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Un groupe d’acteurs politiques, auparavant membres de la plateforme Rassemblement des forces politiques acquises au changement, voit d’un mauvais oeil que Félix Tshisekedi, récemment élu au terme d’un congrès, soit reconnu comme seul dirigeant du parti de son défunt père, Etienne Tshisekedi.

À l’origine, le Conseil national de suivi de l’accord de la Saint-Sylvestre (CNSA), dirigé par le président du comité des sages du Rassop, Joseph Olenghankoy, a pris l’option, le 28 mars dernier, de restituer le parti politique Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) au camp dirigé par Félix Tshisekedi, récemment désigné président de cette formation lors d’un congrès, pour remplacer Étienne Tshisekedi, décédé le 1er février 2017 à Bruxelles. Aussi le CNSA a-t-il prié le Premier ministre, Bruno Tshibala, exclu de l’UDPS dirigée par le fils Tshisekedi, de créer son propre parti politique.

Mais cette décision, qui entre en ligne de compte de la décrispation politique mentionnée dans l’Accord de la Saint-Sylvestre, n’aurait pas du tout été du goût de Tshibala et d’autres acteurs politiques issus de l’opposition et actuels membres du gouvernement, renseigne-t-on. On citerait les noms de Jean-Pierre Lisanga Bonganga, Ingele Ifoto, Freddy Kita… Plutôt que de former un autre parti politique, l’UDPS conduite par le président délégué Tharcisse Loseke a donc multiplié des tentatives afin de conserver ce parti et ne s’est pas conformée à la décision du CNSA.

D’une source sûre, l’on apprend que le ministre de l’Intérieur, Henri Mova Sakanyi, aurait été poussé pour ne pas appliquer les recommandations du CNSA au sujet de la liste de partis politiques et regroupements politiques qui lui a été transmise le 11 mai. En fait, le CNSA a transmis une liste définitive de partis politiques mais celle-ci devrait être rectifiée sur la base de ses recommandations ainsi que des éléments complémentaires ou rectificatifs des partis politiques concernés par les omissions ou des données dépassées. Et l’une des erreurs à corriger sur la fameuse liste a été de remettre l’UDPS à Félix Tshisekedi aux dépens de Tshibala.

Or, le ministre de l’Intérieur n’a pas d’autres choix que de suivre les recommandations du CNSA, car l’Accord du 31 décembre 2016 lui interdit de s’immiscer dans les problèmes internes des partis politiques. C’est au CNSA de s’occuper spécifiquement de ces questions et ensuite de lui adresser des recommandations. Déjà, le ministre Mova et le président Joseph Olenghankoy s’étaient convenus d’opérer des modifications dans la liste officielle des partis et regroupements politiques publiée dans le Journal officiel.

Olenghankoy la cible…

Non contents de la décision du CNSA, souffle un dignitaire du pouvoir ayant requis l’anonymat, des politiciens se sont retrouvés en secret pour mener des actions à partir du 21 mai. Et la stratégie arrêtée serait d’écrire officiellement au ministre Mova afin de faire valoir que l’UDPS revienne à Tshibala. L’autre stratégie conçue lors d’une deuxième réunion de ce groupe de politiciens, révèle la même source, serait de contester le fait que le Rassemblement soit une plateforme politique, alors que ce regroupement a pris part aux discussions directes ayant engendré l’Accord du 31 décembre 2016.

La cible de ces stratégies offensives est bien entendu le président du Conseil des sages du Rassemblement et d’office président du CNSA, Joseph Olenghankoy, successeur incontesté de feu Étienne Tshisekedi à ses charges d’État. Le péché du leader du parti politique Forces novatrices pour l’union et la solidarité, c’est d’avoir remis l’UDPS au camp de Félix Tshisekedi. « L’Accord a fait de Bruno Tshibala, Premier ministre. Le même accord appelle aux mesures de décrispation. Et c’est donc logique que l’UDPS soit rendue à Félix Tshisekedi qui est le président légal et légitime de ce parti. Nos amis doivent créer leur propre parti », indiquait récemment à la presse Joseph Olenghankoy, lui qui apparaît aujourd’hui comme le garant du processus électoral du côté de l’opposition.

Ce n’est plus un secret, ces acteurs politiques, opposants d’hier et aujourd’hui membres du gouvernement, ont formé des plateformes politiques proches de la Majorité présidentielle qui cherche, du reste, des alliés pour les échéances électorales prévues pour décembre. « S’ils quittent l’opposition, qu’ils le fassent en toute liberté et non chercher à détruire le Rassemblement. Ce n’est plus un secret, ils ont rejoint la MP, mais quel sera leur apport là-bas ? Ils ont été les grands bénéficiaires de l’Accord du 31 décembre 2016 du côté du Rassemblement en intégrant le gouvernement. Et voilà qu’aujourd’hui, ils veulent jeter de l’opprobre sur le même Rassemblement, ils ont totalement oublié le principal objectif de l’opposition qui est l’organisation des élections », a regretté un autre membre influent de l’opposition.

Martin Enyimo
Adiac-Congo / MCN

DiaspoRDC TV

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