Les relations entre le président rwandais Paul Kagame et Yoweri Museveni, son homologue ougandais, sont très tendues. Depuis plusieurs années, Kigali accuse Kampala de soutenir des groupes rebelles voulant déstabiliser le Rwanda. Tour d’horizon des réactions dans la capitale rwandaise.
Interrogée par RFI, la porte-parole du gouvernement rwandais, Yolande Makolo, assure que cette opération de l’armée ougandaise en RDC est une affaire qui concerne uniquement Kampala et Kinshasa.
Mais elle précise que le Rwanda surveille l’évolution de la situation ainsi que ses éventuelles conséquences sur sa sécurité nationale, avant de conclure qu’il est dans l’intérêt de tous d’œuvrer à la stabilité de la région.
Les opérations conjointes des armées congolaises et ougandaises sont concentrées dans le territoire de Beni, loin de la frontière rwandaise. Mais pour Kigali, il y a d’autres facteurs qui entrent en jeu.
« Problématique »
« Si cela se limite à un combat contre les ADF, il n’y a pas de problème, explique une source proche des autorités. Mais si l’Ouganda est tenté d’apporter un soutien à d’autres groupes armés présents en RDC et qui ont pour but de déstabiliser le Rwanda, là, ce sera problématique. » Le Rwanda a souvent accusé Kampala de soutenir le RNC et les FDLR, des groupes qu’il considère comme terroristes.
Dans la presse locale, le ton est moins modéré. Un article d’opinion du journal pro-gouvernemental KT Press indique à ce sujet que le Rwanda a ses propres intérêts et qu’il est préparé à les défendre contre quiconque voudrait les menacer.
Plusieurs jours après les frappes aériennes ougandaises contre les positions des terroristes des ADF, les armées congolaise et ougandaise ont, dans un communiqué conjoint du 10 décembre 2021, livré le bilan de cette opération.
« Les deux forces portent à la connaissance du public que le bilan préliminaire des frappes aériennes et de l’artillerie du 30 novembre 2021 fait état de 31 otages congolais libérés, 34 terroristes ADF capturés et 4 bivouacs ennemis détruits », peut-on lire dans ce communiqué de presse conjoint signé par les porte-paroles de deux armées, le général major Léon Richard Kasonga du côté congolais et le brigadier général, Flavia Byekwaso, côté ougandais.
Ces deux armées, à savoir, les FARDC et l’UPDF ont également indiqué que la situation sur le théâtre des opérations demeure calme. Ce qui les pousse à se concentrer sur l’entretien des axes routiers pour faciliter et sécuriser davantage le mouvement des militaires et le déplacement de la population civile dans la région de Beni, au Nord-Kivu. Il s’agit des axes Mbau-Kamango, Nobili-Kamango et Semuliki-Beni.
Il sied de rappeler qu’au cours d’une conférence de presse animée, début décembre, conjointement par le porte-parole du gouvernement congolais, Patrick Muyaya et le porte-parole de l’armée congolaise, le général major Léon-Richard Kasonga avait indiqué qu’après les frappes aériennes de l’armée ougandaise, il y a eu aussi une offensive terrestre entre les deux armées contre l’ennemi commun qui est le groupe terroriste ADF (Alliance des forces démocratiques alliées).
« Au regard des informations recueillies, nous avons commencé à attaquer les objectifs militaires bien précis. A ce niveau, nous avons bénéficié tard de l’appui en artillerie de l’armée ougandaise et les troupes ougandaises ont rejoint les unités spéciales congolaises à la frontière depuis la matinée », avait expliqué le général Léon-Richard Kasonga.
Et de poursuivre : « Après ce pilonnage systématique des deux forces armées, nous avons localisé avec nos moyens technologiques et avec l’appui des partenaires, nous avons frappé ces endroits. Après ces frappes, les troupes d’infanterie au sol sont entrées en danse. Après avoir frappé une cible, et avoir bombardé, il faut aller voir ce qui s’est passé pour voir si les ennemis sont neutralisés ».
Le combattant de la diaspora congolaise, Boketshu Wa Yambo lance un message à l’artiste musicien Fabregas Le Métis Noir : « Lelo moto ekopela comme yo oza têtu ».
Jean-Marc Kabund exprime sa satisfaction une année après ce qu’il qualifie de « déboulonnement » du système Kabila.
Le premier vice-président de l’Assemblée nationale l’a fait savoir vendredi sur Twitter. D’après lui, la fière chandelle revient aux députés nationaux révolutionnaires.
Maintenant que les acquis du changement sont palpables, le président intérimaire de l’UDPS demande aux élus de garder le cap vers la consolidation de la révolution parlementaire.
« Une année après le déboulonnement du système Kabila avec la chute du bureau Mabunda, j’adresse une fière chandelle aux députés nationaux révolutionnaires. Cap vers la consolidation des acquis de la révolution parlementaire en République démocratique du Congo. Vivement le changement en RDC ! », s’est-il exprimé.
Une année après le déboulonnement du système KABILA avec la chute du bureau MABUNDA, J’adresse une fière chandelle aux députés nationaux révolutionnaires. Cap vers la consolidation des acquis de la révolution parlementaire en RDC. Vivement le changement en RDC ! pic.twitter.com/Exo9R1p4Lm
Suite à la requalification de la majorité au sein du Parlement, le chef de l’État, Félix Tshisekedi, avait créé la nouvelle coalition de gouvernance appelée « Union sacrée de la nation » .
Actuellement, la République est dirigée par un gouvernement composé essentiellement des membres de la coalition sous l’influence du président Tshisekedi .
L’ instruction de la cause en rapport avec l’assassinat des deux défenseurs des droits humains, Floribert Chebeya et son chauffeur, Fidèle Bazana, tués le 1er juin 2010 à l’Inspection générale de la police, où ils avaient rendez-vous avec le général John Numbi, patron de la police de l’époque, s’est poursuivie ce vendredi 10 décembre 2021 à la prison militaire de Ndolo.
L’ audience de ce jour était consacrée aux confrontations entre les prévenus Paul Mwilambwe et Jacques Mugabo ainsi que les renseignants Doudou Ilunga, le général Zelwa Katanga dit Djadjidja, Colonel Mukalayi et Jeancy Ngoy. Cité comme l’un des commanditaires du meurtre des activistes Floribert Chebeya et de Fidèle Bazana, le Colonel Daniel Mukalayi a décliné sa responsabilité mettant tout sur les épaules de son Chef de l’époque, le Général John Numbi. Devant la Haute Cour, il a affirmé que le général John Numbi ne l’associait pas. “Il y a eu des missions pour tuer des Kulunas, parfois des cadavres étaient découverts et je n’étais pas informé”.
Pour ce qui est de la mort de Floribert Chebeya, le Colonel Daniel Mukalayi a soutenu devant la Haute Cour qu’il en avait été informé “quelques minutes avant”. Selon lui, Christian Ngoy et Jacques Mugabo, tous deux du commando Simba qui avait exécuté les deux activistes, lui avait confié qu’ils étaient sur point de tuer Chebeya sur ordre du Général Numbi. A en croire le Colonel Daniel Mukalayi, il leur avait demandé de ne pas le faire. “Je leur avait dit ne faites pas ça”, a-t-il soutenu.
Une version des faits que le prévenu Jacques Mugabo et le renseignant Doudou Ilunga ont remis en cause. D’après eux, le colonel Daniel Mukalayi était dans le coup. D’après le Colonel Daniel Mukalayi, la version des faits telle que soutenue par Jacques Mugabo est celle qui a été mise en place dans l’objectif de lui faire porter le chapeau de ce double crime.
Pour rappel, le colonel Daniel Mukalayi avait été condamné à la peine capitale au premier degré dans cette affaire. En appel, sa peine a été réduite à 15 ans de prison, la cour ayant estimé qu’il bénéficie de circonstances atténuantes.
Des sources bien introduites au Ministère de l’environnement confirment l’information. Plusieurs membres du cabinet de la Ministre en charge de l’environnement sont aux arrêts depuis ce vendredi 10 décembre 2021. Il s’agit du Dircab, le dircaba, la Conseillère en charge des forêts et tourisme, le SG qui viennent d’être conduits au Parquet de grande Instance de Kinshasa Gombe.
Ces personnes précitées sont accusées du faux en écriture, abus de confiance en imitant la signature de la Vice-première Ministre dans l’octroi et autorisation de possession des concessions forestières.
Nous sommes sur le dossier pour vous en donner plus de détails.
Le Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi, dans sa communication, lors du conseil des ministres du vendredi 10 décembre, a évoqué le cas de la construction des cités modernes.
Face à la nécessité d’améliorer les conditions d’hébergement des Congolais et des forces de sécurité conformément à sa vision, le Président Tshisekedi a signifié aux membres du gouvernement qu’il tient à la relocalisation des camps des militaires et des policiers à des endroits plus appropriés.
Il veut à ce que ces sites soient réaménagés dans des nouvelles cités modernes aux standards internationaux.
Il convient de noter que, pour la matérialisation de cette vision, une société congolaise avait été sélectionnée. Elle avait signé avec le ministère d’aménagement du territoire le 16 novembre 2020, un accord de maîtrise d’œuvre de promotion immobilière.
Par ailleurs, le Président Tshisekedi a encouragé les membres du gouvernement concernés par cette action à prendre les dispositions nécessaires pour assurer un accompagnement à la société de gestion du projet qui devrait être créée dans le meilleur délai sous le leadership de la ministre du portefeuille, en vue de sa réussite.
Il sera notamment question de mettre à la disposition du projet, des sites et terrains concernés et de veiller à ce qu’ils ne soient pas spoliés.
Critik Info de ce vendredi 10 décembre 2021 avec l’analyste politique Christian Bosembe. Sujet : Les voix s’élèvent contre l’appareil judiciaire : Que dit le président Fatshi ?
Le Collectif de Cadres et membres de l’UDPS/Tshisekedi – six anciens qui ont servi le parti depuis sa création jusqu’aujourd’hui – lance un appel à Félix Tshisekedi pour qu’il remette le parti sur les rails de la légalité.
C’est le site « Exclusivité-info » qui a diffusé la déclaration de ce collectif, datée du 7 décembre et rédigée lors de sa plénière. Après avoir procédé « minutieusement à l’autocritique sans complaisance », le collectif « constate malheureusement que l’UDPS/Tshisekedi est frappée depuis trois ans par un dysfonctionnement sans précédent de tous ses organes nationaux et de base » qui « risque d’hypothéquer toutes les chances de réussite aux prochaines échéances électorales ». La déclaration souligne que « l’actuel leadership » est « très défaillant, dépassé et sans vision ».
Kabund et Kabuya accusés
Ceux qui sont ainsi visés sont Jean-Marc Kabund-a-Kabund, président ad intérim du parti, et Augustin Kabuya, secrétaire général. Or, Kabuya a été désigné par Kabund et celui-ci a été nommé illégalement à ce poste.
Il a en effet été choisi unilatéralement par celui qui était alors le nouveau chef de l’UDPS depuis mars 2018, Félix Tshisekedi, deux jours avant sa prestation de serment comme Président de la République, en janvier 2019, la fonction de chef de l’Etat étant incompatible avec la direction d’un parti. Or, cette procédure n’existe pas dans les statuts de l’UDPS. Ceux-ci prévoient (art. 26) qu’en cas d’ »interdiction d’exercer du président du parti, un directoire composé du président de la Convention démocratique du parti, du secrétaire général du parti et du président de la Commission électorale permanente du parti assume son intérim pour un délai ne dépassant pas 30 jours au cours duquel il est tenu de convoquer une session extraordinaire du congrès en vue de l’élection du nouveau président du parti ».
Dans une déclaration précédente, du 30 novembre, le collectif avait rendu « le tandem Kabund/Kabuya » responsable de « la crise de légalité » dans le parti. Il avait en outre jugé les deux hommes être « à la base du clientélisme », « de l’achat des consciences », « du trafic d’influence », « du musèlement des membres » du parti, « de la neutralisation de certains services » et de « l’étouffement de toute expression interne ».
Un directoire incapable
Une tentative avait bien été faite, ces derniers mois, pour renouer avec la légalité et obtenir que les organes internes de l’UDPS organisent, conformément aux statuts, un congrès pour désigner un nouveau président de la formation. Las, ce directoire, mis en place le 7 novembre dernier, n’a été, dit le collectif, que « l’ombre de lui-même » et s’est montré « incapable de convoquer le congrès extraordinaire dans le délai de 30 jours » qui lui était imparti. Le parti du chef de l’Etat est donc dans l’illégalité.
C’est pourquoi le collectif « lance un vibrant appel à la Haute Autorité de Référence » – on comprend qu’il s’agit de Félix Tshisekedi, dernier président légal de la formation politique mais aussi celui qui a créé le problème en nommant Kabund hors les statuts – « pour qu’elle daigne offrir ses bons offices devant aboutir à la tenue du conclave (…) en vue de sauver » le parti « du naufrage certain ». Par « conclave », l’UDPS entend généralement une réunion pour préparer un congrès. Ce conclave, précise le collectif, « au regard de la jurisprudence interne » de l’UDPS/Tshisekedi est « l’unique voie de salut ». Il permettrait, en outre, ajoute le collectif, de « retrouver l’unité du parti » en rassemblant ses différentes ailes et préparer ainsi les élections.
Claude Mashala dévoile les vérités sur Tshala Muana et recadre le pouvoir en place. Son chef Joseph Kabila Kabange cité dans l’affaire Chebeya : Le Pro Kabila brise son silence.
L’Union européenne a décidé jeudi de proroger d’un an les sanctions prises en 2016 contre dix anciens cadres du régime Kabila (2001-2019), précisant qu’elle « pourrait en envisager d’autres si nécessaire », selon un communiqué du Conseil de l’UE. « Cette décision a été prise sur la base d’une évaluation de la situation dans le pays et des cas individuels », a précisé le Conseil.
Les dix personnes concernées, anciens dignitaires de l’armée, de la police, de l’administration ou du gouvernement, dont les noms ne sont pas mentionnés dans le communiqué, font « l’objet d’un gel des avoirs et d’une interdiction de pénétrer sur le territoire de l’Union européenne », a-t-il rappelé.
En outre, « il est interdit aux personnes et entités de l’UE de mettre des fonds, directement ou indirectement, à la disposition des personnes inscrites sur la liste ».
Ces mesures avaient été prises en 2016, au départ à l’encontre de 16 personnes, « en réponse, en particulier, aux violations des droits de l’homme et à l’obstruction du processus électoral ». Elles ont été levées depuis pour quatre d’entre elles, et deux autres sont décédées.
Selon son communiqué, le Conseil de l’UE « estime que les mesures existantes restent valables compte tenu de la situation politique actuelle et qu’elles sont utiles pour lutter contre l’impunité et prévenir de nouvelles violations des droits de l’homme par des acteurs étatiques et non étatiques ».
L’UE se dit « préoccupée » en particulier par de récents rapports des Nations unies « qui mettent en évidence, dans l’espace public et sur les réseaux sociaux, une augmentation des discours et messages de haine appelant à la violence, à la discrimination et à l’hostilité, souvent dirigées contre des groupes ethniques ou des personnalités publiques ».
L’ONU en RDC s’inquiète régulièrement de ces « messages de haine » particulièrement exacerbés dans l’est du pays, en proie à la violence de groupes armés depuis plus de 25 ans, mais aussi dans d’autres provinces (Katanga, Maï-Ndombe) ou même à Kinshasa.
Le Conseil de l’UE dit qu’il « continuera de suivre de près la situation en RDC au cours des prochains mois, réexaminera les mesures restrictives en fonction de l’évolution de la situation et pourrait en envisager d’autres si nécessaire, y compris éventuellement en élargissant les motifs actuellement retenus pour imposer ces mesures ».
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