Les bureaux de vote seront fantômes. Des élus voteront depuis chez eux, avec leurs propres machines, les bulletins seront ensuite portés disparus. Nul ne saura réellement qui a voté qui. A Limete, sous une intense pluie et au bout d’innombrables luttes, des Congolais font la queue et cherchent leurs noms introuvables dans des listes concoctées dans un délayages total. La Cour constitutionnelle donne des décisions contradictoires qui dénaturent ses propres fondements…
Les Kabilistes veulent prendre leur revanche
Mais voilà. Il eut alternance. Malgré la pluie, le beau temps est arrivé en RDC. Le dauphin a échoué sur la plage. Le Raïs est à la retraite. Le fils du Sphinx est au Palais de la nation. Le Lider-Maximo est même inhumé avec honneurs. Un peu trop emberlificoté. La réalité est autre, beaucoup moins glamour certes. Pour autant, les druides Kabilistes, ceux qui ont pondu un dauphin carnivore qui voulait à tout prix être président, ne dorment pas. Ils veulent prendre leur revanche. Tenez : les voilà, débout, face à la Commission électorale, préparant le prochain coup. Dans une commission sanctionnée pour corruption, dont les dirigeants ont brillé par leurs capacités à créer le chaos, les voilà en train de fabriquer un futur président de la CENI.
Ronsard Malonda, le pauvre, était pourtant Secrétaire Exécutif de la CENI, sa plaque tournante, au cœur du chaos, au cœur des combines des machines à voter surfacturées et du tripatouillage des résultats en 2018. Le voilà, lui, que les druides ont choisi, pour succéder à Nangaa, un homme qui trop servi, trop terni pour se maintenir. La même méthode. La même recette. Tentant de rattraper leur défaite du 30 décembre 2018 : un homme « maison », fin technicien électoral, apolitique, ou du moins en apparence ; méconnu du public, mais qui bien un dortoir en son nom à Kingakati.
L’histoire est un éternel recommencement. Le soleil se lève, se couche et se relève. Mais dans cette continuelle ritournelle, il y a des peuples qui décident de changer l’issue des choses. Les Français l’ont fait. Marianne a tenu le Drapeau pour crier « Liberté , Egalité, Fraternité!». Washington Georges a dit non à la Reine ; Luc Nkulula ne s’est pas sacrifié pour rien. La roue peut tourner autrement. Il suffit, pour chacun de nous, de s’approprier ce processus dès le départ : du choix des animateurs de la CENI, à la reforme totale du processus électoral qui a montré ses limites. Oui ! Nous pouvons le faire, tout en ayant un regard fixé sur nos « détourneurs » des 100 jours à Makala. Nous sommes la majorité. Nous sommes le peuple. Rien ne devrait nous échapper. Plus rien ne devrait se faire sans nous. Rien, mais alors, plus rien, ne devrait être fait contre nous ! Nous sommes le Congo, alors, assumons-nous ! Sinon, payons les conséquences.
Le chef de l’Etat qui assure, par son arbitrage, le fonctionnement régulier des pouvoirs publics et des institutions ainsi que la continuité de l’Etat, a présentement une grande responsabilité. C’est l’avis du député national Henri-Thomas Lokondo à la suite du couac entre l’Assemblée nationale et le Conseil d’Etat. L’élu de Mbandaka appelle ainsi le président de la République à convoquer d’urgence une réunion interinstitutionnelle pour arbitrer la crise.
Le député national Henri-Thomas Lokondo invite le président de la République à convoquer d’urgence une réunion interinstitutionnelle pour arbitrer la crise entre le Conseil d’Etat et l’Assemblée nationale.
Pour l’élu de Mbandaka, l’action posée à l’Assemblée nationale, n’était pas une décision administrative. « C’est un acte d’Assemblée, d’une institution hautement politique. Le Conseil d’Etat n’est pas compétent pour statuer sur un acte pris par une Assemblée nationale pour son fonctionnement interne. C’est universel », a-t-il réagi. Et de poursuivre : « Comme je l’avais dit hier, on veut simplement instituer une République des juges, c’est très dangereux pour un Etat. Maintenant le pouvoir doit arrêter le pouvoir dans le cadre de la séparation des pouvoirs. Comme vous le savez aussi, la candidature de Kabund, son dossier est présenté par l’Udps, donc c’est l’Udps qui aurait dû si c’était possible introduire une requête pour demander la réhabilitation de Kabund comme premier vice-président de l’Assemblée nationale.
Pour ces raisons simples et claires comme l’eau de roche, à l’extension, moi je me réfugie derrière l’article 28 de la Constitution qui dispose que nul n’est tenu d’exécuter un ordre manifestement illégal. Parce que cet arrêt porte atteinte aux libertés publiques dont celles de l’Assemblée nationale de fonctionner normalement, le chef de l’Etat a présentement une grande responsabilité. C’est pourquoi, conformément à l’article 69 de la Constitution, il doit toutes affaires cessantes convoquer une réunion interinstitutionnelle pour arbitrer cette crise pour le fonctionnement régulier des institutions, sinon, ce serait le commencement de la fin de l’Etat ».
À l’Udps de clarifier son jeu
Dans la foulée, Henri-Thomas Lokondo interroge : « Quel jeu joue l’Udps ? Kabund n’a pas démissionné de l’Udps malgré le désaveu. Parce que la candidature de notre collègue de l’Udps a été endossée par l’autorité morale de l’Udps qui est le président de la République. L’Udps non plus n’a pas appliqué sa motion magique et mécanique de l’auto-exclusion. Alors il y a quelque chose qui ne va pas. Si la justice n’est pas instrumentalisée, si la justice ne subit pas de pressions politiques d’une manière ou d’autre ».
Pour rappel, les Kinois et plusieurs autres observateurs de la politique congolaise ont vécu avec stupéfaction, vendredi 12 juin dernier, ce qui est apparu comme la théâtralisation politique devant le siège du Parlement.
En effet, comme prévue et sur invitation officielle du bureau de l’Assemblée nationale, les députés nationaux auraient dû se retrouver pour « prendre part à la séance plénière pour élire un nouveau 1er vice-président en remplacement de Jean-Marc Kabund, destituée le 25 mai dernier ».
L’unique candidate désignée lundi 8 juin dernier parmi les autres candidats qui se sont manifestés était Patricia NseyaMulela, députée nationale UDPS élue de Likasi dans le Haut-Katanga.
Présentée comme la candidate du consensus désignée par le président Félix-Antoine Tshisekedi, selon des sources sûres, elle avait été adoubée par les autres membres de son parti ainsi que ses élus.
Mais le rendez-vous électoral programmé, c’était sans compter avec l’intervention de la justice dans ce dossier sur le différend opposant l’ancien 1er vice-président destituée, l’UDPS Jean-Marc Kabund contre sa présidente, la PPRD Jeanine Mabunda.
Dans une décision datée du 10 juin dernier, le Conseil d’Etat saisi par Kabund avait pourtant décidé par une ordonnance « de suspendre les effets de la décision fixant le calendrier de l’élection et l’installation du 1er vice-président de l’Assemblée nationale tout comme la lettre du SG de cette assemblée en attendant la décision de la Cour Constitutionnelle sous R. Const.1242 ».
Entretemps, c’est la polémique scientifique dans le fond de l’action de la justice, tout comme de l’option de ce que d’autres qualifient de « forcing » de l’Assemblée nationale. L’on rapporte que requérant Jean-Marc Kabund n’a pas attaqué le vote de déchéance comme tel. Il a plutôt attaqué deux décisions administratives de l’Assemblée nationale à savoir, la décision de la présidente fixant le calendrier électoral et la lettre du secrétaire général de l’Assemblée nationale, encore comme autorité administrative, lui demandant de restituer clés, bureaux et autres biens de l’Assemblée nationale.
Auditionné à titre de renseignant pour éclairer la religion du Tribunal de grande instance siégeant en chambre foraine à la prison Centrale de Makala dans l’affaire opposant le Ministre Public contre le prévenu Mukuna, l’avocat de la succession de Nkatshia, ex-collaborateur de Mukuna décédé depuis plusieurs années, avait confirmé que c’est bel et bien lui qui détient depuis 2017 le certificat d’enregistrement de la parcelle du défunt. Ce renseignement qui sauve de justesse l’Evêque Pascal Mukuna du chef de l’une des infractions à charge, appelée en droit « la rétention illicite des documents parcellaire ».
Et pourtant, la partie demanderesse, par le biais de son conseil, avait souligné la rétention illicite de ce document dans le chef du prévenu. Plaidant non coupable dès le début du procès, le conseil de Mukuna avait d’ailleurs rejeté toutes les trois accusations portées contre leur client, à savoir : Viol, Rétention illicite de document parcellaire ainsi que Menace de mort, lors de l’audience du 5 juin avant que le tribunal renvoie l’affaire au 12 juin afin pour audition des témoins.
A en croire le président de l’ASADHO et le 1er vice-président du mouvement citoyen de l’Eveil patriotique, Me Jean-Claude Katende, tous les témoins ayant comparu à cette audience ont visiblement démontré que les choses se sont avérées presque comme l’Evêque Mukuna les avait racontées.
Ce dernier estime qu’à l’allure où va ce procès, et si jamais le tribunal restait indépendant, le prévenu Pascal Mukuna devrait être acquitté dans cette cause dans les prochains jours. Encore qu’à l’audience du 5 juin, le prélat de l’Assemblée Chrétienne de Kinshasa (ACK), lors de son intervention, avait rejeté en bloc toutes les préventions retenues à sa charge selon la réquisition du Ministère Public, alors que le tribunal était en phase d’instruction pour son éclairage.
Il sied de rappeler Pascal Mukuna a été accusé par l’épouse de son ancien collaborateur déjà décédé, Madame Tshibola Mamie pour les chefs de ces infractionnels : viol, rétention illicite des documents parcellaires et de menaces de mort’’. Consécutivement à cette plainte qu’a aussitôt été entendu et Mappé par le Procureur. Avant qu’il soit escorté nuitamment à la Prison centrale de Makala.
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