Ecoutez cet article

La division de l’Union Sacrée de la Nation (USN) ne serait pas loin d’être imaginée au regard de cette longue attente qui précède la publication du Gouvernement. Depuis près de cinq mois, la République Démocratique du Congo qui est en état de non Etat, est pris en otage par une classe politique caractérisée par des tergiversations sans précédent. Les rimeurs autour de l’USN avant la sortie du gouvernement seraient un mauvais présage pour la concrétisation du fameux crédo «le peuple d’abord». D’aucuns diraient que la volonté de travailler y est. Mais avec qui ? Le partage des postes, semble-il, serait en train de diviser les partenaires de l’USN.

Rompant la coalition FCC-CACH, Félix Tshisekedi avait annoncé sa nouvelle vision incarnée par l’Union Sacrée de la Nation (USN), en nommant un informateur, à cet effet. Ayant réussi à contourner les prétendus pièges que le FCC lui aurait tendus, la majorité parlementaire a été requalifiée en sa faveur. Conséquence, Sama Lukonde s’est avéré l’homme de confiance pour porter la vision de Félix Tshisekedi.

Le contexte dans lequel le gouvernement Sama Lukonde est attendu n’est, malheureusement, pas prometteur pour l’efficacité et la survie de l’Union Sacrée de la Nation (USN). Bon nombre de ceux qui soutiennent cette vision du président de la République (USN) viennent du Front Commun pour le Congo, considéré hier comme une entrave, un obstacle pour la réussite de Félix Tshisekedi. Leur traversée, bien entendu la conversion, c’est-à-dire, du kabilisme au tshisekedisme mériterait une récompense, partage des postes au détriment du peuple pour qui, cette USN a été créée.

Résultat ?

Ilunga Ilunkamba est tombé et son rôle actuel est protocolaire. Il expédie les affaires courantes. Sama Lukonde est nommé, il ne peut pas travailler car n’étant pas investi et n’ayant pas de gouvernement.

Sans gouvernement, le pays est-il dirigé?

La RDC est en situation de non Etat depuis près de cinq mois. Un état d’inertie totale, une paralysie curable à long terme.

Il se pose un problème très séreux de la redistribution pour plaire aux adhésions à l’USN. La RDC est dans un état d’un gouvernement inopérant.

L’attente est tellement devenue longue que le Premier ministre est dans un pétrin, mais tempéré par son attitude d’homme d’Etat. Les pétitionnaires veulent être au gouvernement, les dissidents du FCC se flottent les mains avec appétit, les combattants du parti présidentiel se donne un pectoral, les autres vantent leurs poids politiques. Bref, c’est tout le monde qui veut être au gouvernement sans pour autant tenir compte de la taille réduite de cet exécutif national. Aucun politicien ne parle en des termes de : «Bon écoutez… pour le bien du peuple… ». Mais plutôt on attend des discours, «notre poids politique… ». Messieurs, où est la part du peuple ?

La sortie du gouvernement Lukonde, une bombe à retardement

Déjà le partage des postes divise les uns et les autres. Chacun est dans l’USN pour son ventre et veut à tout prix être satisfait sans se soucier de l’état actuel de la RDC, sans penser aux problèmes auxquels le peuple est confronté. Une fois insatisfaits, c’est-à-dire, sans obtenir ce pourquoi ils étaient venus, les politiciens fumistes vont se rétracter. Le pays aura la première génération des frustrés de l’Union Sacrée de la Nation. Et ceux-ci par rapport au contexte, ils vont soit s’allier au FCC pro Kabila, soit à Lamuka. Et un bloc d’entrave à l’USN sera constitué et la situation redeviendra comme celle du départ, le cercle vicieux, les lamentations politiques. Donc, le peuple n’aura pas trouvé sa part. La bombe va éclater et c’est la division sacrée de l’Union Sacrée de la Nation.

Où seraient partis l’humanisme et le patriotisme ?

Tous attendent voir l’amour du pays et l’intérêt du peuple lors de la publication du gouvernement des warriors. Déjà, les indices décrivent l’Union Sacrée de la Nation comme un groupe de chasseurs qui ont abattu une antilope et dont le partage divise toujours. Des voix s’élèvent : «Ecoutez, c’est moi qui ai déclenché la fuite de l’animal, c’est moi qui ai brûlé la brousse… c’est moi qui ai tracé le chemin…c’est moi qui ai vu l’animal en premier…c’est moi qui ai abattu… mais c’est ma machette…en fin c’est mon gibecière…».

Ces chasseurs ne peuvent pas s’entendre. Chacun voudra avoir une part par rapport à sa contribution et du coup, les contradictions susciteront la haine, la jalousie, d’autres s’en iront sans toucher à l’animal. Prochainement, ces chasseurs ne feront jamais route ensemble. Aujourd’hui, les poids sont vantés au sein de l’USN et constituent une raison de se faire goinfrer, s’empiffrer les ministères comme si la compétence était du côté de ceux qui sont nombreux.

Les autres dans leurs coins revendiquent la chute et le renversement de la majorité. Une raison pour eux de faire partie du gouvernement. Le premier ministre consultait officiellement, l’UDPS consultait officieusement. Résultat : comme pour les chrétiens, Jésus revient bientôt, le peuple est dans « Le gouvernement sort bientôt». Car, les moutures déposées sur la table présidentielle viennent de part et d’autre.

Jusqu’à quand ?

Le peule observe. Les conclusions sont à tirer sans disserter. Déjà, les circonstances de la naissance de l’Union Sacrée de la Nation sont une introduction. A la recherche du développement ? Les déclarations des politiciens fumistes qui se bousculent de tout côté pour remporter des postes ministériels, mettant ainsi le premier ministre dans le pétrin de former son gouvernement de taille réduite. La conclusion c’est que la RDC est loin d’être délivrée de sa situation d’antan. Le peuple d’abord, c’est ce qu’attendent les congolais.

Gilbert Mulumba
La prospérité

LAISSER UNE RÉPONSE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
Veuillez entrer votre nom ici